Trois mois que je n'étais pas venue par ici. Trois drôles de mois où lassitude et résignation se sont mêlés jusqu'à ne faire plus qu'un. Je me suis souvent fait  l'impression d'être une cocotte minute bouillonnante d'envies et d'énergie mais au couvercle bien vissé pour ne pas laisser s'en échapper la moindre petite parcelle. La vie s'est écoulée, monotone, un peu morose, à tenir bon en attendant mieux. J'ai surtout travaillé, beaucoup. Et puis j'ai lu, beaucoup aussi. J'ai fait un peu de cuisine, de la confiture, des gâteaux, mais pas trop, car les kilos superflus accumulés après le premier confinement sont toujours bien accrochés.

Et puis un jour les premiers rayons du soleil printanier sont venus réveiller ce qui était dormant, bien enfoui sous des couches protectrices. Les envies se sont faites plus pressantes, l'envie d'y croire est revenue. Quand il fait beau, que les rayons du soleil frappent aux carreaux des fenêtres et viennent égayer les pièces encore endormies après un hiver qui a semblé plus long que d'habitude, je mets de la musique à fond et je danse pour moi, pour me sentir bien, pour sentir l'espace autour de moi, pour sentir mon corps vibrer à nouveau, renaître après une longue hibernation. Ca fait du bien, ça dessine un sourire sur mes lèvres, ça me fait pousser des ailes, ça m'incite à aller de l'avant et à me lancer de nouveaux défis, ça me redonne la pêche tout simplement. J'ouvre en grand portes et fenêtres dès que la température le permet et je pars pour une longue promenade dans la campagne faite de beaucoup de rêveries mais aussi d'émerveillement devant la nature qui renaît. Je m'arrête et je contemple la cîme des arbres fleuris sous un ciel bleu. J'inspire profondément, je m'enivre un peu de l'air tout léger du printemps encore timide. Il faut encore secouer les lambeaux d'hiver qui restent accrochés aux jours pourtant de plus en plus lumineux. Je m'assied sur le banc devant la maison pour boire mon thé en me chauffant au soleil printanier. C'est le printemps et je me sens revivre, enfin.

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Quelques jours à Toulouse pour garder deux petits bambins plein d'énergie le temps d'admirer la floraison des mimosas,des magnolias et autres arbres à fleurs.

Pendant ces trois drôles de mois, j'ai  rempli ma vie de fleurs. Facile, pour cela il me suffit de pousser la porte, et de faire quelques pas dans le jardin munie d'un panier et d'un sécateur pour y cueillir ce qui se trouve à portée de main, les branches ornées de baies, de petits chatons ou de minuscules pousses vertes.

Chez moi le jardin est un peu fouillis. J'essaie vainement de lui donner un semblant d'organisation mais les plantes n'en font souvent qu'à leur tête. Preuve s'il en est que mon jardin vit sa vie dans un joyeux désordre : au premier passage de tondeuse de l'année, j'ai épargné volontairement les grappes de primevères qui s'éparpillent gaiement sur ce que je n'ose appeler pelouse. Elles sont tellement jolies dans leur déclinaison colorée qui va du blanc au violet foncé en passant par le jaune léger, le jaune soutenu, le parme, le mauve , le fuchsia et le pourpre que je ne saurais les sacrifier.

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Mes connaissances dans le domaine botanique sont très vagues, à peine étayées par quelques lectures ainsi que quelques conseils glanés auprès d'amies qui sont des jardinières émérites. Ma vision d'un jardin idéal est nourrie par toutes les visites que j'ai effectuées dans des jardins en Angleterre où je peux m'abîmer pendant de longues minutes dans la contemplation d'une "mixed border" bien pensée où le résultat qui paraît naturel est en fait le fruit d'une savante organisation. Tant pis, je me contente pour l'instant du mien aussi imparfait qu'il puisse être. Il m'offre au printemps, en plus des primevères, de belles jonquilles bien jaunes( depuis deux ans je me dis que je dois penser à mettre en terre en septembre des bulbes de narcisses blanches qui portent en anglais le joli nom de"paperwhites" et que j'adore ). et pléthore d'hellébores. Je les ai plantées blanches, elles poussent pourpres, allez savoir pourquoi ! Elles sont suivies de près par les tulipes qui ont du cette année subir un petit épisode de neige en pleine floraison. Associé aux températures très négatives il a hélas brûlé toutes les fleurs et bourgeons du pêcher, il n'y aura donc pas de pêches cette année;

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 En mars, le jardin vit sa période rose. Les prunus se couvrent d'inflorescences charnues. Au fond du jardin on ne peut que s'extasier devant l'abondante floraison neigeuse d'un arbre qui me semble être de la famille des cerisiers.  Disposées dans un contenant faisant office de vase, les branches fleuries font des bouquets qui sont parmi mes préférés. Cela fait quelques années que je n'utilise plus de "vrai " vase.  Les seaux en zinc, les pichets, les brocs, les bocaux et les bouteilles de toute taille font très bien l'affaire. C'est parfois hétéroclite, mais plein de charme et ça me plaît, c'est l'essentiel.

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Quelques jours avant Pâques, on ressort tout ce qui ressemble de près ou de loin à un oeuf, un lapin, une cloche, un nid, même un oiseau histoire de se mettre dans l'ambiance même si le comité sera restreint une fois encore. Quelques jonquilles dans  une petite boueteille, des branches de forsythia dans un seau en zinc, les bouquets sont tout jaunes cette fois. L'occasion de dresser une jolie petite table et le plaisir de sortir des assiettes Astier de Villatte à la forme originale, rarement utilisées. Plaisir aussi de faire un Lamala en forme de lapin. Pour ceux qui ne connaissent pas, le Lamala signifie "petit agneau pascal" et était dégusté traditionnellement en Alsace pour le petit déjeuner de Pâques. J'ai emprunté mes connaissances en la matière ainsi que la recette au site de la Maison Alsacienne !  Battre trois blancs d'oeuf avec 90 g de sucre et un sachet de sucre vanillé pour obtenir une mousse lisse et un peu ferme. Rajouter délicatement avec une maryse 4 jaunes d'oeuf. Rajouter en pluie 60 g de farine et 30 de maïzena tamisées. Ajouter un zeste de citron et 30 g de beurre fondu. Beurrer et fariner le moule. Faire cuire 35/40 minutes à 170 degrés.

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 Oeufs teints avec du café.

 

LES  PLUS  DE  MON  HUMEUR  PRINTANIERE:

 ECOUTER : Amy Macdonald : Where you're gonna sleep tonight, pour se mettre dans l'ambiance

 Enchainer avec Viva la vida de Coldplay pour avoir la pêche .

SE PROMENER :  Sur les bords de l'Eure . Ca me rappelle la campagne anglaise, les Cotswolds par exemple. Je suis tellement en manque depuis un an de ce pays et de manière plus générale des Iles Britanniques et j'ai tellement hâte d'y retourner !

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LIRE : Il est  vieux et en piteux état mais sans aucun doute bourré de bons conseils, le Guide pratique du jardinier français.

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PISSENLITS : C'est fou tout ce qu'on peut faire avec des pissenlits. Ca tombe bien, il y en a partout en ce moment. Sur Calicoandtwine, la recette pour faire du baume pour le corps au pissenlit.

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VERT : Forcément la couleur de la saison et celle que j'ai choisie pour repeindre l'un des murs de ma pièce principale. Il s'appelle Vert renversant et est un peu plus clair que sur la photo.

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 COURONNE : éphémère avec les fleurs du jardin pour égayer la porte de la chaumière bleue.

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ET VOUS ?

Comment allez-vous en ce début de printemps ? Laissez-moi un petit mot, donnez-moi de vos nouvelles, j'ai hâte de vous lire !

 

See you soon !

Marie *