238 jours exactement que je n'ai rien publié sur ce blog ! C'est un bien grand nombre me direz-vous mais rien à côté des presque 1000 photos que j'ai prises lors de mon tout récent périple au Pays de Galles. Cela m'a rappelé le temps, pas si lointain, où je partais en vacances armée de mon appareil photo argentique et de deux pellicules de 36 prises chacune pour pouvoir faire, ce qui me semblait alors, un grand nombre de photos. Les temps ont bien changé. Pour les blogs d'une part, qui tombent en désaffection évidente, et qui ne tiennent que par la volonté farouche de leur rédacteur-trice.  En proie aux sollicitations constantes d'une vie qui va toujours plus vite et aux  mille tracas qu'elle procure, la facilité offerte par Instagram est plus que tentante et j'avoue, j'y ai cédé au détriment de cette page.  Pour les photos, plus besoin de réfléchir avant de dégainer son appareil, on mitraille à tout bout de champ. Tout ceci ouvre la porte à deux problèmes : en délaissant les blogs, on laisse de côté les textes, les belles tournures, la recherche du mot juste, de l'adverbe qui habillera la phrase, de l'adjectif qui l'enjolivera et on perd une part de rêve. Par ailleurs,  on consomme de l'image. on en engrange des milliers que l'on ne regardera plus par la suite à moins de prendre le temps nécessaire pour les trier, n'en sélectionner que quelques unes et les imprimer.  Séquence un brin nostalgique s'il en est mais aujourd'hui je vais tenter de me livrer à un exercice de style difficile  : ressusciter un tant soit peu ce blog, en secouer la poussière accumulée, en ôter les toiles d'araignées installées dans le moindre recoin et renouer avec le plaisir de l'écriture pour livrer un petit texte qui me satisfasse (  J'aurai bien du mal à rivaliser avec les textes élégants que nous offrent  La ligne  13 , Du côté de chez Minne et Gris-bleu experts en l'art de dompter la langue française ) et réduire mes 1000 photos à une vingtaine à peine     ( ça va être dur ! ).  Allez, c'est parti.......

 Revenons au titre mystérieux de ce billet, CROESO. A moins de parler le gallois, langue d'origine celtique, vous ignorez probablement que ce mot signifie BIENVENUE. Ca vous campe le décor. On part faire un séjour au Pays de Galles, pays que l'on croit déjà bien connaître, armé d'une solide connaissance de la langue de Shakespeare et on se retrouve en Terra Incognita, incapable de déchiffrer un simple panneau ou de comprendre la teneur d'une conversation. 

 

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                                      Le panneau a été peint par Lizzie Spikes une artiste locale.

Croeso n'est pas le seul mot que j'ai appris. Je sais désormais  entre autre que "Pentre" veut dire "village", que "Betws" veut dire" église",  "Bryn" "colline", " Mynyd"  "montagne" et  " Llyn"  "lac", toute une collection de mots qui me seront probablement très utiles dans les années à venir pour peu que j'arrive à les placer dans la conversation. Car dans la région où j'ai tout d'abord séjourné le" Ceredigion", région peu touristique,  l'identité galloise est très forte. Le dragon rouge, symbole du pays, figure du drapeau national est partout, sur les devantures des magasins, en guirlande sur les façades et dans les jardins, et se fait tirer le portrait sur une porte de garage à Tregaron, localité sensée être la plus galloise d'entre toutes.

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Quand on rentre faire ses courses dans l'unique petit magasin de Pontrydfendigaid *qui regorge de produits locaux,  Welsh cakes, miels, confitures, estampillés "The Welsh Lady", les conversations vont bon train, en gallois, et on se sent un peu intimidé d'oser adresser la parole à la dame derrière le comptoir en anglais. A Tregaron, la seule langue que l'on entend parler dans les rues c'est le gallois et la serveuse qui conseille de goûter le Bara Brith, une sorte de pain d'épices aux fruits secs, fait un effort pour parler anglais. Le dépaysement est total mais tout le monde est très accueillant, et les français ici sont bien mieux vus que les anglais.

* Si si, je vous jure, au bout de quelques jours et avec entrainement , on arrive à bien  le prononcer. Pas comme celui-ci, le nom de lieu le plus long : Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch qui signifie à peu de choses près "L'église de Sainte Marie dans un creux planté de noisetiers blancs, près d'un tourbillon rapide et de l'église de Saint Tysilio et près d'une grotte rouge.

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Dans le Ceredigion, je n'ai pas logé dans l'une de ces anciennes maisons de mineurs colorées mais dans cet adorable, confortable et très ancien cottage aux murs chaulés qui était autrefois l'échoppe d'un cordonnier.  Il est assez isolé et ne dévoile ses charmes qu'au bout d'une route sinueuse qui n'en finit plus, au fond d'une petite vallée dans laquelle chante une rivière.  Il a son jardinet très fleuri et sa jolie boite aux lettres rouge. De la porte ouverte, on a vue sur la robuste maison en pierre des propriétaires.

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Le panneau Dolau Afon est lui aussi peint par l'artiste locale Lizzie Spikes. Dolau Afon signifie Meadows River c'est à dire la rivière à travers les prés. Si d'aventure louer ce cottage vous intéressait, il vous suffit de taper le nom sur internet et vous trouverez sans peine le site. 

On vient à Dolau Afon lorsqu'on recherche une retraite paisible loin de l'agitation du monde. Il vaut mieux aimer le calme et la nature. Pas de ville à visiter, pas de virée shopping en vue, l'activité à privilégier est la balade au grand air.  Un jour on peut choisir par exemple de partir des ruines de l'abbaye Strata Florida,  d'emprunter un pont de bois et de suivre le cours de la rivière Teifi , de respirer au sommet des collines , de perdre son regard dans les lointains bleutés avant de cheminer lentement dans des chemins creux et verdoyants.

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On peut aussi opter pour les profondeurs des sous-bois aux ombres humides, un entrelac de branches, une opacité de feuillages, le ruissellement des cascades, les roches luisantes, les pentes abruptes des gorges qui vous mènent au coeur de cette terre. 

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Les chutes de la rivière Mynah à Pont ar Fynach, balade réservée aux plus sportifs.

 Un autre jour, on part suivre le cours plus tranquille de la rivière Yswyth qui traverse le Hafod Estate, ce grand domaine boisé et paysagé sillonné de sentiers créé au 18ème siècle par un certain Thomas Johnes. Les rencontres sont rares et la beauté de l'unique vache à la robe caramel ( fudge ou toffee ) paissant tranquillement méritait bien une photo.

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 Longtemps je me souviendrai de la pause méridienne dans "Mrs Johnes garden". Un grand cirque de verdure dominé par des sapinières à flanc de colline où le temps est subitement suspendu. J'y ai imaginé Jane Johnes au 18ème siècle, accompagnée de sa fille unique Mariamne,  promenant son ample robe de taffetas brodée, son ombrelle, ses rubans et ses dentelles dans son grand jardin tout simple, loin de tout mais si apaisant, s'asseyant sur un banc pour goûter le plaisir extraordinaire d'être sous un grand ciel bleu illuminé par les rayons d'un soleil d'été. Je l'ai vue pousser la grille qui grince légèrement sous l'arche de pierre où son portrait est gravé en bas-relief, admirant au passage le pourpre des digitales ou l'or des lysimaques. J'ai fermé les yeux et j'ai retenu l'instant précieux.

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Tout était précieux dans ce séjour. Le temps retrouvé, apprivoisé. Le silence palpable. les eaux tour à tour calmes ou indomptables des rivières, les grands espaces, les kyrielles de petits cottages qui parsèment le paysage, les moutons qui s'approprient la route, l'inconnu, l'inattendu,  tout ce qui permettait d'atténuer des mois incroyablement difficiles qu'il fallait tenter d'oublier. J'ai quitté le Ceredigion plus sereine , direction le nord et les beautés du  Snowdonia. Affaire à suivre........

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32 photos au lieu des 20 que je m'étais imposée et je n'ai évoqué que la première partie de ce séjour gallois ! L'exercice est donc plus ardu qu'il n'y paraît et il me semble avoir lamentablement échoué à cette contrainte-là. Mission accomplie pour la deuxième et mon blog renaît donc aujourd'hui de ses cendres. Toute la question est de savoir si vous voulez une suite ? Parce que des photos il m'en reste, tout comme des choses à vous dire. Alors à votre tour, laissez-moi un petit commentaire, donnez-moi le plaisir de vous lire, dites- moi que ça vaut la peine de continuer, je crois sincèrement que pour écrire un blog aujourd'hui on a besoin d'encouragements ! Et puis, si le coeur vous en dit, abonnez-vous. ( Je sais, j'en demande beaucoup ! )

Je vous donne rendez-vous très bientôt je l'espère et vous laisse avec des illustrations de Lizzie Spikes qui peint tout simplement et si bien l'amour du Ceredigion. Bien à vous,

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H W Y L !

            M A R I E *