Décidément, je n'aime pas les mois d'hiver !  Les années se suivent et je trouve janvier et février toujours aussi longs. Ils ne m'inspirent que des envies de rester bien au chaud à l'intérieur à vivre au ralenti. Vous vous en êtes sans doute rendu compte puisque je vous ai tout de même lâchement abandonnés pendant ces deux mois ! En fait, je suis comme certains animaux : j'hiberne ! Il paraît que cette période de repos est nécessaire pour reprendre des forces, formuler de nouveaux projets, renaître avec le printemps, printemps que j'attends avec une impatience non dissimulée.

L'année s'était pourtant ouverte sur de très jolis mots. Ceux de Bouts de tissu que j'ai souvent relus, que j'ai copiés, que j'ai affiché, que j'ai fait miens. Des mots pour rendre la vie plus jolie, des mots qui nous donnent des ailes.

"La vie en plus jolie" je l'ai posée sur le miroir de la salle de bains....

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               Que faire quand on n'a pas trop envie de bouger ? Lire bien entendu ! J'ai donc beaucoup lu en janvier et février .

J'ai commencé par Le livre du Hygge. Depuis le temps que j'en entendais parler ! Un livre vite lu  et très agréable qui  tente de répondre à la question " Pourquoi les Danois sont-ils les gens les plus heureux du monde ? " 

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Le livre est posé sur un mini châle tout doux, tricoté main et offert par By, une très fidèle lectrice et amie

Le Hygge c'est tout ce que nous faisons pour nous sentir bien. C'est avant tout un état d'esprit, une sensation de bien-être et de sécurité, le réconfort de l'âme. Ce sont les joies que l'on trouve dans les choses simples. C'est passer un moment agréable avec les personnes que l'on aime, partager un gâteau fait maison, se retrouver autour d'un feu, lire un livre douillettement enveloppé d'une couverture, perdre son regard dans la flamme de la bougie, profiter de la caresse des premiers rayons du soleil. En bref, c'est tout ce que nous faisons (en tout cas ce que je fais ) spontanément et depuis longtemps pour nous sentir bien.  Je n'ai donc appris dans ce livre que ce que je savais déjà mais il est toujours bien de poser des mots même sur des évidences. A ce que le livre dit, je rajouterais, qu'à mon avis la déco a largement sa place dans le Hygge. S'entourer de belles choses est apaisant et contribue amplement à notre bien-être. Loin d'être une superficialité, les décors dont nous nous entourons sont une extension de nous, un miroir de notre personne.

En janvier et février , pour contribuer au Hygge , il y a donc eu des gâteaux maison, des moments entre amies , des bougies parfumées ( à la fleur d'oranger le plus souvent ) et beaucoup de fleurs ! Important pour moi d'avoir des fleurs dans sa maison ! Et je pense que les fleurs c'est très Hygge.

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 Moelleux au citron, recette des Cakes de Bertrand.

Des fleurs que l'on s'offre, des fleurs que l'on nous offre. Les muscaris de Florence, la rose de Chloé et les perce-neiges de Claudine.

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Champignons Rêves d'argile, Ancien flacon à pharmacie trouvé chez Bord de scène.

J'ai continué mes lectures. avec  le magnifique Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson

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 A la suite d'une chute qui lui fracasse le corps et le laisse plusieurs mois sur un lit d'hôpital, Sylvain Tesson entreprend une " randonnée rééducative" partant du principe que, quand on tombe, il faut se relever. Il marchera donc, il n'a pas le choix... Sylvain Tesson choisit de traverser la France en diagonale, des Alpes Maritimes à La Manche en empruntant les chemins noirs. Il suit ainsi une " diagonale du vide" évitant au maximum tout territoire urbanisé, aménagé et organisé. A l'air libre, sous les étoiles, le regard posé sur la beauté du pays de France. Marche du corps et de l'esprit, personnelle et essentielle, retrouver les chemins noirs c'est retrouver ce qui est naturel, c'est redonner un sens à sa vie. Ecriture sublime, plume qui vous ensorcelle, on se laisse emmener par ces chemins de traverse.... Une lecture que je recommande vivement aux amoureux des beaux textes.

" Passages secrets, les chemins noirs dessinaient le souvenir de la France piétonne, le réseau d'un pays anciennement paysan. Ils n'appartenaient pas à cette géographie des " sentiers de randonnée", voies balisées plantées de pannonceaux où couraient le sportif et l'élu loval. Même à proximité d'une agglomération, la carte au 25 000° livrait des issues : une levée de terrain, un talus discret, une venelle. Partout l'ombre avait des survivances "

" Un rêve m'obsédait. J'imaginais la naissance d'un mouvement baptisé confrérie des chemisn noirs. Non contents de tracer un réseau de traverse, les chemins noirs pouvaient aussi définir les cheminements mentaux que nous emprunterions pour nous soustraire à l'époque. Dessinés sur la carte et serpentant au sol ils se prolongeraient ainsi en nous-mêmes, composeraient une cartographie mentale de l'esquive "

J'ai poursuivi avec Ma vie de pingouin de Katarina Mazetti dont j'avais adoré les livres précédents Le mec de la tombe d'à côté et Le caveau de famille.

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 Un groupe de voyageurs est réuni pour une croisière en Antarctique au milieu des icebergs, des manchots, des albatros et des éléphants de mer. Il y a la rencontre entre deux personnes malmenées par l'existence, Wilma qui affiche une joie de vivre envers et contre tout, et Thomas, profondément dépressif. Il  y a également toute une galerie de personnages secondaires des ornithologues passionnés, deux soeurs dont l'une est tyrannisée par l'autre, un médecin, un couple qui se dispute.... un véritable concentré d'humanité. Tous ces personnages sont observés par l'oeil aiguisé d'Alba, vieille dame de 72 ans qui prend des notes sur un petit carnet à la manière d'un Darwin inversé , comparant sans relâche les comportements humains et animaux. La construction du livre est originale. La plume est légère. C'est une lecture facile et agréable et on finit le sourire aux lèvres.

                Entre deux lectures, j'ai continué à créer du Hygge dans la maison.  J'ai posé des couronnes un peu partout ( en janvier, c'était de saison ) . Sur un éléphant de crêche par exemple.

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Sur la tête d'un très vieil ours en peluche.

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Sur du linge ancien.

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Puis j'ai posé un beau bouquet de gypsophile ( j'adore le gypsophile ) sur un tabouret.

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Et j'ai repris mes lectures .

Avec La guerre d'hiver de Philip Teir tout en savourant les délicieuses madeleines de Steinay envoyées par Namasté, l'une de mes fidèles lectrices . Un moment très Hygge !

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La guerre d'hiver c'est la chronique douce-amère d'une famille finlandaise, d'un couple en guerre au cours d'un hiver. Max, 60 ans, professeur d'université est en plein doute. Son mariage s'est lentement usé. Sa femme ressent une frustration profonde dans sa vie de couple. Il a deux filles, dont l'une, étudiante à Londres cherche un sens à sa vie. A l'heure des bilans, cet homme se retrouve confronté à sa vieillesse. Ce roman conjugual et familial constitue une réflexion sur la société, la famille, le vieillissement et l'adultère au travers de tranches de vie juxtaposées tout au long du texte. Le premier roman d'un auteur que je ne connaissais pas. Une découverte intéressante.

Dernière lecture avec Les gens dans l'enveloppe d'Isabelle Monnin

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Fleurs jaunes du craspedia.

En 2012, Isabelle Monnin achète sur internet un lot de photographies d'une famille dont elle ne connait rien. Des photos d'une banalité familière. Une photo retient l'oeil en particulier : celle d'une petite fille aux longs cheveux blonds foncé, vêtue d'une pull rayé. En arrière-plan, un papier peint à grosses fleurs jaunes comme ceux que l'on trouvait dans les années 70.  ( Curieusement, cette petite-fille ressemble beaucoup à celle que j'étais autrefois ) .

Isabelle Monnin va donc inventer de toutes pièces des personnages, une famille, des destinées, le parcours de plusieurs femmes dont celui de Laurence la petite fille. Cette fiction constitue la première partie du livre.

Dans la deuxième partie, l'auteur se lance à corps perdu dans une enquête passionnante pour retrouver les "véritables " gens dans l'enveloppe. Un seul indice comme point de départ : un clocher en arrière-plan sur l'une des photos et qui va permettre de déterminer un lieu. L'émotion s'installe lorsque elle met peu à peu des noms sur des visages, qu'elle reconstitue une histoire familiale,  qu'elle découvre que la petite fille qu'elle avait baptisée Laurence s'appelle effectivement Laurence et qu'elle rencontre pour de bon les gens dans l'enveloppe. C'est un texte beau et touchant. Il n'y jamais de voyeurisme mais beaucoup de pudeur et de respect pour les membres de cette famille dont les destinées nous sont révélées au fil des pages. Une très belle lecture.

Avec autant de livres, finalement janvier et février sont passés assez vite. Tant mieux ! Une seule idée en tête désormais : l'arrivée du printemps ! Je me prépare avec encore et toujours des fleurs dans la maison mais cette fois des anémones blanches qui font de si beaux bouquets et contribuent à créer de si belles ambiances.

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Les anémones dans la cuisine avec la vaisselle de Rêves d'argile.

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Les anémones dans le salon. Parfum d'ambiance "Feuilles vertes" de Minette à bicyclette ( j'adore et je trouve le nom de la marque très original) et vase Rêves d'argile.

J'espère que ce billet Hygge et fleuri vous aura donné des envies de lecture  !

Je vous retrouve très bientôt.....

                  E n j o y

M a r i e *