Au commencement, car il faut bien commencer quelque part, il y avait une petite chaumière aux colombages bleus, dans un village en Normandie. Elle, ainsi que son jardin, avaient été quelque peu négligés depuis bon nombre d'années, mais son charme opéra sur moi à la toute première visite que j'en fis. J'eu beau effectuer des visites d'autres maisons, mes pensées toujours me ramenaient vers le souvenir de  la chaumière bleue. Je m'y étais sentie immédiatement à l'aise et son petit côté anglais n'était pas pour me déplaire.

Cela faisait bien longtemps qu'elle exhibait fièrement ses colombages, marron foncé à l'époque,  dans ce petit village comme en atteste le premier acte notarié la concernant que j'ai en ma possession et qui date de décembre 1815, paraphé par la signature alambiquée de Maître Perrinelle, notaire royal à Tourville la campagne. Cet acte notarié fait état d'une "masure" et non pas d'une maison.

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En 1978, la masure, pardon la chaumière connut son heure de gloire lorsqu'elle fit la couverture de l'indicateur Bertrand, guide d'achat de propriétés en Normandie. Tout de même !

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Lorsque j'en fis l'acquisition voilà à quoi elle ressemblait : Un jardin en friche, des allées envahies par les mauvaises herbes, des broussailles, un petit air d'abandon.

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Cinq ans plus tard, et même s'il reste beaucoup à faire, la maison a plus fière allure. Le jardin s'étoffe peu à peu. Les plantations s'enracinent et produisent des floraisons abondantes, arbres et buissons ont été contenus, les allées redessinées.

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Dans la maison les avant/après se sont enchainés. 

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 Et en avril dernier c'était le tour de la partie salle à manger de la pièce principale ( Il s'agit de la partie au fond avec le plancher.

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  On ne peut pas le voir sur la photo mais les murs étaient en très mauvais état, avec des trous, des crevasses ainsi que des traces d'un ancien dégât des eaux. Il a fallu faire un nombre considérable de  passes d'enduit avant de leur redonner un aspect un peu plus pimpant. Certains auraient sans douté posé du placo pour un rendu lisse et parfait mais ce dernier ne me semblait pas en adéquation avec l'âge vénérable de la maison. Aujourd'hui, les murs sont encore irréguliers, avec des bosses et des vallons mais tout cela fait partie du charme intrinsèque de la chaumière et en respecte son authenticité et sa singularité. J'ai hésité à me débarrasser des carreaux de verre qui ne me plaisent pas pour les remplacer par une verrière d'atelier mais mon budget ne le permettant pour l'instant pas j'ai remis ce projet à une date ultérieure.

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Le chantier n'était pas bien compliqué . Enduit et  ponçage,  peinture,  changement des prises et de l'interrupteur,  ponçage du parquet qui était en mauvais état et application d'une huile de protection incolore. ( Soit dit en passant, j'ai utilisé une huile de protection V33 dont je ne suis pas très satisfaite et que je ne recommande donc pas. J'aurais sans doute du suivre ma première idée qui était de peindre en blanc les lames du parquet. ) Malgré le manque de difficultés, je suis tout de même arrivée à me tromper en achetant la peinture verte pour les deux murs de gauche. J'ai confondu le Vert Renversant avec le Vert Passionné ( cela ne s'invente pas ) et j'ai maintenant un pot qui ne sert à rien  mais ce n'est qu'un tout petit détail.

Les travaux de rénovation terminés, le plus agréable arrive : l'aménagement . C'est là qu'entre en scène le buffet .

                                               Histoire de la remorque et du buffet.

Sur le papier c'était simple, rapide et efficace. La réalité fut tout autre. 

Lors de mon dernier déménagement, les différents meubles que je possède se sont retrouvés éparpillés, dans divers lieux de stockage et je les ai récupérés petit à petit. Un grand buffet anglais blanc attendait sagement son tour. Un jour, au travail, ma collègue Blandine me parle d'un autre vieux buffet qu'elle acheté et qu'elle doit aller chercher à une trentaine de kilomètres de là. Je lui suggère de  louer ensemble une camionnette pour aller chercher les deux buffets. Une autre collègue, Cécile entre alors en jeu en nous proposant sa remorque que nous acceptons bien volontiers.

Le samedi, nous partons avec une voiture empruntée ( il fallait un crochet d'attelage ) par des petites routes, au fin fond de la campagne chez Cécile. A la vue de la remorque très antique, très bricolée et très brinquebalante nous doutons un peu mais repartons avec ladite remorque. Premier arrêt, premier buffet, tout va bien. Deuxième arrêt, deuxième buffet, ça va encore. Les buffets sont solidement arrimés par des sangles et recouvert de couvertures ce qui donne un petit côté romanichel à notre chargement. Le chargement est tout de même important et nous ne sommes pas sûres du tout d'être dans la légalité mais nous repartons confiantes et contentes de nous jusqu'au moment où....

Un bruit fort, la voiture qui ne tient plus la route. Nous nous retrouvons sur le bas-côté d'une voie rapide, loin de tout, l'un des pneus de la remorque éclaté. Nous sommes une fin d'après-midi le samedi du week-end de Pentecôte, nous nous apercevons qu'il n'y a pas de roue de secours pour la remorque,  personne ne s'arrête pour proposer de l'aide, il pleut fort, nous n'arrivons à joindre personne au téléphone,  et l'heure du couvre-feu approche. Nous nous sentons bien seules et démunies et avons peur qu'une voiture de police s'arrête car nous sommes en infraction. En effet, impossible d'accrocher la plaque d'immatriculation de la voiture sur la remorque, nous roulons donc avec deux plaques différentes et un chargement qui pose problème....

Alors non, nous n'avons pas passé notre week-end sur ce bas-côté et nous n'avons pas été verbalisées non plus. Nous sommes finalement arrivées à joindre des amis qui sont venus nous dépanner deux heures plus tard avec une camionnette empruntée au voisin, de l'ami, d'une connaissance de etc....... Les deux buffets sont conduits à leurs destinations finales respectives juste avant l'heure du couvre-feu. La remorque est  cachée  en contrebas dans les buissons en attendant que Cécile qui n'avait pas de roue de secours chez elle et doit donc en trouver une revienne la chercher,  la remorque étant très vieille , les roues plus aux normes actuelles, vous voyez le topo ?

Nous avons fini la journée bien trempées et très fatiguées mais aussi soulagées de nous être sorties de cette situation problématique. Conclusion : si vous avez besoin de déménager un meuble, n'empruntez-pas la remorque de Cécile ! 😁😁😁

Après son aventure, le buffet a trouvé sa place finale. Il s'insère parfaitement dans l'espace entre le décrochement du mur sur la gauche et la fenêtre.

Avertissement : Les photos  qui vont suivre sont toutes sombres, la faute au mauvais temps qui sévit depuis plus de trois semaines, aux ciels bas et lourds, à l'absence de lumière même en pleine journée.

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 Il est temps de ressortir tous ces petits objets de chine et de hasard accumulés au fil des ans qui donnent leur âme aux maisons. Les théières, le moule à jelly, le plat, le serviteur, la grande lettre proviennent d'Angleterre. Cloche de service chinée sur  A l'intérieur de la grange, la brocante de Nelly . Animaux de crêche, épi de faîtage, verrerie et autre trouvés dans des vide-greniers. Au milieu, la photo de deux petits enfants chers à mon coeur. Le panier en fil de fer appartenait auparavant à mon amie Florence  à qui je pense chaque fois que mes yeux se posent sur lui. J'aime bien l'idée de ces objets qui passent de mains en mains, de cette nouvelle vie qui leur est offerte.

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Dans la salle à manger il y a tout ce que j'aime : du brut, de l'ancien, du naturel, du blanc, des objets de créateurs, du fait main, des objets chinés, très peu de neuf. La table est un panneau de bois brut posé sur des tréteaux.  Les seuls éléments neufs provenant de la grande distribution sont les fauteuils en rotin , la suspension et les stores qui viennent pour la plupart du coin bonnes trouvailles du géant Suédois. 

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Panier en fil de fer pour pots de yaourts anciens sur plaque de verre récupérée aux encombrants.

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Dans la cagette, les créations de mon amie Mo @revesdargile , idem pour le vase sur la photo suivante.

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Coussin et torchon imprimé en lin à motif de géranium de la designer suédoise @emmasjodindesign .  Huile ancienne trouvée chez @libellulebrocante

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Et toujours l'exubérance des bouquets qui donnent à chaque fois un petit air nouveau à la pièce . C'est mon seul luxe, rendu possible car  tout ce qui les compose provient du jardin. Lysimaques, centaurées, leucanthèmes, fougères, achillées, pois de senteur, roses, agapanthes, hortensias et autres.

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Alors que je rédige ces quelques lignes dans la chaumière bleue au charme so British, j'entends le bruissement régulier de la pluie qui tombe sur le jardin. Les fenêtres et la porte sont grandes ouvertes pour tenter de capter un peu de lumière. Le jardin est très vert, luxuriant même mais trop c'est trop. Les roses pourrissent sur leur tige, les roses trémières courbent l'échine  et font grise mine, les branches ploient sous le poids de l'eau, la terre colle tant elle est saturée d'eau. Les mauvaises herbes frétillent d'aise. A peine ai-je le dos tourné qu'elles se dressent fièrement dans le moindre espace libre et me narguent. Il y a de nouvelles heures de désherbage en perspective dès que la pluie cessera !  Car il pleut à verse, il pleut des cordes, il pleut des hallebardes, en anglais "it's raining cats and dogs"........  et je me prends à rêver de soirées au jardin sous les lampions, de marcher pieds nus dans l'herbe, de porter des robes légères et de lire au soleil. Je me prends à rêver de l'été tout simplement !

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En attendant voici le petit plus du moment :

 ECOUTER 

Une chanson de l'un de mes chouchous, le regretté David Bowie pour mettre un peu de peps dans cette journée désespérément grise.

 

 

Toujours de David Bowie, une chanson qui laisse des petits frissons sur la peau.

 

PATISSER

Un cake assez simple aux cerises que j'ai imaginé à partir de plusieurs recettes existantes. Le mauvais temps donne envie de savourer des douceurs gourmandes. Voici La cerise sur le gâteau moelleux à souhait avec son glaçage au jus de cerise.

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Faire fondre 125 g de beurre. Ajouter 100 g de sucre puis deux oeufs l'un après l'autre. Ajouter de l'extrait de vanille puis 175 g de farine et un demi- paquet de levure chimique. Dénoyauter environ 200 g de cerises. Les enrober légèrement de farine et les mettre dans la pâte. Mettre la pâte dans un moule à cake et enfourner 1 heure dans un four préchauffé à 180 degrés . Au bout d'une heure vérifier la cuisson avec la pointe d'un couteau. Pendant la cuisson, préparer une compotée avec la quantité de cerises et de sucre que vous souhaitez. Prélever un peu de jus de cette compotée pour réaliser un glaçage avec du sucre glace. Glacer le cake refroidi et décorer avec des cerises fraiches. Déguster avec de la compotée de cerises.

BRODER

Des fleurs sauvages sur une petite brassière ancienne. D'après un modèle paru dans le dernier Marie-Claire Idées. Juste pour le plaisir !

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                                                             J'espère vous retrouver avec un billet plus estival !

                                                                                A  bientôt, 

                                                                                 M A R I E *