Un dimanche d'octobre à Paris où l'on a décidé d'aller découvrir au Petit Palais le peintre suédois Anders Zorn. La ligne 13 en a fait un billet magnifique qui n'a fait qu'accroître votre envie. C'est l'ouverture et il n'y a pas grand monde. Ce lieu calme et tranquille est idéal pour une telle exposition. On viendra prendre un thé tranquillement dans le jardin intérieur à la fin de la visite et l'on goûtera la douceur et la quiétude de cette matinée.

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              De cet artiste brillant on pourrait retenir tant de choses. Son talent immense de portraitiste qui en fit l'un des peintres les plus reconnus de sa génération que ce soit chez lui en Suède ou à Paris où il vécut de nombreuses années. Ses innombrables gravures de personnes célèbres. Ses scènes de la vie parisienne. Ses scènes orientales. Ses scènes de la vie campagnarde chez lui en Suède. Il fallait cependant bien effectuer un choix parmi les quelques 150 oeuvres proposées.....

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             De cet artiste, j'ai donc choisi surtout de retenir l'eau et la lumièreLéger clapotis, ondulations, transparences, miroitement, sensation d'infini, douceur bleutée, ce tableau baigne dans le tranquille apaisement des fins d'après-midi d'été, celle où le regard se noie dans les profondeurs liquides, se laisse captiver par les reflets changeants. On pourrait presque tendre la main, la plonger lentement dans l'eau, la laisser dériver un peu et en fermant les yeux on entendrait les vaguelettes se briser très lentement sur le ponton où se tient la jeune femme en robe blanche. L'eau est comme un grand lac reposé qui invite à la rêverie. Le plus remarquable est que ce tableau, comme beaucoup d'autres oeuvres d'Anders Zorn est peint à l'aquarelle, technique oh combien difficile où la maitrise de l'eau est indispensable. C'est la dilution exacte de l'eau qui donne aux pigments leur légéreté et leur luminosité et permettra les jeux d'ombre et de lumière, les dégradés, la transparence et la sensation de mouvement.

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 Eau des rêves , eau des ports, la barque assoupie attend les bras vigoureux de la rameuse.

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Naïade, nymphe, néréide ou ondine, la baigneuse profite de la fraîcheur de l'eau. On la sent frissonner, elle hésite avant d'avancer un peu plus loin dans la rivière et cherche des yeux l'image que lui renvoie le miroir balbutiant dans le petit jour.

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Et puis les merveilleux jeux de lumière ou le soleil vient jouer à cache cache avec les feuillages printaniers et danser sur la robe de la jeune fille ce qui me fait inévitablement penser au peintre danois Peter Severin Kroyer.

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De très jolis jeux de lumière dans le sous bois et sur cette jeune femme dont la robe s'est malencontreusement accrochée aux branches d'un buisson épineux  (ma photo, de piètre qualité, ne permet hélas pas d'en saisir vraiment les contrastes ). Le peintre a choisi de saisir cet instant fugace plutôt que de figer son modèle dans une pose statufiée. Ailleurs, dans les jardins de l'Alhambra, un chat semble interloqué par le couple d'amoureux au beau milieu d'une exhubérance de fleurs blanches. Toiles où la nature est foisonnante et qui me font penser au peintre anglais John Singer Sargent. 

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 Lumière diffuse et beaucoup de douceur dans ces scènes de la vie quotidienne, la toilette et  le réveil.

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Et puis des cadrages très originaux, atypiques même. Les soeurs Swartz tout au fond de la toile. Le petit garçon absorbé dans son jeu complètement sur la gauche de la scène.Vue en plongée sur ce patineur entraîné dans un mouvement circulaire.

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Lyrisme et âme nordique toujours associés à la nature, au folklore et à la ruralité avec la gardeuse de vaches au milieu d'une forêt d'épicéas. 

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                Lorsqu'on repart d'une exposition que l'on a aimée, on a toujours l'envie d'en emmener une petite partie avec soi pour en prolonger encore un peu l'expérience, voire la magie ou l'émerveillement. Je reste toujours très longtemps dans la boutique à peser le pour et le contre : que ramener ? Souvent, comme cette fois, je choisis le catalogue de l'expo ou un livre sur l'artiste que je relirai plusieurs fois. Et puis bien entendu quelques cartes à disséminer ça et là dans la maison.

La jeune fille au milieu des arbres ( ce tableau me fait penser à Noël ) pose désormais dans la mousse à côté du champignon, création de mon amie Soupières et vieilles dentelles. La barque sur le lac en Suède et la jeune fille à la robe prise dans le buisson épineux reposent pour quelques temps dans une coupe en fil de fer. Et les jeux de lumière sur la jeune fille assise dans l'herbe font écho à la verdeur franche du pilea sur l'appui de la fenêtre.

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                Si tout comme moi vous appréciez les oeuvres d'Anders Zorn, je ne peux que vous conseiller d'aller découvrir les toiles de cette exposition unique visible au Petit Palais jusqu'au 17 décembre.

Je finirai en vous citant d'autres peintres admirables auxquelles les oeuvres de cet artiste m'ont fait penser à un moment ou un autre de la visite : Carl Willem Holsoe,  Vilhelm HammershoiJoaquin Sorolla ainsi que James Tissot  et qui valent le coup d'être découverts ou redécouverts.

 

  A BIENTOT

                                                                                  MARIE *