Marie et les agapanthes

07 août 2022

Entre mer et montagne

           A l'instant même où je m'installe à mon ordinateur pour rédiger la suite de mon récent séjour au Pays de Galles, deux sentiments bien différents m'animent. Je suis contente, très,  de vous avoir trouvés fidèles au rendez-vous malgré cette longue absence, contente de voir que certain-e-s aiment toujours recevoir mes billets et lire de longs textes. Mais  je suis également perplexe. Voilà que sur ma page, s'affichent tout à coup 34 commentaires sur des billets précédents publiés entre 2013 et 2018 et qui me parviennent aujourd'hui seulement !!!! Comment est-ce possible ? Dans quels méandres de Canalblog se sont-ils perdus ? Et pourquoi n'arrivent-ils que maintenant ? Je les ai lus avec émotion, et puis avec tristesse car jamais je n'ai pu répondre à tous ces messages et certaines personnes ont sans doute du me trouver bien impolie alors même que j'essaie dans la mesure du possible de répondre au maximum. Si vous êtes concernés, sachez que je suis bien désolée de cet état de fait ! 

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                                                           Pays de Galles : la suite

  Tout séjour de vacances ayant une fin, il fallait trouver un lieu pour clore ces quelques jours dans le Ceredigion.  Aberyswyth, la ville la plus proche était le choix évident. J'y suis partie à la recherche du magasin de l'artiste  Lizzie Spikes, présentée dans mon billet précédent.  A Driftwood Design j'ai pu acquérir quelques unes de ses illustrations ainsi qu' un cahier pour  tenir mon journal de voyage. Habitude prise depuis fort longtemps que celle de noter succintement, tous les jours, sur un carnet ou un cahier ce que je fais, vois, découvre, visite, lorsque je suis en voyage à l'étranger. J'ai ainsi chez moi une collection de ces carnets qui permettent des années plus tard de raviver des souvenirs parfois un peu éteints. Ils me facilitent également la tâche lorsque je rédige un billet pour ce blog ou que je crée un album photo.

Aberyswyth a ce jour des allures de vieille dame très digne, de celle qui boit un thé dans une pension de famille avec vue sur la mer, ira plus tard marcher à pas mesurés le long de la baie et s'assiera sur un banc pour manger une glace dans le cri des mouettes . Le front de mer  presque désert se décline en jolies maisons colorées. les vacances scolaires ne commençant que le 22 juillet, nous sommes hors saison.       ( Pour avoir effectué bon nombre de séjours en Grande-Bretagne, le conseil que je vous donne, surtout si vous voulez vous rendre dans un endroit très prisé comme la Cornouaille par exemple, c'est de prévoir vos vacances en juillet, quand les britanniques ne sont pas encore en vacances ). Le nombre de petites boutiques du centre laisse à penser toutefois que la petite ville va bientôt se réveiller de sa torpeur pour être livrée en pature aux estivants.

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Après Aberyswyth, destination le nord.

Entre mer et montagne, le nord-ouest du Pays de Galles révèle ses charmes et ses atouts et se plaît dans cette dualité permanente. Sans cesse il hésite entre les deux. L'oeil est transporté par l'opalescence de la mer, celle qui se dévoile du haut de la route surplombant Borth, celle qui s'offre à vous du haut de Garth Pier à Bangor, l'antique jetée datant de l'époque victorienne, lieu de promenade très prisé, ou celle qui épouse le rivage de l'île d'Anglesey mais les montagnes sont toute proches.

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Comme toujours la fascination opère. Le regard se perd dans le lointain, la mer vous lave instantanément des soucis et tracas que vous aviez emportés dans vos bagages. Les montagnes plongent dans la mer et l' on passe d'un paysage à l'autre en un claquement de doigt.  Un instant on est là, sur la plage, on mange un fish and chips ( incontournable ), on achète un grand seau en plastique pour attraper les crabes que l'on rapportera à deux petites têtes brunes, on trempe la main dans l'eau tiède, on se maudit d'avoir oublié son maillot de bain, on suit le sillage du voilier qui passe au loin, on se repaît de soleil  et de grand ciel bleu. On s'offre cette grande respiration tellement nécessaire, un morceau d'infini.

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Le soir on en profite encore sur la baie de Conwy, où le soleil couchant peint le ciel à grand renfort de traits de lumière rose bleutée.

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Mais à  peine à quelques kilomètres de là, c'est l'eau des rivières et torrents de montagne qui chante à vos pieds. A Beddgelert, elle louvoie entre les rochers, et passe sous le joli pont de pierre immortalisé par un peintre qui a choisi le meilleur atelier du monde qui soit. Les maisons sont une rugosité de pierre, austères et solides, faites pour résister aux éléments et à la rigueur d'un climat montagnard. 

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A Beddgelert où j'étais déjà venue il y a quelques années, je regrette seulement la disparition du magasion d'antiquités qui faisait office de restaurant le soir. J'avais trouvé tellement agréable de dîner au milieu d'un décor aussi original. Il n'y avait que trois tables et le couple de propriétaires était aux petits soins pour ses clients.

Le miroitement tranquille de l'eau du lac Llyn Idwal sur les rives duquel poussent les linaigrettes des marais, petites plumes posées dans les hautes herbes qui s'envolent au moindre souffle d'une brise légère, offre la promesse d' une promenade tranquille. Nous sommes au coeur du massif du Snowdonia, entourés des sommets les plus hauts du pays, Y Tryfan, Glyderfach, Glyderfawr et Y Garn, non loin du plus haut de tous, le Mont Snowdon. ( Un petit train mène à son sommet, mais faute d'avoir effectué une réservation à temps, il a été impossible de s'y rendre ). C'est le paradis des randonneurs, alpinistes ou tout simplement des amoureux d'une nature sauvage et préservée.

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L'eau qui rafraîchit un après-midi bien chaud à Betws- y -Coed, village à la confluence de deux rivières attire beaucoup de monde. Ceux qui ont lu mon billet précédent savent que Betws signifie église. Coed signifiant bois, je tente la traduction "église dans les bois "?

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Les moutons, quant à eux, cherchent la fraicheur à l'ombre d'une grosse pierre plate.

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 Et c'est la fraicheur qu'il a fallu rechercher le jour où la canicule s'est frayé un chemin jusqu'ici. Heureusement, il y a toujours un parc ou un jardin à visiter, où que l'on soit en Grande-Bretagne. Bodnant Garden a procuré l'ombre indispensable à cette journée trop chaude. 

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Une très belle demeure dans laquelle je situerais sans problème une histoire écrite par Agatha Christie ou une partie de Cluedo, une énigme bien trempée pour manoir de charme, un meurtre dans la serre, un cadavre sous les rosiers, une riche héritière étranglée avec son collier de perles dans la bibliothèque et un majordome impassible à l'aspect un peu sinistre.  (Oui, oui , je sais j'ai beaucoup d'imagination, mais figurez-vous c'est toujours comme ça. Je passe ma vie à imaginer des histoires ! )

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Le parc est traversé par une rivière bordée de gros massifs d'hortensias bleus. Il est plus remarquable par ses arbres dont beaucoup sont plusieurs fois centenaires que par ses fleurs mais possède de très beaux nénuphars qui ont élu domicile sur deux magnifiques miroirs d'eau et une mignonnette " boat house " où l'on s'installerait bien pour lire un livre au calme.

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Chacun le sait, les belles journées passent bien plus vite que les autres et les pages des livres aimés se referment trop tôt. On quitte le Pays de Galles à regrets en se disant qu'on serait bien restés plus longtemps. Une halte au retour à Hay-on-Wye que j'aime tant prolonge  le voyage pour quelques heures encore.

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Comme j'aime ces guirlandes de fanion qui donnent un petit air de fête aux villes et villages partout en Grande-Bretagne !

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Hay on Wye est une adorable petite ville dans le sud du pays, juste à la limite de l'Angleterre. En 1977 l'excentrique et génialissime Richard Booth décide de redonner du dynamisme à sa ville. Il ouvre une première librairie d'occasion, crée un festival littéraire, incite d'autres libraires à s'installer ( Il y en a 23 à l'heure actuelle souvent spécialisés. ) ce qui fait de Hay " The world's first book town ". En 1977, Richard Booth entre dans la légende en se déclarant lui même roi Richard Coeur de Livre, premier roi du royaume indépendant  de Hay-on -Wye, faisant même éditer des passeports pour son royaume. Richard Booth est décédé en 2019. Son château qui était auparavant une gigantesque librairie a été rénové et vient de réouvrir après une longue période de fermeture. Dans la cour la " Honesty bookshop" dont j'aime beaucoup le concept. On choisit un livre et on laisse dans une boite l'argent destiné à son achat. Hay regorge également de brocantes de charme et il est difficile d'en repartir sans avoir fait quelque nouvelle acquisition qui rappelera les jours heureux de ces vacances.

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Ce volume d'extraits choisis de mon voyage au Pays de Galles se referme. Il est temps d'en ouvrir un nouveau. Je pars demain pour une destination bien différente dont je ne manquerai pas de vous parler à mon retour.

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                                                                                 M A R I E *

 

 

 

 

 

 

Posté par marie agapanthe à 15:25 - Commentaires [28] - Permalien [#]


02 août 2022

Croeso

            238 jours exactement que je n'ai rien publié sur ce blog ! C'est un bien grand nombre me direz-vous mais rien à côté des presque 1000 photos que j'ai prises lors de mon tout récent périple au Pays de Galles. Cela m'a rappelé le temps, pas si lointain, où je partais en vacances armée de mon appareil photo argentique et de deux pellicules de 36 prises chacune pour pouvoir faire, ce qui me semblait alors, un grand nombre de photos. Les temps ont bien changé. Pour les blogs d'une part, qui tombent en désaffection évidente, et qui ne tiennent que par la volonté farouche de leur rédacteur-trice.  En proie aux sollicitations constantes d'une vie qui va toujours plus vite et aux  mille tracas qu'elle procure, la facilité offerte par Instagram est plus que tentante et j'avoue, j'y ai cédé au détriment de cette page.  Pour les photos, plus besoin de réfléchir avant de dégainer son appareil, on mitraille à tout bout de champ. Tout ceci ouvre la porte à deux problèmes : en délaissant les blogs, on laisse de côté les textes, les belles tournures, la recherche du mot juste, de l'adverbe qui habillera la phrase, de l'adjectif qui l'enjolivera et on perd une part de rêve. Par ailleurs,  on consomme de l'image. on en engrange des milliers que l'on ne regardera plus par la suite à moins de prendre le temps nécessaire pour les trier, n'en sélectionner que quelques unes et les imprimer.  Séquence un brin nostalgique s'il en est mais aujourd'hui je vais tenter de me livrer à un exercice de style difficile  : ressusciter un tant soit peu ce blog, en secouer la poussière accumulée, en ôter les toiles d'araignées installées dans le moindre recoin et renouer avec le plaisir de l'écriture pour livrer un petit texte qui me satisfasse (  J'aurai bien du mal à rivaliser avec les textes élégants que nous offrent  La ligne  13 , Du côté de chez Minne et Gris-bleu experts en l'art de dompter la langue française ) et réduire mes 1000 photos à une vingtaine à peine     ( ça va être dur ! ).  Allez, c'est parti.......

 Revenons au titre mystérieux de ce billet, CROESO. A moins de parler le gallois, langue d'origine celtique, vous ignorez probablement que ce mot signifie BIENVENUE. Ca vous campe le décor. On part faire un séjour au Pays de Galles, pays que l'on croit déjà bien connaître, armé d'une solide connaissance de la langue de Shakespeare et on se retrouve en Terra Incognita, incapable de déchiffrer un simple panneau ou de comprendre la teneur d'une conversation. 

 

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                                      Le panneau a été peint par Lizzie Spikes une artiste locale.

Croeso n'est pas le seul mot que j'ai appris. Je sais désormais  entre autre que "Pentre" veut dire "village", que "Betws" veut dire" église",  "Bryn" "colline", " Mynyd"  "montagne" et  " Llyn"  "lac", toute une collection de mots qui me seront probablement très utiles dans les années à venir pour peu que j'arrive à les placer dans la conversation. Car dans la région où j'ai tout d'abord séjourné le" Ceredigion", région peu touristique,  l'identité galloise est très forte. Le dragon rouge, symbole du pays, figure du drapeau national est partout, sur les devantures des magasins, en guirlande sur les façades et dans les jardins, et se fait tirer le portrait sur une porte de garage à Tregaron, localité sensée être la plus galloise d'entre toutes.

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Quand on rentre faire ses courses dans l'unique petit magasin de Pontrydfendigaid *qui regorge de produits locaux,  Welsh cakes, miels, confitures, estampillés "The Welsh Lady", les conversations vont bon train, en gallois, et on se sent un peu intimidé d'oser adresser la parole à la dame derrière le comptoir en anglais. A Tregaron, la seule langue que l'on entend parler dans les rues c'est le gallois et la serveuse qui conseille de goûter le Bara Brith, une sorte de pain d'épices aux fruits secs, fait un effort pour parler anglais. Le dépaysement est total mais tout le monde est très accueillant, et les français ici sont bien mieux vus que les anglais.

* Si si, je vous jure, au bout de quelques jours et avec entrainement , on arrive à bien  le prononcer. Pas comme celui-ci, le nom de lieu le plus long : Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch qui signifie à peu de choses près "L'église de Sainte Marie dans un creux planté de noisetiers blancs, près d'un tourbillon rapide et de l'église de Saint Tysilio et près d'une grotte rouge.

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Dans le Ceredigion, je n'ai pas logé dans l'une de ces anciennes maisons de mineurs colorées mais dans cet adorable, confortable et très ancien cottage aux murs chaulés qui était autrefois l'échoppe d'un cordonnier.  Il est assez isolé et ne dévoile ses charmes qu'au bout d'une route sinueuse qui n'en finit plus, au fond d'une petite vallée dans laquelle chante une rivière.  Il a son jardinet très fleuri et sa jolie boite aux lettres rouge. De la porte ouverte, on a vue sur la robuste maison en pierre des propriétaires.

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Le panneau Dolau Afon est lui aussi peint par l'artiste locale Lizzie Spikes. Dolau Afon signifie Meadows River c'est à dire la rivière à travers les prés. Si d'aventure louer ce cottage vous intéressait, il vous suffit de taper le nom sur internet et vous trouverez sans peine le site. 

On vient à Dolau Afon lorsqu'on recherche une retraite paisible loin de l'agitation du monde. Il vaut mieux aimer le calme et la nature. Pas de ville à visiter, pas de virée shopping en vue, l'activité à privilégier est la balade au grand air.  Un jour on peut choisir par exemple de partir des ruines de l'abbaye Strata Florida,  d'emprunter un pont de bois et de suivre le cours de la rivière Teifi , de respirer au sommet des collines , de perdre son regard dans les lointains bleutés avant de cheminer lentement dans des chemins creux et verdoyants.

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On peut aussi opter pour les profondeurs des sous-bois aux ombres humides, un entrelac de branches, une opacité de feuillages, le ruissellement des cascades, les roches luisantes, les pentes abruptes des gorges qui vous mènent au coeur de cette terre. 

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Les chutes de la rivière Mynah à Pont ar Fynach, balade réservée aux plus sportifs.

 Un autre jour, on part suivre le cours plus tranquille de la rivière Yswyth qui traverse le Hafod Estate, ce grand domaine boisé et paysagé sillonné de sentiers créé au 18ème siècle par un certain Thomas Johnes. Les rencontres sont rares et la beauté de l'unique vache à la robe caramel ( fudge ou toffee ) paissant tranquillement méritait bien une photo.

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 Longtemps je me souviendrai de la pause méridienne dans "Mrs Johnes garden". Un grand cirque de verdure dominé par des sapinières à flanc de colline où le temps est subitement suspendu. J'y ai imaginé Jane Johnes au 18ème siècle, accompagnée de sa fille unique Mariamne,  promenant son ample robe de taffetas brodée, son ombrelle, ses rubans et ses dentelles dans son grand jardin tout simple, loin de tout mais si apaisant, s'asseyant sur un banc pour goûter le plaisir extraordinaire d'être sous un grand ciel bleu illuminé par les rayons d'un soleil d'été. Je l'ai vue pousser la grille qui grince légèrement sous l'arche de pierre où son portrait est gravé en bas-relief, admirant au passage le pourpre des digitales ou l'or des lysimaques. J'ai fermé les yeux et j'ai retenu l'instant précieux.

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Tout était précieux dans ce séjour. Le temps retrouvé, apprivoisé. Le silence palpable. les eaux tour à tour calmes ou indomptables des rivières, les grands espaces, les kyrielles de petits cottages qui parsèment le paysage, les moutons qui s'approprient la route, l'inconnu, l'inattendu,  tout ce qui permettait d'atténuer des mois incroyablement difficiles qu'il fallait tenter d'oublier. J'ai quitté le Ceredigion plus sereine , direction le nord et les beautés du  Snowdonia. Affaire à suivre........

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32 photos au lieu des 20 que je m'étais imposée et je n'ai évoqué que la première partie de ce séjour gallois ! L'exercice est donc plus ardu qu'il n'y paraît et il me semble avoir lamentablement échoué à cette contrainte-là. Mission accomplie pour la deuxième et mon blog renaît donc aujourd'hui de ses cendres. Toute la question est de savoir si vous voulez une suite ? Parce que des photos il m'en reste, tout comme des choses à vous dire. Alors à votre tour, laissez-moi un petit commentaire, donnez-moi le plaisir de vous lire, dites- moi que ça vaut la peine de continuer, je crois sincèrement que pour écrire un blog aujourd'hui on a besoin d'encouragements ! Et puis, si le coeur vous en dit, abonnez-vous. ( Je sais, j'en demande beaucoup ! )

Je vous donne rendez-vous très bientôt je l'espère et vous laisse avec des illustrations de Lizzie Spikes qui peint tout simplement et si bien l'amour du Ceredigion. Bien à vous,

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H W Y L !

            M A R I E *

Posté par marie agapanthe à 12:29 - Commentaires [40] - Permalien [#]

07 novembre 2021

D'or et d'automne

 Une petite balade en Bourgogne, ça vous tente ? 

Il faut bien le reconnaître, ce mois d'octobre a été glorieux. L'été s'y est consumé avec flamboyance, jetant mille feux sur des journées joliment moirées, tièdes et agréables. Le soleil a musardé plus qu'à l'accoutumée se complaisant dans le bleu d'un ciel qu'aucun nuage ne venait déranger donnant à ce début d'automne ses lettres de noblesse. 

Vous ne  pouviez le savoir mais petite-fille et arrière petite-fille de vigneron médocain, la vigne est inscrite dans mon ADN et les paysages de vignobles convoquent des images d'enfance et de liberté, de cousins et de jeux en toute insouciance. Je ne connaissais pas la Bourgogne et l'automne me semblait une bien jolie saison pour en suivre le fil d'or dans le département du même nom entre feuilles de vigne déclinées en jaunes, ocres, roux, carmins et toits de tuiles vernissées aux teintes chaudes et aux motifs savants. 

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Clochers à losanges, pointes ou chevrons, parures d'écailles, chaque village  le long de la route des grands vins qui déroule son ruban sinueux de Dijon au sud de Beaune est propice à de jolies découvertes. Les noms chantent, évocateurs et gourmands, avec la rondeur en bouche d'une robe rubis . Gevrey-Chambertin,  Chambolle-Musigny, Vosne Romanée, Nuits- Saint- Georges, Aloxe-Corton, Pommard, Volnay, Meursault.......

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 Au dessus du Clos de Vougeot, le ciel prend des teintes dramatiques, farouches presque et la vigne à ses pieds se fait mer ondulante et rousse. Lorsque j'étais enfant,  mon père lors de l'un de ses déplacements professionels m'avait envoyé une carte représentant des vendangeurs au Clos de Vougeot avec le château en arrière-plan. Carte chérie, que je contemplais fréquemment et que je dois encore avoir quelque part bien rangée dans une boite ou un carton avec d'autres souvenirs d'enfance.  Depuis lors, ce domaine symbolisait pour moi à lui tout seul la Bourgogne et j'attendais sa visite avec impatience.

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En poursuivant la route, les rangées de ceps dessinent le paysage, tirent des lignes parfois courbes, le plus souvent droites, épousent la forme du terrain qu'elles colonisent et c'est un véritable patchwork de rectangles mordorés qui se dévoile aussi loin que l'on puisse voir.

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 Le point d'orgue de toute balade en Bourgogne est incontestablement Beaune et ses hospices. J'ai adoré la visite de cet hôpital pour indigents bâti et financé au 11ème siècle par le chancelier des ducs de Bourgogne Nicolas Rolin et son épouse Guigone de Salins. Une merveille architecturale pour une oeuvre de bienfaisance qui a perduré au cours des siècles suivants. Les toitures étincelaient joyeusement sous le soleil et laissaient présager d'une jolie matinée.

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 Après Beaune, tournant le dos aux vignobles, le fil d'or s'est déroulé un peu plus au nord, le long du canal de Bourgogne puis du Nivernais pour aller cueillir le soleil au couchant sur la colline éternelle de Vézelay et y trouver l'apaisement du soir naissant.

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 Au matin, promenade calme et bucolique le long de la rivière dans la vallée du Cousin proche d'Avallon avant de reprendre la route. Puis au moment de rentrer, décider de faire un détour par Saint Sauveur en Puisaye dans l'Yonne ( très inspirée par la visite que La ligne 13 en avait fait cet été )  pour aller visiter la maison natale de l'écrivain Colette.

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On ne vient pas à Saint Sauveur par hasard. Cette petite agglomération, loin de tout, se mérite. Au temps de Colette, sa mère, Sido, se rendait une fois par trimestre à Auxerre la grande ville la plus proche en voiture à cheval pour en rapporter des provisions. Elle partait à deux heures du matin et mettait huit heures pour la ral. Epoque héroïque !  Aujourd'hui, il faut une heure en voiture. Lorsqu'elle partait chaque trimestre pour Auxerre à 2 heures du matin, dans la victoria.........dans une grande épicerie, durant qu'on emballait le pain de sucre drapé de biais de papier indigo, les cinq kilos de chocolat, la vanille, la canelle, la noix de muscade, le rhum pour les grogs, le poivre noir et le savon blanc."

On dit " la maison de Colette ". A cette dénomination on devrait préférer " la maison de Sido ". Sido, la formidable mère de Colette, femme hors du commun, humaniste, anti-conformiste, probablement féministe, ayant un bon siècle d'avance sur son temps. Elle est partout présente dans la maison, tout comme la maison est véritablement un personnage à part entière de l'oeuvre de Colette qui y a puisé ses forces et ses racines.

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Belle demeure aux volets gris qui s'ouvre sur " le jardin de devant", la maison vit à l'arrière, tournée à l'intérieur sur " le jardin du haut et le jardin du bas "   Grande maison grave, revêche avec sa porte à clochette d'orphelinat, son entrée cochère à gros verrou de geôle ancienne, maison qui ne souriait qu'à son jardin. Son revers invisible au  passant , doré par le soleil, portait manteau de glycine et de bignonier mêlés, lourds à l'armature de fer fatiguée, creusée en son milieu comme un hamac, qui ombrageait une petite terrasse dallée et le seuil du salon...

Visiter la maison et le jardin, c'est se promener en toute liberté dans deux oeuvres de l'écrivain " Sido " et " La maison de Claudine".  C'est y retrouver chacun des lieux décrits dans le moindre petit détail.

 Sur le mur séparant le jardin du haut de la basse-cour, la petite Colette , Gabrielle de son vrai nom, joue à être " curé sur un mur". A son âge - pas tout à fait huit ans-, j'étais curé sur un mur. Le mur, épais et haut, qui séparait le jardin de la basse-cour, et dont le faîte, large comme un trottoir, dallé à plat, me servait de piste et de terrasse, inaccessible au commun des mortels. Eh oui, curé sur un mur.

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Sido veille à tout sur cette maison, met la main à la pâte, et offre à la petite Gabrielle/ Colette son premier éveil sensoriel. Découvertes olfactives, visuelles, gustatives entre le jardin où elle a toujours de nouvelles boutures à planter et la cuisine où les effluves de rhum se mêlent à ceux de la brioche chaude. Sido c'est une force incroyable de vie qu'elle a transmis à sa fille et que l'on retrouve dans ses écrits ."Alors elle franchissait les deux marches de notre seuil, entrait dans le jardin. Sur -le-champ tombaient son excitation morose et sa rancune. Toute présence végétale agissait sur elle comme un antidote... "

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Dans la chambre parentale, la chocolatière de Sido est encore remplie du breuvage délicieux dont elle étanchait ses soifs nocturnes et qu'elle semblait partager parfois avec.... une araignée. ......en mentionnant l'araignée que ma mère avait- comme disait papa- dans son plafond.... Une belle araignée des jardins, ma foi, le ventre en gousse d'ail, barré d'une croix historiée. Elle dormait ou chassait, le jour, sur sa toile tendue au plafond de la chambre à coucher. La nuit, vers 3 heures, au moment où l'insomnie quotidienne rallumait la lampe, rouvrait le livre au chevet de ma mère, la grosse araignée s'éveillait aussi, prenait ses mesures d'arpenteur et quittait le plafons au bout d'un fil, droit au-dessus de la veilleuse à huile où tiédissait , toute la nuit, un bol de chocolat. Elle descendait, lente, balancée mollement comme une grosse perle, empoignait de ses huit pattes le bord de la tasse, se penchait la tête la première, et buvait jusqu'à satiété. Puis, elle remontait, lourde de chocolat crémeux, avec les haltes, les méditations qu'imposent un ventre trop chargé et reprenait sa place au centre de son gréement de soie...

Les descendantes de l'araignée amatrice de chocolat peuplent-elle encore la maison de Colette ?

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Gabrielle / Colette rêve dans la chambre de Juliette " Ma soeur aux longs cheveux" qui deviendra un jour la sienne. Je goûtais dans cette chambre de jeune fille un ennui distingué dont j'étais fière .Le secrétaire en bois de rose regorgeait de merveilles inaccessibles ." 

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Des revers de fortune subis par la famille l'amenèrent à se séparer avec douleur de cette maison dont les effets personnels , les livres, la vaisselle, les meubles furent dispersés. L'association qui la gère aujourd'hui a réussi le tour de force de la restaurer quasiment à l'identique, traquant chaque bouture, chaque essence à replanter dans le jardin, chaque volume de la bibliotèque, chaque commode ou guéridon en compulsant les archives des salles des ventes pour en retrouver les différents acquéreurs. Pour les papiers peints, elle s'est fiée à la description très précise qu'en a fait Colette dans ses livres. C'est ainsi que "le papier gris de perle à bleuets " de la chambre de Juliette tout comme celui joliment doré du salon  ont été refait à l'identique " à la planche ". 

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Vous l'aurez sans doute compris, j'aurais pu - au risque de vous lasser - vous parler encore bien longtemps de la maison de Colette, vous montrer d'autres photos et j'espère que ce billet vous aura donné l'envie d'aller peut-être un jour vous aussi la découvrir tout comme vous aurez peut-être envie de re-découvrir les écrits de cet extraordinaire écrivain qui maniait la plume avec élégance, raffinement, délectaction et dont chaque phrase clame haut et fort son amour de la langue française.

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Vacances terminées, le bel automne doré a presque tiré sa révérence. Il laisse sa place au deuxième automne, plus morne, fait de vent et de froidure, celui que - avouons le- je n'aime pas. Les jours ont subitement raccourci nous incitant à nous calfeutrer dans nos maisons, à nous envelopper de lainages douillets, à allumer des bougies pour lutter contre la morosité qui va nous accompagner pendant de longs mois. Cette période d'hibernation forcée à nous de ponctuer de jolis moments tels des oasis de lumière pour la traverser plus aisément et attendre le retour des beaux jours.

 

                                                                          Bien à vous, 

                                                                           M A R I E *

 

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03 octobre 2021

L'heure bleue ou les dunes de Skagen

 

      Ete 2008 . A Skagen, au nord de la péninsule du Jutland, cette région du Danemark qui dessine comme une pointe dans sa partie ouest, la petite fille est partout. Avec son sarrau bleu, ses sabots, ses bas rouges qui tirebouchonnent sur ses jambes et la boucle de cheveux qui sort de son chapeau. Elle s'affiche en grand sur la façade du musée, sur des sacs, des tee-shirts, des cahiers et des bloc notes. Impossible de la rater. Elle est mon premier contact visuel avec l'oeuvre du peintre danois Peder Severin Kroyer qui, je ne le sais pas encore, va devenir l'un de mes peintres préférés. J'aime tant ce tableau, que je prends en photo ma fille de huit ans Chloé, au bord de l'eau, dans sa robe rose, dans la même position . ( Je vous aurais bien volontiers montré la photo mais impossible de mettre la main sur la quasi totalité de mes photos de ce voyage ce qui me chagrine beaucoup. Je n'en ai retrouvé que quelques unes ) Petite fille debout sur la plage de Skagen, Sonderstrand.

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Peder c'est lui, peint par Lauris Tuxen. Un regard bon et franc. Des yeux qui scrutent les détails du paysage qui l'entoure.  Il s'est vêtu d'un costume de lin clair, a empoigné son bâton de marche pour gravir plus aisément les dunes, a mis sa sacoche de peintre en bandoulière et s'est installé sur la plage pour peindre sur le motif et en plein air. Peder est, comme la colonie de peintres qui s'y installe tous les étés, tombé sous le charme de la magie de Skagen, tombé sous l'emprise de ses rivages baignés d'une poésie de lumière.

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Il y a Peder et il y a Marie sans qui Peder n'est pas. Elle peint elle aussi et il en est tombé follement amoureux. Il peint les grands yeux clairs de Marie, son teint de porcelaine et Marie à son tour peint sa barbe rousse et ses sourcils broussailleux. Marie me fascine rapidement sans que j'arrive à vraiment savoir pourquoi. Sans doute parce que je porte le même prénom qu'elle, que j'ai moi aussi fait de la peinture et que je suis moi aussi la femme d'un peintre. Il me semble que je la connais, que je peux percer à jour ce qu'elle ressent et c'est moi qui tombe sous l'emprise de son regard clair. Double portrait de Marie et Peder Severin Kroyer. 

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Marie et Peder ne sont nulle part aussi heureux qu'à Skagen, entre ciel et mer. Peder peint la lumière du Nord et l'harmonie qui se dégage du site. Il peint aussi les travailleurs de la mer et les enfants sur le rivage.

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Inlassablement, ses pas le ramènent sur l'immense plage qui mène à la pointe de Grenen là où la mer du Nord et la mer Baltique se rencontrent, se heurtent et s'entrechoquent. A l'ouest le Skagerrak, à l'est le Kattegat.  Etre à cet endroit précis c'est tenir entre ces mains un petit bout d'infini. Le vent y claque, le sable se meurt dans l'eau, et les vagues des deux mers dessinent comme une ligne à l'endroit de leur rencontre. Le 16 juillet 2008 c'était l'anniversaire de mon fils Vivien. Pouvait-on rêver plus bel endroit que cette pointe pour y fêter ses 15 ans ? 

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 Peder peint surtout L'heure bleue , cet instant fugace en fin de journée quand les rayons du soleil illuminent le bord de mer d'une lumière si particulière, se réverbèrent sur la surface de l'eau et sur le blanc du sable et que le sentiment de plénitude est à son comble. Et il est vrai qu'à cet instant présent les bleus sont plus intenses.

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Pointe de Grenen 2008

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L'heure bleue, c'est le moment que Marie a choisi pour aller se promener avec son amie Anna Ancher. Moment d'intimité entre les deux femmes, Marie a la tête penchée vers celle de son amie sans doute pour lui confier un secret. Tout est doux : le bleu du ciel qui s'estompe et se fond dans celui de la mer, les limites floues entre le sable et l'eau, le contour des silhouettes illuminées par le soleil couchant, l'air immobile, calme et paisible.

J'ai contemplé ce tableau pour la première fois au musée de Skagen et il m'a fallu un moment pour pouvoir en détacher les yeux tant il exerce une fascination intense. Peu de tableaux dégagent une telle impression de plénitude absolue il était donc impensable pour moi de rater l'exposition " L'heure bleue " au musée Marmottant Monet à Paris qui m'a permis en septembre dernier d'admirer à nouveau les oeuvres présentées dans ce billet.

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 Je suis désolée pour les reflets sur les photos, il est très difficile de faire des photos convenables lors d'une exposition.

 Pendant que Peder peint, Marie passe ses après-midi au jardin dans la maison aux murs colorés qu'ils louent tous les étés. Image d'un bonheur paisible et domestique. Leur fille joue sans doute un peu plus loin à moins qu'elle ne fasse la sieste. Le chien s'est couché au pieds de Marie  et le rosier croule sous les fleurs.

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Jardin de la maison, Skagen 2008

Et puis il y a les joyeuses réunions avec les amis, peintres pour la plupart. L'été est l'occasion de retrouvailles festives, d'agapes et de grands éclats de rires. Les liens sont forts entre ces familles d'artistes. C'est le temps du bonheur. Hip, hip, hip, hourra, déjeuner d'artistes, Skagen.

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En quittant l'exposition difficile d'échapper au regard triste de Marie. Car pour Peder et Marie l'histoire s'est mal finie. Une séparation inexorable, lente et douloureuse pour l'un comme pour l'autre. Le temps des promenades et des beaux étés sur la plage de Skagen est révolu. La vie avec Peder étant devenue trop difficile, Marie va le quitter pour un musicien suédois qui malheureusement la délaissera quelques années plus tard. 

Au musée de Skagen il y a un grand tableau qui n'était pas présent à l'exposition au musée Marmottan : Feu de joie de la Saint Jean sur la plage de Skagen. Autour du feu, Peder a peint les habituels, ses amis comme Anna Ancher et son mari. Il a aussi représenté Marie au bras de son amant Hugo Alfven et puis il s'est représenté en retrait, comme s' il se retirait déjà de l'histoire. 

Peder reste seul et s'éteint quelques années plus tard en laissant une oeuvre d'une beauté incomparable.

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J'ai toujours pensé qu'on laissait une part de nous mêmes dans les lieux qui nous ont marqués. En ce qui me concerne, je pense avoir laissé une partie de moi même quelque part dans les dunes de Skagen, très certainement en compagnie de Marie, la jeune femme qui pour toujours se promènera sur la plage à l'heure bleue.

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Dunes de la pointe de Grenen, 2008

 

Sur le même sujet 

A lire : Sundborn ou les jours de lumière de Philippe Delerm dont l'action se déroule dans la colonie d'artistes de Skagen.

A voir : le film suédois Hip hip hurrah , grand prix de la Mostra de Venise 1987 qui raconte lui  aussi la colonie d'artiste de Skagen et la folie qui s'installe peu à peu chez le peintre Peder Severin Kroyer.

A donner

A la suite de mon dernier billet sur le Luberon, j'ai retrouvé un exemplaire en livre de poche de Une année en Provence de Peter Mayle. Eta d'usage. Le possédant déjà en version anglaise, je me propose de l'offrir à qui a envie de le lire. Il sera pour la première personne à m'en faire la demande en commentaire.

                                                                               Bien à vous,

                                                                                Marie *

Posté par marie agapanthe à 20:07 - Commentaires [26] - Permalien [#]

20 septembre 2021

La première gorgée de soleil ( deuxième partie )

     24 jours, quelques heures et des poussières que je suis rentrée de vacances et chaque jour qui passe accroit la distance entre moi et ce petit bout de Provence que l'on nomme le Luberon. Entre lui et moi c'est un peu une histoire d'amour mais c'est aussi celle d'un écartèlement. De manière tout à fait paradoxale, les deux endroits sur terre où je me sens le mieux sont diamétralement opposés. Opposés en tout, géographiquement et culturellement parlant et je suis condamnée pour l'éternité à faire un grand écart entre les îles britanniques où je me sens vraiment moi-même et la Provence où je trouve toujours l'apaisement. Je ne peux nier le fait que le Sud est inscrit de manière indélébile et en caractères gras dans mon patrimoine génétique.

C'est au bord du lac du Salagou ( voir billet précédent ) qu'est venue l'idée de venir se poser quelques jours à Maubec petit village arrimé au pied de la chaîne du petit Luberon, dominé par ses crêtes ondulantes et ses rondeurs. Des cyprès au port altier, faisant office d'obélisque montent la garde devant les maisons de pierre blonde blottties les unes contre les autres.  Maubec est l'un de ces petits bijoux  comme tant d'autres que recèle la Provence, mais plus calme , plus à l'écart des foules que génèrent les grandes transhumances estivales.

 

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 Le premier matin, se réjouir de ce ciel si bleu qu'aucun nuage ne saurait ourler et remonter le temps en grimpant par les calades - ces anciennes rues pavées - tout en haut d'Oppède le Vieux le village abandonné mais bruissant des vies qui s'y sont écoulées.

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Le cadeau du jour, et quel cadeau, fut une répétition en plein air de l'opéra de Mozart "Don Giovanni" . Pouvait-on rêver d'un plus bel écrin pour porter au loin les voix des chanteurs ?

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 Dans mon escarcelle cet été, j'ai collectionné les villages accrochés à leur éperon rocheux  de part et d'autre de la plaine du Calavon et de l'ancienne Via Domitia des romains, comme d'autres glanent des coquillages sur une plage. Leurs noms faisaient une jolie mélodie à mon oreille et me chantaient les vieilles pierres de Provence, les volets aux couleurs fanées par un soleil insolent, le murmure des fontaines , le charme des campaniles en fer forgé, les places ombragées, la fraicheur des ruelles étroite, les senteurs aromatiques....... et j'ai répété :   Ménerbes, Saignon, Apt, Lourmarin.

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 Je me suis penchée à peine, et j'ai  aussitôt ramassé Goult et son secret : le  petit trou dans une muraille - l'oeil de Goult - qui livre une vue sur la rue en contrebas à qui sait la saisir - beaucoup passent sans le voir.  Et puis aussi les ailes du moulin offertes à la véhémence du vent en d'autres saisons.

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Je me suis penchée encore, attirée par la rousseur des maisons de Roussillon gorgées d'ambre comme un abricot trop mûr, la poésie de ses façades et le sentier des Ocres dont on repart la terre rouge collée aux semelles.

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La blancheur de Gordes qui dévale la colline sur laquelle est perché le village vous éblouit un peu, Bonnieux et Lacoste cloturent ce défilé.

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Le bonheur est dans le Luberon, dans ces après-midi languissantes à l'ombre des feuilles argentées de l'olivier où choses et êtres sont comme figés dans une indéfinissable torpeur. Les cigales crissent au lointain. On ne fera rien, ou si peu. Lire quelques pages, écrire quelques lignes, rêvasser un peu en contemplant le bleu du ciel. Est-ce cela que l'on appelle la pleine conscience ?  Quel jour sommes nous ? Le passé se brouille peu à peu, le futur n'est pas encore arrivé, il n'y a d'autre réalité que cet instant suspendu sous un petit olivier, quelque part en Provence.

On s'assoupit un peu, une heure ou deux, on ne sait pas très bien tant les frontières de ce temps qui s'écoule sans rien faire sont abolies et l'on se réveille soudainement pour voir que rien n'a changé. L'olivier, le mur de pierres sèches, la grande porte cochère et l'on boit le soleil glorieux à pleine lampées. Le miroir vous renvoie l'image de quelqu'un d'autre, les cheveux ont blondi, la peau est hâlée, une nouvelle insouciance vous habite.  Oh, l'incroyable facilité de l'être humain à se glisser dans un nouveau lieu, une nouvelle routine et à oublier tout ce qui fait son quotidien ! Balayées la maison et la ville où l'on habite, le travail, les contraintes du quotidien, tout cela n'a plus rien de tangible, seule l'est votre présence au pied du massif du Luberon par une après-midi d'été. 

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 Mais que de tourments dans cet été de lumière ! De loin, très loin parvenaient les échos et nouvelles des drames qui se jouaient à des milliers de kilomètres de là. Des hommes et des femmes dont l'existence tout d'un coup ne serait plus que larmes et chagrin. Je n'ai cessé de penser à eux alors que j'étais si bien, mesurant la cruelle injustice sur laquelle le monde tournait. Pour ces moments de bonheur que je vivais, combien traversaient des océans de violence ? Pour ma liberté, combien d'êtres humains enfermés dans une prison  à ciel ouvert ? Quel devenir pour ces milliers de femmes et de petites filles ? Le drame qui se jouait en Afghanistan m'a durablement bouleversée et culpabilisée par la même occasion tant je me sentais impuissante devant son gigantisme. Non, l'été n'a pas seulement été glorieux, il a aussi été tourmenté et dramatique.

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 Dernière soirée sous les étoiles au restaurant du village, dernier croissant du matin à la boulangerie d'à côté, dernier petit déjeuner sur la terrasse, dernier regard pour les monts du Luberon juste au-dessus de votre tête et dont on s'efforcera de retenir  l'image le plus longtemps possible en tentant de l'emprisonner dans sa rétine afin qu'elle s'y imprime et vous accompagne pendant les longs mois de grisaille à venir. On repart à contrecoeur avec la douloureuse et déchirante sensation de quitter un endroit où l'on aimerait pouvoir poser ses valises définitivement tant on s'y sent bien.

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LES BONUS DU BILLET

ESCARGOTS

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Voici la question existentielle que je me suis posée : " Pourquoi des centaines, voire des milliers, de petits escargots blancs accrochés en haut de grillages ou de tiges ? " . J'étais pour le moins intriguée et cela m'a rappelé que lorsqu'enfant je vivais aux alentours de Nîmes, il y avait aussi des petits escargots blancs sur les grillages. En cherchant un peu j'ai découvert la réponse : ces escargots tentent tout simplement d'échapper à la chaleur du sol et montent le plus haut possible.

 

LIRE LA PROVENCE

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Pour prolonger un séjour , pour découvrir la Provence, ou tout simplement pour le plaisir de lire

Une année en Provence de Peter Mayle : Incontournable. Avec beaucoup d'humour et un grand sens de l'observation, cet anglais qui a beaucoup contribué à la vague de popularité qui a assailli le Luberon  ( et fait grimper le prix des propriétés ) raconte mois par mois son installation à Ménerbes.

Encore Provence , du même auteur. Dans la même veine que l'ouvrage précédent mais un peu moins bon.

Dictionnaire amoureux de la Provence , du même auteur. Je ne l'ai pas encore lu mais nul doute qu'il sera très plaisant à lire connaissant la verve de son auteur. Je l'ai rapporté d'une extraordinaire librairie découverte cet été dans le petit village de Banon  " L'oiseau bleu"     non, "Le bleuet " ( merci à Brigitte pour la correction ! ) ouverte tous les jours de l'année. Non, je ne me suis pas trompée : tous les jours de l'année, même Noël, même le jour de l'an .

Provence  de Jean Giono : Nul autre que Giono n'a su écrire si bien son amour de la Provence, de la Haute Provence plus précisément. Une langue belle et poétique où chaque phrase est un régal.

Le dit du Mistral  de Olivier Mak-Bouchard : Un texte magnifique. Un récit sur la transmission où s'entremêlent légendes et rêves. Une histoire d'amitié, une fenêtre ouverte sur la terre de Provence magnifiée par la présence des Anciens et des forces de la nature. Où l'on apprend que le Mistral  dure trois, six ou neuf jours.

 

LIRE LE DROIT DES FEMMES

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 En piqûre de rappel et parce que les droits des femmes ne sont jamais acquis définitivement le manifeste de Benoite Groult qu'il faut obligatoirement avoir lu : Ainsi soit-elle.

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          Merci de m'avoir suivie sur les chemins de Provence. A bientôt pour le prochain  billet qui vous parlera d'art.

                                                                  M A R I E *

 

 

 

Posté par marie agapanthe à 19:26 - Commentaires [29] - Permalien [#]


29 août 2021

La première gorgée de soleil ( première partie )

 La première gorgée de soleil* est toujours enivrante pour qui en a été privé pendant longtemps. On ferme les yeux, on renverse un peu la tête en arrière en poussant un long soupir de contentement et on offre sa peau blême à la morsure sauvage de rayons d'or. La tenue est de circonstance et adaptée aux conditions climatiques :  robe fluide, short, sandales, gaze de coton ou de lin, chapeau de paille. On peut voyager léger !  * Formule en partie empruntée à Philippe Delerm

J'avais quitté des cieux très moroses assortis de températures ridiculement fraiches pour me retrouver presque 900 kms plus au sud sous un ciel d'un azur de plomb où l'intense lumière vous aveugle. Des vacances de dernière minute avec une première semaine dans l'Herault où chacun de mes pas m'a ramenée plus de trente ans en arrière lorsque je vivais dans ce département. 

Comme à Pézenas par exemple la jolie petite ville où plane encore la présence de Molière. Il est dans chacune de ses ruelles ombreuses, dans l'entrebaillement des lourdes portes des anciens hôtels particuliers, dans les cartouches en bas-relief inscrites sur les façades des maisons, dans la pierre blonde ou blanche, dans les fenêtres majestueuses, dans la fraicheur secrète des cours intérieures, dans l'arrondi des voûtes, dans les contrastes saisissants entre la lumière très forte qui écrase toute couleur et la dense profondeur de l'ombre. Comme l'a dit Marcel Pagnol :  " Jean-Baptiste Poquelin est né à Paris, Molière est né à Pézenas".

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La guirlande de napperons tendue entre deux maisons, quelle bonne idée !

Une semaine qui s'est écoulée tranquillement entre balades, vieilles pierres, marchés, terrasses, d'Octon à Mourèze, de Clermont l'Hérault à Villeneuvette, l'ancienne manufacture royale, en passant par Saint Jean du Gard dans les Cévennes pour aller retrouver mon amie de toujours Domi - je la connais depuis que j'ai 11 ans - et avec qui le temps a passé si vite que nous n'avons même pas pensé à prendre de photos.

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Et puis il y a eu le lac du Salagou. Le jour on nage dans ses eaux tranquilles. Des libellules aux ailes aussi rouges que la terre qui borde le lac  se poursuivent en un ballet aérien décrivant autour de votre tête des arabesques compliquées. La baignade vous lave de tout ce que vous avez vécu durant l'année, soucis et difficultés se diluent dans l'eau jusqu'à disparaître complètement et on peine à sortir de l'eau pour prolonger encore un peu ce doux apaisement.

Le soir le spectacle est grandiose. Le soleil se couche lentement dans un flamboiement de teintes roses et le temps est soudain suspendu, à l'équilibre, sur un fil. La magie opére comme toujours. Le calme est absolu, à peine troublé par un très léger clapotis et vous vous retrouvez soudain seuls face à l'immense.

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Les journées très chaudes se prolongent en longues soirées. Qu'il est bon de renouer avec l'insouciance de les passer dehors dans l'air qui vous enveloppe d'une tiédeur agréable ! Des sensations que l'on avait oubliées tant l'été s'était jusqu'alors montré récalcitrant.

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 A Montpellier j'avais rendez-vous un soir avec moi même, avec mes années d'étudiante, avec ma jeunesse. Place de la Comédie sous la statue des trois grâces. 1981, j'ai 17 ans et une petite robe rose. 40 ans plus tard, le même endroit et une petite robe jaune. Après ces révélations, vous aurez vite calculé l'âge vénérable que j'ai atteint et vous en aurez déduit que je ne suis plus tout à fait la petite jeunette de la première photo mais une femme que l'on qualifie de - horrible mot- mûre. Entre les deux une éclipse, une parenthèse, et le vertige vous étreint à la pensée de tout ce temps écoulé. Pourtant, dans votre tête vous n'avez pas changé ou si peu, vous avez toujours la fougue et les rêves de vos 17 ans et seule votre image vous rappelle que vous avez vieilli, inexorablement. 

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A Sète les couleurs claquent, vives et franches. Les rouges et les jaunes s'entrechoquent, le blanc est plus lumineux, le bleu toujours plus intense mais il y a beaucoup trop de monde. Jusqu'à présent je n'étais venue à Sète que hors saison et ce bain de foule ne me convient pas du tout. Alors juste prendre le temps de traverser la ville , de marcher jusqu'à la mer, de s'emplir de son infini avant de reprendre la navette qui permet de traverser l'étang de Thau et revenir sur Mèze.

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C'est sur son rivage que cette première semaine de vacances s'achève. Au loin Sète que l'on vient de quitter et le Mont Saint Clair où se niche le cimetière marin cher à Paul Valéry : "Ce toit tranquille,où marchent des colombes, Entre les pins palpite, entre les tombes; Midi le juste y compose de feux La mer, la mer, toujours recommencée Ô récompense après une pensée. "

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Il est temps de repartir, d'empruter une de ces routes bordées de platanes que l'on aime tant et qui vous rappellent les routes des vacances quand vous étiez enfant à l'époque où il y avait encore peu d'autoroutes et qui ont un effet quasi hypnotique et apaissant. La direction est toute trouvée : plein est vers une région chère à mon coeur , le Luberon. C'est là que je vous retrouve pour un nouveau billet dans deux ou trois jours, le temps de le rédiger.

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 A suivre,

M A R I E *

 

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07 août 2021

L'allée

Inutile de se voiler la face, cet été est tout ce qu'il y a de plus pourri !  D'aussi longtemps que je me souvienne, jamais il ne me semble avoir vu autant de pluie, de grisaille, de froid pendant les mois sensés être les plus chauds et lumineux de l'année. C'est comme si au printemps avait succédé un éternel automne. Point de petit-déjeuners, déjeuners ou dîners au jardin. Les petites robes légères sont restées sagement pendues sur leur cintre, je ne sais pas où sont mes sandales et les pulls sont encore et toujours de rigueur. On dit que sagesse et philosophie viennent avec l'âge et si l'on s'en tient à cet adage je devrais être assez sage pour relativiser ( oui, c'est sûr il y a bien pire dans la vie qu'un ciel nuageux ! ) mais chez moi il me semble qu'un mouvement inverse s'opère. Au fil des ans un sentiment d'urgence s'installe, je deviens moins patiente, et beaucoup plus sensible à tout ce qui m'entoure. Je suis horrifiée par les inondations meurtrières d'Allemagne et de Belgique, les canicules et incendies de Grèce et de Turquie, inquiète par rapport à l'ampleur de la crise sanitaire toujours en cours, bouleversée par les tensions qui déchainent la société et obscurcissent encore un peu plus le ciel estival  et  désespérée de voir filer les jours de cet été qui n'en n'est pas un. Vous l'aurez compris, je n'ai pas franchement le moral.

 Alors, lorsqu'à force de scruter les bulletins météo vous découvrez que vous avez une fenêtre de quelques heures sans pluie de prévue vous foncez directement dans un endroit joli pour vous mettre  un peu de baume au coeur.  Giverny, vous savez, ce petit village musée normand qui abrite la maison jardin rose bonbon du peintre Claude Monet, est un choix parfait. A peine quelques gouttes, le passe sanitaire testé pour la première fois et une visite partagée avec les touristes américains de retour sur le sol français.

Ce billet est pour tous ceux qui ont envie de jolies escapades, de couleur et de légèreté. Il est pour ceux qui, comme moi, regardent la pluie tambouriner aux carreaux ( sous un petit 15 degrés un 7 août, qui dit mieux ? ) Il est pour ceux qui ne peuvent partir en vacances  mais veulent s'évader. Il est pour les amoureux des jardins comme pour les amoureux de l'art. Il est cette petite bulle d'insouciance dans le ciel morne du jour.

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Je vais à Giverny en presque voisine, familière des lieux,  heureuse de retrouver les choses à l'endroit où je les ai laissées lors de ma dernière visite.  Dans la maison de Monet j'aime la petite boite à oeufs dans l'entrée avec son joli motif bleu que je photographie à chaque fois. Quand j'arrive dans la chambre à coucher, je suis heureuse de revoir le portrait de Julie Manet avec son chien qui m'attend bien sagement à droite juste après la porte  et je sais que je retrouverai également "La vague" de Hokusai sur le mur de gauche de la salle à manger jaune soleil. Pour voir des photos de la salle à manger, vous pouvez vous rendre sur ce billet publié il y a quelques années déjà.

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La chambre principale rappelle les vacances d'enfant dans la maison des grand-parents quand il fallait le soir escalader le lit garni de son gros édredon de plumes et que le moment du coucher prenait alors des allures d'expédition. Les cadres sur le mur racontent mille histoires et la vue sur le jardin s'ouvre ample et généreuse sur les jours de quiétude et d'equanimité que l'on coulera au jardin.

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 On vient à Giverny pour la maison, pour le jardin  mais aussi pour les expositions au musée des impressionismes comme la dernière en date sur le thème des jardins qui mêle des oeuvres d' impressionistes, de pointillistes et de nabis.

Souvent dans une exposition il y a un tableau au moins qui accroche tant mon oeil que je ne peux m'en détacher. Le tableau m'attire, m'aspire, et je reste un long moment absorbée dans sa contemplation. Ce fut le cas pour  "L'allée " d'Edouard Vuillard qui représente sa maitresse et muse Lucie Hessel accompagnée de son chien. Le tableau a une profondeur extraordinaire et vous entraine sous les frondaisons pour une promenade bucolique dans cette allée où la voûte des arbres est traversée de part en part par des rais de lumières. Le visage de Lucie arbore une plénitude que j'envie. Sans doute et même sûrement, cette toile a t'elle cristallisée toute mon aspiration à un véritable été pour qu'elle me touche à ce point . J'en ai bu la chaleur et la sérénité et l'espace d'un instant il m'a semblé que j'allais à mon tour emprunter cette allée vêtue d'une robe fluide qui épouserait chacun de mes mouvements, un large chapeau de paille sur mes cheveux dénoués, un bouquet de fleurs des champs dans les bras. Nul ne sait où mène cette allée mais elle a figé l'été pour l' éternité.

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 Un peu plus tard, en me promenant dans le jardin de Monet, il m'a aussi semblé que des correspondances parfois troublantes se tissaient entre les toiles de l'exposition et les fleurs du jardin . Ne dirait-on pas que les corolles parme font écho aux teintes lilas de la robe de Lucie et que les reflets sur le bassin des nymphéas rappellent les traits de lumière qui strient l'allée sous les arbres ?

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Hormis les grands tableaux, dans une exposition, il y a aussi ceux tout petits devant lesquels on passe parfois trop rapidement et que l'on ignore. Et pourtant, cela valait tellement la peine de s'arrêter devant  "La muse agenouillée sous les pins devant la mer " d'Henri Martin. Je l'aurais volontiers imaginée agenouillée sous un arbre en bordure du bassin de Monet. Henri Martin est l'une des jolies découvertes de cette exposition jusqu'à présent ce nom n'évoquant pour moi que l'avenue Henri Martin du Monopoly !

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Tout petites aussi les "Baigneuses" de Félix Valloton  qui semblent vouloir barboter entre les larges feuilles arrondies et plates des nénuphars.

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Parallélisme entre les lignes verticales des arbres de ce petit parc dont je n'ai retenu ni le titre du tableau ni celui de son exécutant et  les tiges droites des bambous qui bordent le cours d'eau qui traverse la propriété.

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Beaucoup de douceur et des fleurs roses dans le jardin d'Henri Martin que je retrouve dans l'opulence crémeuse des glaïeuls qui dressent fièrement leur hampes fleuries.

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 Au cours de mes déambulations le long des allées, je suis passée devant les fleurs jaunes du parc de Maurice Denis, encore une belle découverte que ce peintre alors inconnu.

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A défaut de soleil dans le ciel les "Enfants au jardin" d'Edouard Vuillard baignants dans une chaleur intense m'ont offert un peu de cette luminosité qui fait tant défaut actuellement. Même jaune un peu acidulé pour les pâles et doux tournesols du jardin, le maillot de l'enfant et les reflets sur le tronc d'arbre.

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Les fleurs cotonneuses d'Alfred Sisley dessinent la même courbe gracieuse que les arceaux de l'allée principale devant la maison du peintre.

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Et bien sûr, les inévitables géraniums rouges, pas mes fleurs préférées mais il faut reconnaître qu'ils apportent de joyeuses touches colorées aux représentations de jardins.  "Jardin en fleurs à Sainte Adresse " de Claude Monet  "Le grand bassin de Marquayrol" d'Henri Martin. 

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La jeune femme dans l'embrasure de la fenêtre de la serre d'Albert Bartholomé aurait tout aussi bien pu s'installer dans le salon en rotin aux coussins fleuris pour trouver l'ombre par une après-midi bien chaude.

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Et puis du vert, beaucoup de vert et de l'eau.... 

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J'ai laissé derrière moi " L'allée" et les fleurs du jardin de Giverny en sachant que je reviendrai les voir bientôt sans doute. L'exposition fermera ses portes au mois de novembre et le jardin sera là pendant longtemps encore. Il y aura les capucines et les colchiques de l'automne qui l'orneront de couleurs flamboyantes et seront sources de nouvelles émotions.

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Il est temps pour moi de quitter les contrées pluvieuses et de partir à la recherche du soleil en espérant trouver l'endroit où il s'est terré, respirer la lumière et faire le plein de vitamine D pour quelques jours au moins. Il n'y aura pas de connexion internet, je ne pourrai donc vous répondre tout de suite mais je vous souhaite de profiter au maximum de votre été, journées ensoleillées ou pas.

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A bientôt !

 

M A R I E * et ses agapanthes

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12 juillet 2021

La remorque et le buffet

     Au commencement, car il faut bien commencer quelque part, il y avait une petite chaumière aux colombages bleus, dans un village en Normandie. Elle, ainsi que son jardin, avaient été quelque peu négligés depuis bon nombre d'années, mais son charme opéra sur moi à la toute première visite que j'en fis. J'eu beau effectuer des visites d'autres maisons, mes pensées toujours me ramenaient vers le souvenir de  la chaumière bleue. Je m'y étais sentie immédiatement à l'aise et son petit côté anglais n'était pas pour me déplaire.

Cela faisait bien longtemps qu'elle exhibait fièrement ses colombages, marron foncé à l'époque,  dans ce petit village comme en atteste le premier acte notarié la concernant que j'ai en ma possession et qui date de décembre 1815, paraphé par la signature alambiquée de Maître Perrinelle, notaire royal à Tourville la campagne. Cet acte notarié fait état d'une "masure" et non pas d'une maison.

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En 1978, la masure, pardon la chaumière connut son heure de gloire lorsqu'elle fit la couverture de l'indicateur Bertrand, guide d'achat de propriétés en Normandie. Tout de même !

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Lorsque j'en fis l'acquisition voilà à quoi elle ressemblait : Un jardin en friche, des allées envahies par les mauvaises herbes, des broussailles, un petit air d'abandon.

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Cinq ans plus tard, et même s'il reste beaucoup à faire, la maison a plus fière allure. Le jardin s'étoffe peu à peu. Les plantations s'enracinent et produisent des floraisons abondantes, arbres et buissons ont été contenus, les allées redessinées.

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Dans la maison les avant/après se sont enchainés. 

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 Et en avril dernier c'était le tour de la partie salle à manger de la pièce principale ( Il s'agit de la partie au fond avec le plancher.

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  On ne peut pas le voir sur la photo mais les murs étaient en très mauvais état, avec des trous, des crevasses ainsi que des traces d'un ancien dégât des eaux. Il a fallu faire un nombre considérable de  passes d'enduit avant de leur redonner un aspect un peu plus pimpant. Certains auraient sans douté posé du placo pour un rendu lisse et parfait mais ce dernier ne me semblait pas en adéquation avec l'âge vénérable de la maison. Aujourd'hui, les murs sont encore irréguliers, avec des bosses et des vallons mais tout cela fait partie du charme intrinsèque de la chaumière et en respecte son authenticité et sa singularité. J'ai hésité à me débarrasser des carreaux de verre qui ne me plaisent pas pour les remplacer par une verrière d'atelier mais mon budget ne le permettant pour l'instant pas j'ai remis ce projet à une date ultérieure.

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Le chantier n'était pas bien compliqué . Enduit et  ponçage,  peinture,  changement des prises et de l'interrupteur,  ponçage du parquet qui était en mauvais état et application d'une huile de protection incolore. ( Soit dit en passant, j'ai utilisé une huile de protection V33 dont je ne suis pas très satisfaite et que je ne recommande donc pas. J'aurais sans doute du suivre ma première idée qui était de peindre en blanc les lames du parquet. ) Malgré le manque de difficultés, je suis tout de même arrivée à me tromper en achetant la peinture verte pour les deux murs de gauche. J'ai confondu le Vert Renversant avec le Vert Passionné ( cela ne s'invente pas ) et j'ai maintenant un pot qui ne sert à rien  mais ce n'est qu'un tout petit détail.

Les travaux de rénovation terminés, le plus agréable arrive : l'aménagement . C'est là qu'entre en scène le buffet .

                                               Histoire de la remorque et du buffet.

Sur le papier c'était simple, rapide et efficace. La réalité fut tout autre. 

Lors de mon dernier déménagement, les différents meubles que je possède se sont retrouvés éparpillés, dans divers lieux de stockage et je les ai récupérés petit à petit. Un grand buffet anglais blanc attendait sagement son tour. Un jour, au travail, ma collègue Blandine me parle d'un autre vieux buffet qu'elle acheté et qu'elle doit aller chercher à une trentaine de kilomètres de là. Je lui suggère de  louer ensemble une camionnette pour aller chercher les deux buffets. Une autre collègue, Cécile entre alors en jeu en nous proposant sa remorque que nous acceptons bien volontiers.

Le samedi, nous partons avec une voiture empruntée ( il fallait un crochet d'attelage ) par des petites routes, au fin fond de la campagne chez Cécile. A la vue de la remorque très antique, très bricolée et très brinquebalante nous doutons un peu mais repartons avec ladite remorque. Premier arrêt, premier buffet, tout va bien. Deuxième arrêt, deuxième buffet, ça va encore. Les buffets sont solidement arrimés par des sangles et recouvert de couvertures ce qui donne un petit côté romanichel à notre chargement. Le chargement est tout de même important et nous ne sommes pas sûres du tout d'être dans la légalité mais nous repartons confiantes et contentes de nous jusqu'au moment où....

Un bruit fort, la voiture qui ne tient plus la route. Nous nous retrouvons sur le bas-côté d'une voie rapide, loin de tout, l'un des pneus de la remorque éclaté. Nous sommes une fin d'après-midi le samedi du week-end de Pentecôte, nous nous apercevons qu'il n'y a pas de roue de secours pour la remorque,  personne ne s'arrête pour proposer de l'aide, il pleut fort, nous n'arrivons à joindre personne au téléphone,  et l'heure du couvre-feu approche. Nous nous sentons bien seules et démunies et avons peur qu'une voiture de police s'arrête car nous sommes en infraction. En effet, impossible d'accrocher la plaque d'immatriculation de la voiture sur la remorque, nous roulons donc avec deux plaques différentes et un chargement qui pose problème....

Alors non, nous n'avons pas passé notre week-end sur ce bas-côté et nous n'avons pas été verbalisées non plus. Nous sommes finalement arrivées à joindre des amis qui sont venus nous dépanner deux heures plus tard avec une camionnette empruntée au voisin, de l'ami, d'une connaissance de etc....... Les deux buffets sont conduits à leurs destinations finales respectives juste avant l'heure du couvre-feu. La remorque est  cachée  en contrebas dans les buissons en attendant que Cécile qui n'avait pas de roue de secours chez elle et doit donc en trouver une revienne la chercher,  la remorque étant très vieille , les roues plus aux normes actuelles, vous voyez le topo ?

Nous avons fini la journée bien trempées et très fatiguées mais aussi soulagées de nous être sorties de cette situation problématique. Conclusion : si vous avez besoin de déménager un meuble, n'empruntez-pas la remorque de Cécile ! 😁😁😁

Après son aventure, le buffet a trouvé sa place finale. Il s'insère parfaitement dans l'espace entre le décrochement du mur sur la gauche et la fenêtre.

Avertissement : Les photos  qui vont suivre sont toutes sombres, la faute au mauvais temps qui sévit depuis plus de trois semaines, aux ciels bas et lourds, à l'absence de lumière même en pleine journée.

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 Il est temps de ressortir tous ces petits objets de chine et de hasard accumulés au fil des ans qui donnent leur âme aux maisons. Les théières, le moule à jelly, le plat, le serviteur, la grande lettre proviennent d'Angleterre. Cloche de service chinée sur  A l'intérieur de la grange, la brocante de Nelly . Animaux de crêche, épi de faîtage, verrerie et autre trouvés dans des vide-greniers. Au milieu, la photo de deux petits enfants chers à mon coeur. Le panier en fil de fer appartenait auparavant à mon amie Florence  à qui je pense chaque fois que mes yeux se posent sur lui. J'aime bien l'idée de ces objets qui passent de mains en mains, de cette nouvelle vie qui leur est offerte.

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Dans la salle à manger il y a tout ce que j'aime : du brut, de l'ancien, du naturel, du blanc, des objets de créateurs, du fait main, des objets chinés, très peu de neuf. La table est un panneau de bois brut posé sur des tréteaux.  Les seuls éléments neufs provenant de la grande distribution sont les fauteuils en rotin , la suspension et les stores qui viennent pour la plupart du coin bonnes trouvailles du géant Suédois. 

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Panier en fil de fer pour pots de yaourts anciens sur plaque de verre récupérée aux encombrants.

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Dans la cagette, les créations de mon amie Mo @revesdargile , idem pour le vase sur la photo suivante.

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Coussin et torchon imprimé en lin à motif de géranium de la designer suédoise @emmasjodindesign .  Huile ancienne trouvée chez @libellulebrocante

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Et toujours l'exubérance des bouquets qui donnent à chaque fois un petit air nouveau à la pièce . C'est mon seul luxe, rendu possible car  tout ce qui les compose provient du jardin. Lysimaques, centaurées, leucanthèmes, fougères, achillées, pois de senteur, roses, agapanthes, hortensias et autres.

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Alors que je rédige ces quelques lignes dans la chaumière bleue au charme so British, j'entends le bruissement régulier de la pluie qui tombe sur le jardin. Les fenêtres et la porte sont grandes ouvertes pour tenter de capter un peu de lumière. Le jardin est très vert, luxuriant même mais trop c'est trop. Les roses pourrissent sur leur tige, les roses trémières courbent l'échine  et font grise mine, les branches ploient sous le poids de l'eau, la terre colle tant elle est saturée d'eau. Les mauvaises herbes frétillent d'aise. A peine ai-je le dos tourné qu'elles se dressent fièrement dans le moindre espace libre et me narguent. Il y a de nouvelles heures de désherbage en perspective dès que la pluie cessera !  Car il pleut à verse, il pleut des cordes, il pleut des hallebardes, en anglais "it's raining cats and dogs"........  et je me prends à rêver de soirées au jardin sous les lampions, de marcher pieds nus dans l'herbe, de porter des robes légères et de lire au soleil. Je me prends à rêver de l'été tout simplement !

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En attendant voici le petit plus du moment :

 ECOUTER 

Une chanson de l'un de mes chouchous, le regretté David Bowie pour mettre un peu de peps dans cette journée désespérément grise.

 

 

Toujours de David Bowie, une chanson qui laisse des petits frissons sur la peau.

 

PATISSER

Un cake assez simple aux cerises que j'ai imaginé à partir de plusieurs recettes existantes. Le mauvais temps donne envie de savourer des douceurs gourmandes. Voici La cerise sur le gâteau moelleux à souhait avec son glaçage au jus de cerise.

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Faire fondre 125 g de beurre. Ajouter 100 g de sucre puis deux oeufs l'un après l'autre. Ajouter de l'extrait de vanille puis 175 g de farine et un demi- paquet de levure chimique. Dénoyauter environ 200 g de cerises. Les enrober légèrement de farine et les mettre dans la pâte. Mettre la pâte dans un moule à cake et enfourner 1 heure dans un four préchauffé à 180 degrés . Au bout d'une heure vérifier la cuisson avec la pointe d'un couteau. Pendant la cuisson, préparer une compotée avec la quantité de cerises et de sucre que vous souhaitez. Prélever un peu de jus de cette compotée pour réaliser un glaçage avec du sucre glace. Glacer le cake refroidi et décorer avec des cerises fraiches. Déguster avec de la compotée de cerises.

BRODER

Des fleurs sauvages sur une petite brassière ancienne. D'après un modèle paru dans le dernier Marie-Claire Idées. Juste pour le plaisir !

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                                                             J'espère vous retrouver avec un billet plus estival !

                                                                                A  bientôt, 

                                                                                 M A R I E *

Posté par marie agapanthe à 13:38 - Commentaires [31] - Permalien [#]

02 juin 2021

ECRIRE

  La vie est par nature imprévisible. Elle n'a cesse de vous réserver des surprises, tantôt bonnes, tantôt mauvaises, et celle-là a  nettement fait pencher la balance du bon côté.

Tout est parti d'une phrase écrite dans mon billet précédent. Je mentionnais le fait que j'aimerais un jour avoir des narcises "paperwhites" dans mon jardin, ces jolis narcisses blancs que j'admire fréquemment dans les jardins Outre-Manche. Quelques jours après la parution du billet, l'une de mes fidèles lectrices m'a envoyé un petit message pour m'inviter chez elle à venir chercher des bulbes des dit narcisses. Rendez-vous pris, début mai, juste après la levée des restrictions de déplacement. Je suis partie un vendredi après-midi sur les routes normandes sans aucune idée du genre d'endroit dans lequel je me rendais. Je ne pensais à rien de spécial, cela aurait tout aussi bien pu être un modeste pavillon dans un lotissement, mais je me suis retrouvée dans un endroit bucolique et enchanteur à souhait, sur un grand domaine au centre duquel tronait un majestueux château. Pour des raisons de confidentialité et de respect de la vie privée des propriétaires, je ne donnerai aucune indication géographique de cette demeure, ni le siècle auquel elle a été construite, ni des photos de son apparence extérieure, vous n'aurez droit qu'à quelques photos de l'intérieur qui auraient pu tout à fait être prises dans n'importe quel  autre château. 

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 La journée était belle, le ciel bleu, les arbres en fleurs. J'ai lentement remonté l'allée qui traverse le domaine, en me demandant qui j'allais rencontrer. Nous ne nous connaissions que par message interposé et déjà ma surprise était grande.  Mes craintes, si craintes il y avait, se sont bien vite dissipées et je suis tombée sur un couple adorable. Une fois encore, par souci de confidentialité je ne mentionnerai aucun nom. Comme quasiment chaque fois que je fais une rencontre générée par mon blog, la conversation a tout de suite été facile et très agréable. Je ne connaissais rien de celle que je désignerai par la lettre X mais elle me connaissait déjà assez bien, du moins elle était capable de cerner le genre de personne que j'étais au travers de ce que j'avais écrit dans ce blog au cours des dix dernières années. 

Munis d'une pelle et de sacs, nous sommes partis dans le parc sous un soleil radieux pour y déterrer des bulbes de narcisses. ( En fait ce n'étaient pas des paperwhites mais peu importe, ils étaient tout de même blancs et ont fait mon bonheur ). Nous avons parlé de tout et de rien, de nous, de choses qui nous tenaient à coeur, de projets et le temps a passé trop vite ....... puis X m'a très gentiment proposé de visiter le château.

Privilège immense que celui d'avoir une visite pour soi tout seul d'un tel endroit d'ordinaire fermé au public ! La première porte poussée je suis allée de surprise en surprise, m'émerveillant au passage de tout ce que je voyais. Sans doute le Grand Meaulnes dans le livre éponyme d'Alain Fournier avait-il du ressentir les mêmes choses en arpentant les couloirs du grand domaine mystérieux, poussant une porte , soulevant un rideau, découvrant des amoncellements d'objets hétéroclites posés sur des fauteuils, des livres de prix, des candélabres dorés et poussiéreux, des vases et des costumes du temps jadis, redingotes à cols de velours et souliers vernis.

Dans la majestueuse cuisine, tout un bataillon de casseroles et de moules de cuivre au garde à vous semblent attendre le bon vouloir de la cuisinière.

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Une poésie sublime se dégage des textiles anciens à la beauté fragile, fanée et délicate. Les rideaux se sont fait dentelle sous l'effet conjugué du temps et de la lumière et ils sont si beaux qu'il serait criminel de les déloger de l'endroit où ils viennent de passer plusieurs décennies.

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Poésie encore dans l'ancien jardin d'hiver aujourd'hui déserté et sur lequel les plantes grimpent en joyeuse liberté. Il garde en mémoire le souvenir des fêtes que l'on y a données, les mariages, les jolies jeunes filles rougissantes en robe de mousseline blanche, les noeuds dans les cheveux, . En tendant l'oreille, on pourrait presque entendre quelques mesures d'une valse dansée par un couple nouvellement formé, les secrets chuchotés dans le creux de l'oreille puis les rires et les cris des enfants s'éparpillant gaiement sur la pelouse du parc après avoir chapardé quelque friandise sur le buffet dressé pour l'occasion. 

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Les pièces se sont succédées, salles, salons, bibliothéques, chambres tellement nombreuses que j'ai vite arrété de les compter. Innombrables également les toiles représentant parfois les ancêtres de la famille et les fresques, les lustres aux mille pampilles, les ouvrages anciens et rares que l'on ose à peine toucher, les lits à baldaquin. Une maison chargée des souvenirs d'une famille, de plusieurs vies.

Et c'est à ce moment crucial de la visite que j'ai éprouvé la plus grande des frustrations. Je n'avais que mon portable pour prendre des photos, un petit portable bas de gamme dont la mémoire a soudainement été pleine. Plus de photos possible.  Et puis il fallait prendre en compte le couvre-feu et le temps qu'il me fallait pour rentrer. J'ai du quitter à regrets le domaine enchanteur non sans promettre de revenir le plus vite possible avec, cette fois-ci mon appareil photo pour prendre tous les clichés que je n'avais pas pu prendre lors de cette visite.

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Je suis repartie le coffre de la voiture rempli de bulbes, les yeux plein d'étoiles et les images de l'après-midi écoulé devant les yeux. La route aidant, j'ai repensé à la conversation à bâtons rompus que j'avais eue avec X et je me suis dit que j'avais eu beaucoup de chance que mon chemin croise le sien. Sans mon blog, cela n'aurait jamais été possible ( ce qui tend à prouver que les réseaux sociaux ont des bons côtés ). J'étais presque gênée de tant de gentillesse de sa part et de l'accueil sans restrictions qu'elle m'avait accordé mais elle a fait une remarque qui m'a marquée. Elle a dit que depuis des années elle prenait un grand plaisir à me lire sans jamais pouvoir me rendre la pareille et qu'aujourd'hui c'était à son tour de me donner quelque chose. C'est le genre de remarque que l'on aimerait entendre plus souvent, qui vous fait avancer, qui vous conforte dans l'idée qu'il faut continuer à écrire , que vos mots ne se perdent pas dans le néant mais peuvent atteindre le coeur et l'âme de ceux qui vous lisent, leur apporter de la joie, un moment de plaisir, un espace de détente voire de réconfort. Ce jour là, je me suis sentie légitime dans mon statut d'"écrivain" même si ce n'est que d'un petit blog à faible audience et les doutes que je nourrissais ont été temporairement balayés. Le mot ECRIRE s'est tout à coup gonflé d'un sens nouveau et s'est doublé du mot PARTAGE. J'écris pour moi parce que j'ai envie de le faire, mais j'écris aussi pour tous ceux qui me lisent, je leur tend une main que j'espère ils saisiront et j'aurai réussi si je leur apporte ne serait-ce qu'une petite parcelle de joie.

 

La suite ? Au retour à la chaumière bleue les bulbes ont été plantés à différents endroits de la pelouse ce qui rendra probablement la tonte encore plus difficile au printemps prochain mais qu'importe ! Rappelez-vous, je vous disais être passée maitre dans le maniement de la tondeuse en mode slalom en essayant d'épargner les primevères colorées qui se rassemblent au milieu du jardin dès les premiers beaux jours. En plus des primevères il y aura donc désormais les narcisses du  domaine enchanté. Et comme j'aime la difficulté et ne recule devant rien, en ce moment, ce sont les grandes marguerites, des leucanthèmes, qui fleurissent sur l'herbe et que je dois habilement contourner. 

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 Le fond du jardin est clairement un espace de liberté pour les plantes. Après avoir eu envie de m'approprier cet espace, j'ai récemment décidé de laisser les plantes s'y épanouir comme bon leur semblait. Et je serais très satisfaite si ce petit coin se révélait être un refuge idéal pour oiseaux et petits animaux. Les jacinthes sauvages y poussent en abondance tout comme le cerfeuil sauvage aux ombelles graciles qui permet de faire des bouquets très aériens.

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Pour la première fois depuis 5 ans que je suis à la chaumière bleue, le jardin me rend bien les soins que je lui ai prodigués et je peux expérimenter le luxe suprême de m'offrir un nouveau bouquet tous les jours. Pour cela il suffit de faire quelques pas dehors, un sécateur en main. Le mois de mai a été un véritable festival de formes et de couleurs, les lilas mauves puis les blancs, les boules blanches du viburnum, les centaurées et le seringat. Les roses s'ouvrent maintenant les unes après les autres, les escholzias explosent, le wegelia croule sous les fleurs, les iris sont épanouis, les lupins pointent le bout de leur nez et le muguet qui a joué les retardataires est arrivé pour le premier juin !

Certains, surtout ceux qui connaissent la maison et qui savent que j'étais en travaux, ont du remarquer que la salle à manger avait changé. Je vous la montre en entier la fois prochaine c'est promis. A l'occasion je vous raconterai une histoire de buffet et de remorque qui a laissé un souvenir impérissable.

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Plus le temps passe, plus j'aime les bouquets natures, bucoliques, champêtres. Je suis fan inconditionnelle de Willow Crossley. Cette fleuriste anglais, talentueuse, souriante, pétillante, jolie et spontanée partage ses réalisations sur Instagram et sur You Tube et à chaque fois je tombe sous le charme.

Jouant les Willow Crossley, j'ai suivi ses conseils à la lettre pour composer un bouquet un peu fou dans un vase Médicis avec ce que l'on peut trouver sur un talus et que souvent on ignore à savoir des boutons d'or, des pissenlits, des graminées, des feuillages ...... Ce bouquet que je pensais très éphémère a finalement duré beaucoup plus longtemps que prévu, une bonne semaine au moins et a prouvé que l'on pouvait faire du beau avec trois fois rien. 

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Me serais-je quelque peu éloignée du sujet initial de ce billet , à savoir le mot ECRIRE ? Tant pis, ne pas parler de fleurs en mai était tout simplement impossible !

Pour finir en beauté, voici mon humeur de mai :

ECOUTER :

Parce que c'est frais, léger, ensoleillé comme une belle journée qui s'annonce et sa voix est si belle :  "Sunrise" de Norah Jones.

 

SE  REMETTRE  EN  QUESTION :

Quand on va faire un tour à Emmaüs par exemple on touche du doigt la surabondance des pays dit développés. Pour un nombre non négligeables d'objets qui vont retrouver une seconde vie, combien finiront au rebut dans une déchetterie alors qu'ils auraient pu à nouveau servir ? Se faire la promesse que chaque fois que l'on peut acheter quelque chose d'occasion à la place de quelque chose de neuf on le fera.

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 SAVOURER  :

Un délicieux crumble rhubarbe-miel dont on a inventé la recette ( en mélangeant plusieurs recettes existantes ) :

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1. Mettre dans un plat allant au four 800 g de rhubarbe épluchée ( certaines personnes ne l'épluchent pas ) et coupée en tronçons avec 80 g de miel  parfumé  ( j'ai la chance d'avoir un collègue apiculteur qui me fournit en miel  ) que l'on aura bien mélangé ainsi qu'un verre et demi de jus de fruit ( à mon avis peu importe le jus, j'avais un smoothie pomme cerise dans le frigidaire ). Enfourner à 200 degrés le temps de faire le crumble.

2. sabler entre les mains 120 g de farine, 60 g de flocons d'avoine, entre 60 et 80 g de sucre roux, 40 g de poudre d'amandes, 100g de beurre coupé en petits morceaux. On doit obtenir une sorte de grosse semoule.

3. Répartir le crumble sur la surface des fruits et faire cuire environ une demi-heure, jusqu'à ce que le crumble soit doré.

Servir tiède dans une assiette modèle " Fleurettes " des faïenceries de Giens. C'est un délice !

 

RELIRE :

"Le grand Meaulnes " d'Alain Fournier parce que c'est de circonstance ( Merci à Minne de m'avoir soufflé l'idée )

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" Après cette fête où tout était charmant, mais fiévreux et fou, où lui-même avait si follement poursuivi le grand pierrot, Meaulnes se trouvait là plongé dans le bonheur le plus calme du monde. Sans bruit, tandis que la jeune fille continuait à jouer, il retourna s'asseoir dans la salle à manger, et, ouvrant un des gros livres rouges épars sur la table, il conmmença distraitement à lire. Presque aussitôt un des petits qui étaient par terre s'approcha, se pendit à son bras et grimpa sur son genou pour regarder en même temps que lui ; un autre en fit autant de l'autre côté. Alors ce fut un rêve comme son rêve de jadis. Il put imaginer longuement qu'il était dans sa propre maison, marié, un beau soir, et que cet être charmant et inconnu qui jouait du piano, près de lui, c'était sa femme. "

 

Un grand merci à X pour son accueil chaleureux au domaine enchanté et un grand merci à vous d'être là tout simplement .

 

Je vous retrouve bientôt, 

M A R I E *

 

 

Posté par marie agapanthe à 18:08 - Commentaires [37] - Permalien [#]

24 avril 2021

Humeur printanière

        Trois mois que je n'étais pas venue par ici. Trois drôles de mois où lassitude et résignation se sont mêlés jusqu'à ne faire plus qu'un. Je me suis souvent fait  l'impression d'être une cocotte minute bouillonnante d'envies et d'énergie mais au couvercle bien vissé pour ne pas laisser s'en échapper la moindre petite parcelle. La vie s'est écoulée, monotone, un peu morose, à tenir bon en attendant mieux. J'ai surtout travaillé, beaucoup. Et puis j'ai lu, beaucoup aussi. J'ai fait un peu de cuisine, de la confiture, des gâteaux, mais pas trop, car les kilos superflus accumulés après le premier confinement sont toujours bien accrochés.

Et puis un jour les premiers rayons du soleil printanier sont venus réveiller ce qui était dormant, bien enfoui sous des couches protectrices. Les envies se sont faites plus pressantes, l'envie d'y croire est revenue. Quand il fait beau, que les rayons du soleil frappent aux carreaux des fenêtres et viennent égayer les pièces encore endormies après un hiver qui a semblé plus long que d'habitude, je mets de la musique à fond et je danse pour moi, pour me sentir bien, pour sentir l'espace autour de moi, pour sentir mon corps vibrer à nouveau, renaître après une longue hibernation. Ca fait du bien, ça dessine un sourire sur mes lèvres, ça me fait pousser des ailes, ça m'incite à aller de l'avant et à me lancer de nouveaux défis, ça me redonne la pêche tout simplement. J'ouvre en grand portes et fenêtres dès que la température le permet et je pars pour une longue promenade dans la campagne faite de beaucoup de rêveries mais aussi d'émerveillement devant la nature qui renaît. Je m'arrête et je contemple la cîme des arbres fleuris sous un ciel bleu. J'inspire profondément, je m'enivre un peu de l'air tout léger du printemps encore timide. Il faut encore secouer les lambeaux d'hiver qui restent accrochés aux jours pourtant de plus en plus lumineux. Je m'assied sur le banc devant la maison pour boire mon thé en me chauffant au soleil printanier. C'est le printemps et je me sens revivre, enfin.

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Quelques jours à Toulouse pour garder deux petits bambins plein d'énergie le temps d'admirer la floraison des mimosas,des magnolias et autres arbres à fleurs.

Pendant ces trois drôles de mois, j'ai  rempli ma vie de fleurs. Facile, pour cela il me suffit de pousser la porte, et de faire quelques pas dans le jardin munie d'un panier et d'un sécateur pour y cueillir ce qui se trouve à portée de main, les branches ornées de baies, de petits chatons ou de minuscules pousses vertes.

Chez moi le jardin est un peu fouillis. J'essaie vainement de lui donner un semblant d'organisation mais les plantes n'en font souvent qu'à leur tête. Preuve s'il en est que mon jardin vit sa vie dans un joyeux désordre : au premier passage de tondeuse de l'année, j'ai épargné volontairement les grappes de primevères qui s'éparpillent gaiement sur ce que je n'ose appeler pelouse. Elles sont tellement jolies dans leur déclinaison colorée qui va du blanc au violet foncé en passant par le jaune léger, le jaune soutenu, le parme, le mauve , le fuchsia et le pourpre que je ne saurais les sacrifier.

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Mes connaissances dans le domaine botanique sont très vagues, à peine étayées par quelques lectures ainsi que quelques conseils glanés auprès d'amies qui sont des jardinières émérites. Ma vision d'un jardin idéal est nourrie par toutes les visites que j'ai effectuées dans des jardins en Angleterre où je peux m'abîmer pendant de longues minutes dans la contemplation d'une "mixed border" bien pensée où le résultat qui paraît naturel est en fait le fruit d'une savante organisation. Tant pis, je me contente pour l'instant du mien aussi imparfait qu'il puisse être. Il m'offre au printemps, en plus des primevères, de belles jonquilles bien jaunes( depuis deux ans je me dis que je dois penser à mettre en terre en septembre des bulbes de narcisses blanches qui portent en anglais le joli nom de"paperwhites" et que j'adore ). et pléthore d'hellébores. Je les ai plantées blanches, elles poussent pourpres, allez savoir pourquoi ! Elles sont suivies de près par les tulipes qui ont du cette année subir un petit épisode de neige en pleine floraison. Associé aux températures très négatives il a hélas brûlé toutes les fleurs et bourgeons du pêcher, il n'y aura donc pas de pêches cette année;

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 En mars, le jardin vit sa période rose. Les prunus se couvrent d'inflorescences charnues. Au fond du jardin on ne peut que s'extasier devant l'abondante floraison neigeuse d'un arbre qui me semble être de la famille des cerisiers.  Disposées dans un contenant faisant office de vase, les branches fleuries font des bouquets qui sont parmi mes préférés. Cela fait quelques années que je n'utilise plus de "vrai " vase.  Les seaux en zinc, les pichets, les brocs, les bocaux et les bouteilles de toute taille font très bien l'affaire. C'est parfois hétéroclite, mais plein de charme et ça me plaît, c'est l'essentiel.

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Quelques jours avant Pâques, on ressort tout ce qui ressemble de près ou de loin à un oeuf, un lapin, une cloche, un nid, même un oiseau histoire de se mettre dans l'ambiance même si le comité sera restreint une fois encore. Quelques jonquilles dans  une petite boueteille, des branches de forsythia dans un seau en zinc, les bouquets sont tout jaunes cette fois. L'occasion de dresser une jolie petite table et le plaisir de sortir des assiettes Astier de Villatte à la forme originale, rarement utilisées. Plaisir aussi de faire un Lamala en forme de lapin. Pour ceux qui ne connaissent pas, le Lamala signifie "petit agneau pascal" et était dégusté traditionnellement en Alsace pour le petit déjeuner de Pâques. J'ai emprunté mes connaissances en la matière ainsi que la recette au site de la Maison Alsacienne !  Battre trois blancs d'oeuf avec 90 g de sucre et un sachet de sucre vanillé pour obtenir une mousse lisse et un peu ferme. Rajouter délicatement avec une maryse 4 jaunes d'oeuf. Rajouter en pluie 60 g de farine et 30 de maïzena tamisées. Ajouter un zeste de citron et 30 g de beurre fondu. Beurrer et fariner le moule. Faire cuire 35/40 minutes à 170 degrés.

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 Oeufs teints avec du café.

 

LES  PLUS  DE  MON  HUMEUR  PRINTANIERE:

 ECOUTER : Amy Macdonald : Where you're gonna sleep tonight, pour se mettre dans l'ambiance

 Enchainer avec Viva la vida de Coldplay pour avoir la pêche .

SE PROMENER :  Sur les bords de l'Eure . Ca me rappelle la campagne anglaise, les Cotswolds par exemple. Je suis tellement en manque depuis un an de ce pays et de manière plus générale des Iles Britanniques et j'ai tellement hâte d'y retourner !

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LIRE : Il est  vieux et en piteux état mais sans aucun doute bourré de bons conseils, le Guide pratique du jardinier français.

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PISSENLITS : C'est fou tout ce qu'on peut faire avec des pissenlits. Ca tombe bien, il y en a partout en ce moment. Sur Calicoandtwine, la recette pour faire du baume pour le corps au pissenlit.

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VERT : Forcément la couleur de la saison et celle que j'ai choisie pour repeindre l'un des murs de ma pièce principale. Il s'appelle Vert renversant et est un peu plus clair que sur la photo.

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 COURONNE : éphémère avec les fleurs du jardin pour égayer la porte de la chaumière bleue.

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ET VOUS ?

Comment allez-vous en ce début de printemps ? Laissez-moi un petit mot, donnez-moi de vos nouvelles, j'ai hâte de vous lire !

 

See you soon !

Marie *

Posté par marie agapanthe à 17:05 - Commentaires [37] - Permalien [#]