Marie et les agapanthes

24 avril 2021

Humeur printanière

        Trois mois que je n'étais pas venue par ici. Trois drôles de mois où lassitude et résignation se sont mêlés jusqu'à ne faire plus qu'un. Je me suis souvent fait  l'impression d'être une cocotte minute bouillonnante d'envies et d'énergie mais au couvercle bien vissé pour ne pas laisser s'en échapper la moindre petite parcelle. La vie s'est écoulée, monotone, un peu morose, à tenir bon en attendant mieux. J'ai surtout travaillé, beaucoup. Et puis j'ai lu, beaucoup aussi. J'ai fait un peu de cuisine, de la confiture, des gâteaux, mais pas trop, car les kilos superflus accumulés après le premier confinement sont toujours bien accrochés.

Et puis un jour les premiers rayons du soleil printanier sont venus réveiller ce qui était dormant, bien enfoui sous des couches protectrices. Les envies se sont faites plus pressantes, l'envie d'y croire est revenue. Quand il fait beau, que les rayons du soleil frappent aux carreaux des fenêtres et viennent égayer les pièces encore endormies après un hiver qui a semblé plus long que d'habitude, je mets de la musique à fond et je danse pour moi, pour me sentir bien, pour sentir l'espace autour de moi, pour sentir mon corps vibrer à nouveau, renaître après une longue hibernation. Ca fait du bien, ça dessine un sourire sur mes lèvres, ça me fait pousser des ailes, ça m'incite à aller de l'avant et à me lancer de nouveaux défis, ça me redonne la pêche tout simplement. J'ouvre en grand portes et fenêtres dès que la température le permet et je pars pour une longue promenade dans la campagne faite de beaucoup de rêveries mais aussi d'émerveillement devant la nature qui renaît. Je m'arrête et je contemple la cîme des arbres fleuris sous un ciel bleu. J'inspire profondément, je m'enivre un peu de l'air tout léger du printemps encore timide. Il faut encore secouer les lambeaux d'hiver qui restent accrochés aux jours pourtant de plus en plus lumineux. Je m'assied sur le banc devant la maison pour boire mon thé en me chauffant au soleil printanier. C'est le printemps et je me sens revivre, enfin.

20210225_152840

20210227_133228

20210227_133258

Quelques jours à Toulouse pour garder deux petits bambins plein d'énergie le temps d'admirer la floraison des mimosas,des magnolias et autres arbres à fleurs.

Pendant ces trois drôles de mois, j'ai  rempli ma vie de fleurs. Facile, pour cela il me suffit de pousser la porte, et de faire quelques pas dans le jardin munie d'un panier et d'un sécateur pour y cueillir ce qui se trouve à portée de main, les branches ornées de baies, de petits chatons ou de minuscules pousses vertes.

Chez moi le jardin est un peu fouillis. J'essaie vainement de lui donner un semblant d'organisation mais les plantes n'en font souvent qu'à leur tête. Preuve s'il en est que mon jardin vit sa vie dans un joyeux désordre : au premier passage de tondeuse de l'année, j'ai épargné volontairement les grappes de primevères qui s'éparpillent gaiement sur ce que je n'ose appeler pelouse. Elles sont tellement jolies dans leur déclinaison colorée qui va du blanc au violet foncé en passant par le jaune léger, le jaune soutenu, le parme, le mauve , le fuchsia et le pourpre que je ne saurais les sacrifier.

20210131_144209

20210331_155923

20210331_160126

Mes connaissances dans le domaine botanique sont très vagues, à peine étayées par quelques lectures ainsi que quelques conseils glanés auprès d'amies qui sont des jardinières émérites. Ma vision d'un jardin idéal est nourrie par toutes les visites que j'ai effectuées dans des jardins en Angleterre où je peux m'abîmer pendant de longues minutes dans la contemplation d'une "mixed border" bien pensée où le résultat qui paraît naturel est en fait le fruit d'une savante organisation. Tant pis, je me contente pour l'instant du mien aussi imparfait qu'il puisse être. Il m'offre au printemps, en plus des primevères, de belles jonquilles bien jaunes( depuis deux ans je me dis que je dois penser à mettre en terre en septembre des bulbes de narcisses blanches qui portent en anglais le joli nom de"paperwhites" et que j'adore ). et pléthore d'hellébores. Je les ai plantées blanches, elles poussent pourpres, allez savoir pourquoi ! Elles sont suivies de près par les tulipes qui ont du cette année subir un petit épisode de neige en pleine floraison. Associé aux températures très négatives il a hélas brûlé toutes les fleurs et bourgeons du pêcher, il n'y aura donc pas de pêches cette année;

20210304_153304

20210304_153448

20210304_153559

20210304_154102

20210304_160715

20210306_134838

20210217_143811

20210217_163806

20210406_202729

 En mars, le jardin vit sa période rose. Les prunus se couvrent d'inflorescences charnues. Au fond du jardin on ne peut que s'extasier devant l'abondante floraison neigeuse d'un arbre qui me semble être de la famille des cerisiers.  Disposées dans un contenant faisant office de vase, les branches fleuries font des bouquets qui sont parmi mes préférés. Cela fait quelques années que je n'utilise plus de "vrai " vase.  Les seaux en zinc, les pichets, les brocs, les bocaux et les bouteilles de toute taille font très bien l'affaire. C'est parfois hétéroclite, mais plein de charme et ça me plaît, c'est l'essentiel.

20210309_175843

20210320_160121

20210320_141052

20210320_143905

20210320_143935 

Quelques jours avant Pâques, on ressort tout ce qui ressemble de près ou de loin à un oeuf, un lapin, une cloche, un nid, même un oiseau histoire de se mettre dans l'ambiance même si le comité sera restreint une fois encore. Quelques jonquilles dans  une petite boueteille, des branches de forsythia dans un seau en zinc, les bouquets sont tout jaunes cette fois. L'occasion de dresser une jolie petite table et le plaisir de sortir des assiettes Astier de Villatte à la forme originale, rarement utilisées. Plaisir aussi de faire un Lamala en forme de lapin. Pour ceux qui ne connaissent pas, le Lamala signifie "petit agneau pascal" et était dégusté traditionnellement en Alsace pour le petit déjeuner de Pâques. J'ai emprunté mes connaissances en la matière ainsi que la recette au site de la Maison Alsacienne !  Battre trois blancs d'oeuf avec 90 g de sucre et un sachet de sucre vanillé pour obtenir une mousse lisse et un peu ferme. Rajouter délicatement avec une maryse 4 jaunes d'oeuf. Rajouter en pluie 60 g de farine et 30 de maïzena tamisées. Ajouter un zeste de citron et 30 g de beurre fondu. Beurrer et fariner le moule. Faire cuire 35/40 minutes à 170 degrés.

20210402_152403

20210402_152409

20210402_162412

20210402_175517

20210404_102006

20210404_122135

20210404_122153

 Oeufs teints avec du café.

 

LES  PLUS  DE  MON  HUMEUR  PRINTANIERE:

 ECOUTER : Amy Macdonald : Where you're gonna sleep tonight, pour se mettre dans l'ambiance

 Enchainer avec Viva la vida de Coldplay pour avoir la pêche .

SE PROMENER :  Sur les bords de l'Eure . Ca me rappelle la campagne anglaise, les Cotswolds par exemple. Je suis tellement en manque depuis un an de ce pays et de manière plus générale des Iles Britanniques et j'ai tellement hâte d'y retourner !

20210328_111425

LIRE : Il est  vieux et en piteux état mais sans aucun doute bourré de bons conseils, le Guide pratique du jardinier français.

20210422_151252 

PISSENLITS : C'est fou tout ce qu'on peut faire avec des pissenlits. Ca tombe bien, il y en a partout en ce moment. Sur Calicoandtwine, la recette pour faire du baume pour le corps au pissenlit.

20210402_153304

VERT : Forcément la couleur de la saison et celle que j'ai choisie pour repeindre l'un des murs de ma pièce principale. Il s'appelle Vert renversant et est un peu plus clair que sur la photo.

20210423_155849

 COURONNE : éphémère avec les fleurs du jardin pour égayer la porte de la chaumière bleue.

20210423_115334

 

ET VOUS ?

Comment allez-vous en ce début de printemps ? Laissez-moi un petit mot, donnez-moi de vos nouvelles, j'ai hâte de vous lire !

 

See you soon !

Marie *

Posté par marie agapanthe à 17:05 - Commentaires [36] - Permalien [#]


16 janvier 2021

Du balai !

         Allez hop, du balai,  2020 on ne veut plus jamais entendre parler de toi !

Je crois bien que tel était mon état d'esprit en cette toute fin d'année tant cette dernière nous a déçus et malmenés. Une année que l'on aimerait pouvoir jeter aux oubliettes alors qu'il est fort à parier que nous ne l'oublierons pas de si tôt et qu'elle restera dans les annales de l'humanité comme une année exceptionnelle dans le plus mauvais sens du terme. Malheureusement,  je ne parierais pas cher sur sa petite soeur 2021 tant celle- ci fait déjà parler d'elle !

 De fausses promesses en déceptions 2020 s'est  lentement délitée jusqu'à n'être plus que l'ombre d'elle même.  Pour se finir sur un Noël un peu à part.....

J'avoue que cette année l'Esprit de Noël a eu un peu de mal à s'installer dans la maison et qu'il en est reparti bien vite.  Il y avait tout pourtant, le vert du sapin allié à l'or des décorations, la blancheur des hellébores et la douceur des sucreries, la danse des petites flammes de bougies disséminées un peu partout dans la maison, des senteurs d'orange et d'épices, les sablés que l'on croque avec gourmandise, le froissement du papier de soie .... mais il y avait aussi une espèce de retenue, un je- ne -sais- quoi qui rappelait que ce Noël n'était pas tout à fait comme les autres et que nous ne pouvions le fêter en toute insouciance. 

Avec le même décalage qui m'a fait vous présenter mes vacances d'août dans le billet de décembre, je vous propose Noël en janvier !

20201205_172038

20201206_174053

20201206_174106

20201209_174217

Inspiration scandinave pour la déco cette année. Décryptage des ingrédients nécessaires à la réalisation de ce genre d'ambiance  : Beaucoup de blanc, du " vintage" et du brut: ici vieille fenêtre, vieille caisse, vieux flacons, vieux pinceaux et un petit mannequin. Du naturel : ici une branche de pin rapportée d'une promenade en forêt, des bulbes de jacinthe et une étoile en mousse. Sans oublier les petites lumières pour le côté festif.

20201224_162503

20201224_213347

20201224_175116

20201224_161933

20201224_161902

20201224_162257

Même principe pour la table. Bougies et hellébores dans des pots de fleurs anciens disposés dans une vieille boite à archives. Verres anciens chinés, mes assiettes chouchous en Terre de fer, couverts en argent chinés eux aussi, serviettes anciennes monogrammées teintes et un emporte-pièce ancien noué autour. Les jolies feuilles dorées de mon amie Sylvie @bienennormandie .

20201218_151035

20201222_170615

20201222_161441 

Il y a forcément du chocolat bien chaud et des sablés pendant la période des fêtes.

Au passage je vous donne des nouvelles de la bûche ( pour celles qui suivent - voir billet précédent ). Et bien elle était très réussie : une base biscuit financier coco surmontée d'une mousse coco et d'une mousse fruits de la passion. Glaçage miroir chocolat blanc.

20201225_150642

En décembre j'ai aussi ressorti mes pinceaux  remisés depuis deux décennies. Il est clair que j'ai bien perdu la main mais j'ai tout de même pris un grand plaisir à réaliser de minuscules aquarelles de saison. Ce n'est pas l'envie qui manque, la liste de mes envies est même beaucoup trop longue : écrire, broder, peindre, coudre, travailler le papier, le fil de fer ....... avec toujours ce grand ennemi, le temps qui me fait défaut .

20201209_154135

20201221_094237

20201215_135328

Pléthore de cartes et de cadeaux sont arrivés à la Chaumière bleue cette année. Tant que je ne saurais tous les montrer ! Broderies, livres, réalisations de papier et de carton, douceurs en tout genre, photophore, bijoux de bougie......et même une vraie truffe !!!   J'ai été submergée par tant de gentillesse qui tend à prouver que les amitiés qui se tissent sur la toile, bien que nées du virtuel, s'ancrent dans le réel. A vous toutes mes amies de blog qui vous reconnaitrez, je dis un très grand MERCI, vous avez contribué à rendre plus chaleureux ce drôle de Noël.

20201223_111655

20210111_134823

20210111_122126

20201217_130819

De haut en bas les cadeaux de By, Sylvie, Régine et Dominique.

Car Noël s'en est allé très vite, et c'est avec une pointe d'amertume que j'ai défait le sapin, rangé toutes les décorations dans leur boite, avec l'impression fugace d'être passée à côté de quelque chose, de n'avoir pas pu vraiment profiter de cette fête malgré les bons moments passés en famille. Est-il possible d'être tout à fait serein quand un virus se déchaîne sur la planète et que nous vivons au rythme des restrictions auxquelles nous nous adaptons, toujours bien sûr, mais en y laissant une partie de nous même ? Est-il possible de ne pas penser à tous ceux que le désastre économique laissera sur le carreau et pour qui, des mois voire des années difficiles se profilent ? Est-il possible de ne pas penser à tous ceux qui sont seuls et isolés ?

20210108_133318

20201219_183603

Fin décembre j'étais pressée d'en finir avec cette année maudite, impatiente de voir ce que la nouvelle allait nous apporter. Pas de grandes attentes, nous sommes échaudés. Ce que nous voulons tous c'est retrouver une vie la plus normale qui soit, pouvoir à nouveau nous projetter sur l'avenir et non plus subir un présent lourd. Le mois de janvier est toujours un mois que je trouve triste et long. Cette année s'y rajoute la douloureuse sensation d'être revenus au point de départ et de vivre dans un brouillard diffus qui a du mal à se déchirer pour laisser passer la lumière. Et pourtant, rappelons-nous que tout passe et que ceci passera aussi.

20210110_112941

Alors pour 2021 permettez-moi de vous présenter une "wish list" qui me semble à la fois raisonnable et indispensable : 

- Faire tomber les masques, respirer une grande bouffée d'oxygène et offrir notre plus beau sourire au monde qui nous entoure.

- S'asseoir à la terrasse d'un café pour y prendre le soleil.

- S'offrir une séance de cinéma.

- Aller voir un spectacle et applaudir à tout rompre parce qu'il était génial.

- Trainer en ville à la nuit tombée, regarder les fenêtres s'allumer une à une et sentir le bien-être vous envahir.

- Dresser une table dans le jardin et inviter ses amis à partager un repas, un après-midi, une soirée, un week-end, rire, parler, tirer des plans sur la comète et oublier l'heure qu'il est.

- Faire une valise ou un sac et partir en voyage. Où ? Peu importe ! ( En ce qui me concerne, pouvoir traverser à nouveau la Manche est une priorité )

- Embrasser et serrer dans nos bras sans crainte tous ceux que nous aimons !

- Dire à ce fichu virus : ALLEZ HOP, DU BALAI !!!!

 

Voilà à peu de choses près ce que je nous souhaite collectivement en 2021. 

                                                                    A bientôt, 

                                                                       MARIE *

 

                                          

                                      

 

 

 

 

Posté par marie agapanthe à 13:17 - Commentaires [28] - Permalien [#]

22 décembre 2020

Du sépia plein les yeux

    J-2 avant le réveillon de Noël !  Je vous imagine entouré-e-s d'une montagne de papiers cadeaux en train de finaliser les derniers paquets à moins que vous ne soyez fébrilement en train d'accrocher les dernières décorations qui orneront vos maisons, ou alors en train d' enfourner une nouvelle tournée de sablés de Noël en chantant à tue-tête " All I want for Christmas is youuuuuuuuuuu !" Bon, j'exagère un peu je sais, parce que ce Noël risque être bien différent des précédents et s'annonce triste et difficile à vivre pour beaucoup. Réveillon seul ou à deux, familles réduites à leur plus simple expression, masque obligatoire, distanciation sociale...., le coeur ne sera pas toujours à la fête.  Cela n'empêche que nous avons tous besoin de recréer un peu de magie pour traverser les journées sombres de l'hiver.

Vous avez ouvert votre boite mail vu que Marie Agapanthe avait publié un nouveau billet et vous vous êtes dit : chouette, elle va nous montrer son sapin, ses décos de fêtes, des petites bougies, des branches de houx, des cartes de voeux, des senteurs orange-chocolat- pain d'épices et que sais-je......d'autant plus que le titre du dit-billet a un goût prononcé de chromos et d'images d'Epinal pour enfants sages.

Que nenni ! Point de tout ça ! En lieu et place d'un billet de saison je vous ramène quelques mois en arrière dans le Finistère sud. Vous vous rappelez ? Je vous avais livré mes premières impressions bretonnes et promis de vous ramener dès que possible sur ce bout de terre qui s'avance dans l'océan. Et voilà, c'est aujourd'hui et ce sera mon cadeau de Noël: Je vous offre un petit bout de LIBERTE ! Celle qui nous fait cruellement défaut, celle que nous pensions détenir pour acquise, celle que nous espérons tous retrouver en 2021. Car il faut bien se l'avouer, nous en avons tous assez de cette année maudite qui s'éternise. Allez hop, c'est parti !

******************************************************************************

Un matin bleu, l'envie d'aller voir ce qu'il y a là-bas, juste en face, de l'autre côté de l'eau. Embarquer dans le petit bateau qui fait la liaison c'est déjà un avant goût d'inconnu, d'aventure, de voyage et on scrute l'horizon, le sémaphore blanc et noir,  les maisons qui s'approchent.

P1260618

P1260620

P1260626

P1260639 

De Loctudy à L'ïle Tudy

Quand on accoste, les rues sont désertes, les tables des terrasses sont rangées, les parasols repliés, tout cela a un goût de fin de saison. On se promène un peu sur la grève, la quiétude à peine troublée par les cliquetis des drisses sur les mâts des voiliers. 

P1260634

P1260662

P1260659

P1260658

P1260654

P1260660

Les petites chaussures de plage oubliées sur la plage de l'île Tudy sonnent la fin de l'été.

A peine un peu plus loin, à Bénodet, j'ai vraiment eu l'impression de me retrouver dans une carte postale un peu ancienne, du sépia plein les yeux, une douce nostalgie des vacances d'antan dans l'air. Aucun trucage ni filtre sur cette photo, les couleurs sont ressorties telles quelles.

20200825_160410

P1260690 

Ah ! L'insouciance des jours heureux, où un seau, une pelle, une épuisette et une flaque d'eau suffisent au bonheur. (Photos prises à la dérobée ) 

P1260700

P1260701

Bénodet a le charme suranné des stations balnéaires du début du vingtième siècle. Les belles maisons de famille se souviennent encore de vacances avec les cousins, de joyeuses tablées le soir après la baignade, la peau joliment dorée, un goût de sel sur les lèvres. Les enfants devenus parents à leur tour, puis grand-parents regardent avec tendresse la nouvelle génération renouer avec les plaisirs qu'ils avaient eu dans leur enfance, jouer au mêmes jeux, s'émerveiller de tout, éclater de rires fous et s'endormir des étoiles de mer plein la tête.

P1260694

P1260708

Bénodet c'est aussi l'occasion d'admirer des petits bijoux de l'architecture art déco : la maison qui s'avance telle la vigie d'un bateau ou la villa qui se prenait pour un paquebot. 

P1260706

P1260695

P1260705

Bénodet est un peu hors du temps et a la douce saveur de vacances couleur sépia sur lesquelles règne une paisible atmosphère.

 ******************************************

Arrrgh  .......C'est à ce point crucial de ma narration que je suis obligée de m'interrompre. Voyez-vous, je fais deux choses en même temps (c'est, j'en conviens, une habitude détestable, mais je ne sais pas faire autrement ) et là, je suis en plein préparatifs culinaires, patissiers à proprement parler. Je dois poursuivre la réalisation de ma bûche : j'ai coulé une mousse coco dans mon moule à bûche et je l'ai laissée prendre au congélateur. Il est temps d'y rajouter une mousse fruits de la passion et le biscuit financier coco par dessus avant de la remettre au froid. Le jour J, je verserai le glaçage brillant dessus avant de la décorer. Et puis les fournées de sablés se succèdent, ils seront mangés au petit-déjeuner du 25 décembre. Attendez-moi, je reviens......🥯🍪🍰🎄⭐

                                                    ******************************************

A toutes vacances il y a un dernier jour. Aurait-on pu trouver point d'orgue plus majestueux, théâtral et dramatique que l'impétueux chaos rocher de la pointe du Raz avec le phare de la Vieille en ligne de mire?  L'endroit m'a tout de suite rappelé les côtes plus sauvages de la grande Cornouailles de l'autre côté de la mer.  Ici, sous le soleil, cela m'a paru  plus sage, plus petit, un peu plus dompté mais les apparences sont trompeuses.  La mer s'engage en grondant dans le gouffre sous la pointe et de violents courants animent le raz entre la pointe et l'île de Sein.

P1260743

P1260754

P1260755

P1260758

P1260768

P1260759

P1260761

La fin de la journée fut glorieuse. Baignade dans la Baie des Trépassés dont le seul nom m'évoque avec frisson des tempêtes terribles, les hurlements des naufragés et leurs esquifs balottés et déchiquettés par un océan devenu hostile allié à des vents sinistres.

Point de tout ça aujourd'hui, la baie est tranquille sous un ciel d'un bleu méditerranéen. Le bonheur est parfait. Je ne pense plus aux difficultés des mois écoulés et ne pense pas encore à la rentrée toute proche ( si seulement j'avais eu connaissance de ce qui nous attendait tous ! ) , seul demeure le plaisir immense de ne faire qu'un avec le ciel , l'eau et l'endroit tout entier. Des jeunes s'entrainent au surf et j'admire leur ténacité à remonter cent fois sur leur planche après être tombés cent fois à l'eau.

P1260779

P1260780

P1260781

P1260786

P1260787

P1260788

 

Toute bonne chose ayant une fin, il a fallu se résoudre à quitter ce petit paradis en se promettant d'y revenir, de prendre plus son temps, de s'y laisser tranquillement vivre.

Et puis, au départ, passage obligé par une fabrique de galettes et crêpes, histoire de faire une petite provision. Dans le plus strict respect des règles sanitaires s'il vous plait !

P1260794

 

Voilà, c'était mon petit cadeau. Au plus noir de l'hiver une bulle de liberté, de grands espaces, d'air pur et d'insouciance parce que nous en avons tant besoin ! Et comme je ne suis pas susceptible de revenir sur ces pages d'ici Noël, je vous souhaite à tous du fond du coeur un :

 

                                                   TRES JOYEUX NOEL !!!!!

                                                      MARIE *

PS : Je viens de me relire et remarque que j'ai souvent employé le mot " goût" dans ce billet. Serait-ce le fait que j'ai fait pas mal de pâtisserie tout en le rédigeant ? 😁

Posté par marie agapanthe à 19:25 - Commentaires [32] - Permalien [#]

26 novembre 2020

Impressions bretonnes

           Et nous revoici quelques mois plus tard à peu près au même point.  Confinement, attestations, déplacements autorisés....... l'actualité s'est emballée et nous a entrainé dans une tourmente qui nous laisse pantois et malmenés avec toujours cette soif d'évasion que nous ne pouvons étancher.

Alors comme il nous est encore impossible de nous déplacer " en vrai", là où nous voulons,  c'est une grande respiration que je vous propose, un bol d'embruns et d'air salé, de landes et de rochers. C'était à la fin du mois d'août dernier, une promenade de quelques jours à peine sur cette langue de terre qui s'avance dans l'océan comme pour mieux le défier et que l'on appelle Finistère, la fin de la terre et le début du saut dans le grand inconnu de l'océan.

Du Finistère, Penn-ar-Bred en breton, je ne connaissais rien ou presque. J'attendais des phares et des bateaux, j'en ai eu. Des ports entre deux eaux, paisibles dans une somnolence douce qui ferait presque oublier les soirs de tempête quand la mer se déchaîne et que les vents s'égosillent à s'en briser la voix. hurlent et se fracassent sur la raideur gourmée des sémaphores sans jamais les ébranler.

P1260464

Pêche tranquille au Guilvinec.

20200823_164455 

Le phare d'Eckmühl sur la pointe de Pennmarc'h

P1260447 

Duo de barques, vert menthe et bleu céleste.

P1260452 

La jetée trace un chemin sinueux qui semble se prolonger à l'infini, ou presque.

P1260454

20200823_204711

 A la tombée de la nuit le silence se fait sur la pointe de Pennmarc'h, à peine troublé par un léger clapotis de l'eau.

J'ai été saisie par la magnificence des soirs au coucher quand le soleil tombe en flamboyant et ourle chaque nuage d'un liseré rose vif . Le ciel se glisse ensuite dans une couverture ouatée d'un parme tendre mêlé de rose avant de rendre à la nuit les êtres et les choses. 

 P1260470

P1260478

P1260479

 P1260723

 C'est d'une beauté à couper le souffle et le calvaire découpé en ombre chinoise sur le crépuscule naissant restera longtemps à veiller sur les lieux alentours dans sa hiératique solitude. 

P1260722

****************

Le lendemain c'est Locronan. Une apreté de pierre qui raconte le temps des contes et des légendes au coin du feu en un temps pas si ancien que ça et où la vie était bien rude. On pourrait presque l'oublier tant le village a l'aspect pimpant du remis à neuf. Les touristes abondent dans les ruelles pavées, passent d'une boutique de souvenirs à l'autre cornet de glace dégoulinant à la main et je me sens en parfait décalage avec eux, un peu dérangée par le côté trop " parc d'attraction " du lieu. Je sais bien que c'est pour cela même que de tels villages sont sauvés de la ruine et de la décrépitude mais je préfère fuir l'animation de la place et de la rue principale pour m'abîmer dans la contemplation d'un mur de pierres, d'une porte bancale ou d'une façade rongée par les ans qui me chuchote tout une vie de labeur, celle de la Bretagne côté terres.

 

P1260505

P1260516

Ne dirait-on pas un puzzle parfait où chaque pierre a sa place ?

P1260517

P1260523

 

Encore un autre puzzle à moins que ce ne soit un tableau très géométrique.

P1260524 

P1260535

Je ne me suis pas assise sur ce banc et pourtant, il offre l'endroit propice à la contemplation et à la méditation.

La religion n'est jamais bien loin quand on est en Bretagne et le calvaire au Christ supplicié se rappelle encore les longues processions en coiffe de dentelle qui pleuraient un fils ou un mari trop tôt disparu en mer, la douleur,  les lamentations, les prières et les oraisons funèbres. Comme Victor Hugo avait raison lorsqu'il écrivait dans Oceano Nox :

"Oh! Combien de marins, combien de capitaines qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, Dans ce morne horizon se sont évanouis! Combien ont disparu, dure et triste fortune ! Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune, Sous l'aveugle océan, à jamais enfouis ! "

P1260532

P1260530

P1260504

En fait tout est question d'équilibre, de dosage. Rénover mais respecter. Préserver sans dénaturer et on ne peut que saluer  le soin que les habitants de ce village apportent à leurs extérieurs, les petits rideaux au crochet si mignons, les potées de géranium, les anémones, les roses trémières et les hortensias macrophylles. Tout cela a du charme, c'est certain .  

P1260522

P1260499

P1260503 P1260529

P1260507

 ***********************

Pousser plus à l'ouest encore, jusqu'au cap de la Chèvre sur l'île de Crozon. Se perdre , seuls au monde ou presque, car le ciel menaçant et la pluie ont freiné les ardeurs des promeneurs, dans les landes de bruyère mauve jusqu'à tenter d'apercevoir  dans le poudroiement de brume les" Tas de pois", ces étranges petits rochers qui sortent bravement la tête de l'eau à la pointe de Pen Hir.

P1260563

P1260567

Voilà exactement le genre d'endroit dans lequel je me sens bien. Bien comme dans les immensités des Highlands, les Hautes terres de l'Ecosse, bien comme sur les côtes de Cornouailles, bien comme dans tous ces lieux un peu isolés où l'on ne fait plus qu'un avec la nature qui vous entoure.

P1260571

P1260574

20200824_165424

***************************

Personne ou presque le soir au cimetière marin de Camaret sur mer. La journée s'y achève au milieu des épaves qui se désagrègent un peu plus chaque année, rongées par la corrosion. Chaque coque de bateau est à mes yeux une véritable oeuvre d'art où le temps et les éléments ont fait leur ouvrage et continueront de le faire. La beauté se trouve parfois dans le plus improbable des lieux.

20200824_184023

P1260595

P1260596

P1260600

P1260599

 

La balade ne s'arrête pas là, elle fait juste une pause, je vous raconte la suite dans quelques jours, c'est promis !

 

                                                              A  très bientôt

                                                                    MARIE *

 

Posté par marie agapanthe à 20:15 - Commentaires [31] - Permalien [#]

21 octobre 2020

Au grands maux, les grands remèdes

      Inutile de se voiler la face, force est de constater que la période que nous vivons n'est pas des plus faciles. Après un printemps morose suivi par un drôle d'été, nous voici arrivés dans un automne pétri d'injonctions et de contraintes, dont les contours sont dessinés par le spectre d'un virus galopant tel un cavalier invisible. Depuis début septembre mes journées au travail n'ont pas été des plus rigolotes. Comme pour beaucoup d'entre nous mon travail ( et encore j'ai la chance de pouvoir travailler ) a changé du tout au tout. Mes semaines ressemblent désormais à des marathons dont mes collègues et moi ressortons usés et nous cherchons tous un moyen de nous évader de ce quotidien difficile. En dehors des balades dans la campagne le soir qui me lavent de ma journée je tente de puiser dans les week-ends les forces qui me permettront de repartir du bon pied le lundi matin.

Depuis trop longtemps je ne faisais plus grand chose de mes dix doigts alors que l'envie ne m'en manquait pas. Lorsque je suis tombée sur la proposition d'atelier fil de fer par Astrid   j'ai longtemps tergiversé. Je tergiverse souvent quand il s'agit de décider des " à côtés". Sans doute un relent de culpabilité Judéo-chrétien fortement ancré dans mon Adn associé à une certaine forme de timidité et d'appréhension qui m'interdit de m'octroyer de bons moments et contre lequel je dois me battre sans relâche. C'est ce sentiment qui m'a en partie gâché l'existence, empêché de faire tant de choses mais, avec le temps, je m'améliore ( A ce sujet je vous invite à lire le billet du 17 octobre écrit par Gaëlle du blog A part ça qui résume très bien ce combat intérieur auquel je fais si souvent face .). Alors j'ai foncé, j'ai écrit un message à Astrid puis j'ai pressé sur la touche "envoi" du message, très vite pour ne plus avoir à reculer. Et je ne l'ai pas du tout regretté. Je me suis d'ailleurs demandé comment j'avais pu hésiter car c'était génial. Une fois l'atelier terminé je suis repartie en chantonnant au volant de ma voiture et c'est à ce moment- là que j'ai réalisé à quel point j'avais besoin de cette pause créative . Aux grands maux, les grands remèdes !

Prenez un joli endroit : la très belle demeure de Sylvie  dans la campagne normande, des personnes d'agréable compagnie, et un bel après-midi d'automne. Ajoutez-y Astrid en professeur très patient pour apprendre à dompter un fil d'acier rétif entre des mains malhabiles afin de le transformer en herbes folles, brindilles et branches et vous obtiendrez un joli bougeoir.

20201003_145739

20201003_154638

20201003_161159

20201003_180331 

Quelques touches de doré plus tard la corolle gracile entoure un mignon lumignon de chez Bloolands imitant à la perfection une vraie bougie. Il ne lui manque plus qu'un ruban de tafetas bleu un peu passé façon boudoir dix-huitième. 

20201004_163441

20201004_165136

 

Autre week-end et autre lieu, complètement différent celui-ci ! Par un mouvement inverse à celui des Parisiens en quête de nature qui se hâtent de quitter la capitale pour rejoindre des contrées plus verdoyantes, j'aime quitter mon petit bout de campagne pour me rendre à la capitale. De Paris j'aime le fourmillement , l'agitation et les lumières de la grande ville,  l'architecture, et la vie culturelle. ( Je suis pleinement consciente du fait que si je vivais à Paris, coincée entre les quatre murs d'un petit appartement, je n'aurais qu'une hâte : respirer l'air des grands espaces ) Quand il s'est agit de réserver une soirée au Palais Garnier, j'ai une fois encore longuement hésité. La danse c'est ma passion et depuis toujours je caressais le rêve un peu fou d'assister à un spectacle de danse à l'Opéra. Alors tant pis si le billet est un peu cher, je peux bien me nourrir de pâtes pendant un mois me suis-je dit. Là non plus, je ne l'ai pas regretté.

20201009_181529

20201009_160819

20201009_160827

20201009_185903 

20201009_192343

Délicieuse anticipation sous la coupole dessinée par Chagall et le temps soudain suspendu l'espace des "Trois Gnossiennes ", musique Erik Satie, chorégraphie HansVan Manen, fabuleusement interprété par le duo Hugo Marchand, Ludmila Pagliero. Hugo Marchand accompagne avec élégance et justesse les mouvements si précis et délicats de sa partenaire pour dessiner des lignes très pures et très claires. Un moment de grâce absolue pendant lequel on retient presque son souffle.

E

trois gnossiennes 

Autre moment de pur bonheur avec Hannah O'Neill et Vincent Chaillet qui ont interprété avec fougue et brio Herman Schmerman, chorégraphie de William Forsythe. Entre fausse nonchalance et grande technicité, le duo fonctionne très bien et met le coeur des spectateurs en joie et c'est sur un petit nuage que j'ai quitté l'Opéra avec la ferme intention d'y revenir.

svetlana_loboff_opera_national_de_paris-202009-proscenium-a-svetlana-loboff-onp-171-herman-schmerman-hannah-o-neill-vincent-chaillet_0

Etoiles-05-octobre-2020-34 

Toutes les photos sont issues du net, la prise de photo étant interdite lors du spectacle.

La tête encore un peu, beaucoup dans les étoiles, une pirouette, deux entrechats et un grand jeté plus loin - de la danse à la mode il n'y a qu'un pas -, j'ai poursuivi le lendemain au Palais Galliera avec l'exposition Gabrielle Chanel, un manifeste de mode. Là encore, des lignes sobres, fluides, épurées pour épouser au mieux le corps des femmes et sublimer leur apparence. Des tenues intemporelles créées par une grande dame dont le parcours, la force de caractère et la ténacité à s'affirmer malgré des origines modestes et dans un monde masculin, force l'admiration et le respect.

20201010_125859

20201010_130229

20201010_131045

20201010_130516

20201010_131339 

Loin d'être fini, ce week-end parisien s'est achevé avec l'exposition "L'âge d'or de la peinture danoise " au Petit Palais. Trois Palais en l'espace de 48 heures, c'était une première !

20201011_141302

20201011_124707

Vue du lac Soterdam de Christen Kobke

L'exposition présentait des oeuvres datant de la première moitié du dix-neuvième siècle qui n'est pas d'ordinaire ma période de prédilection dans le domaine artistique mais j'ai retenu quelques pépites.

Des portraits de fillettes au visage doux qui vous fixent intensément de leur regard paisible.

20201011_121810

 

Meta Magdalene Hammerich et Kristiane Konstantin Hansen de Constantin Hansen

 

20201011_121841

20201011_122025 

Un étude de ciel avec un cadrage très original, très moderne même.

20201011_123739 

Des toiles baignant dans la chaleur des rivages méditerranéens qui rappelent l'incontournable voyage vers l' Italie et plus largement vers l'Europe du sud d' artistes partis parfaire l'étude sur le motif de paysages sous des cieux plus cléments que ceux des pays septentrionaux.  Les après-midis s'alanguissent sur la Loggia de Martinus Rorbye et quand on ferme les yeux on croit sentir le souffle tiède de la brise marine vous bercer mollement.

20201011_115651

 

Vue d'Athènes de Martinus Rorbye

20201011_125055

                                                                                                             La loggia de Martinus Rorbye

Les chemins de la campagne danoise sont bucoliques à souhait et les ciels aussi translucides que ceux des contrées méditerranéennes.

20201011_124730

 Le pont de Dankvart Dreyer

Mais les façades des villes attirent tout autant mon oeil.

20201011_125740

L'hiver de Jorgen Roed

20201011_125443

     Les façades de Frederik Sodring

Porte ouverte sur un intérieur ou fenêtre ouverte sur l'extérieur, invitation à la rêverie de l'intime, et l'appel des espaces infinis.

20201011_125656

Entrée du jardin du presbytère de Christen Dalsgaard

Je crois bien que finalement c'est cet appui de fenêtre qui aura ma préférence. J'imagine que c'est une fin d'après-midi. Un rayon de soleil caresse doucement les pages du livre que l'on a négligemment posé et effleure à peine les inflorescences des plantes dans les pots de terre. Le menton appuyé sur la main, on regarde le ballet des bateaux à voile dans le port et le ciel se teinter de rose jusqu'au moment où il se mettra à flamboyer et que les choses retourneront au silence.

20201011_125427

 Vue depuis la chambre de l'artiste de Martinus Rorbye

Une parenthèse parisienne qui aurait été bien moins agréable s'il n'y avait eu ces moments d'amitié partagée. Une soirée douce pour se tisser de jolis souvenirs chez mon amie Triskell , la ligne 13 et joliment fleurie avec les petits bouquets que j'aime tant de Aoyama flower market. C'est avec elle que j'ai effectué ce voyage en peinture au Danemark ( et j'espère bien en faire beaucoup d'autres ! )

20201010_201931(0)

20201010_202029

20201010_205531

 

                                        Je reviens vous voir très vite 

 

                                                  CARPE DIEM

                                      MARIE*

Posté par marie agapanthe à 20:25 - Commentaires [28] - Permalien [#]


22 août 2020

Echappée belle : 3/3 Passion murs peints

Pour ceux qui n'auraient pas suivi : ce billet est le troisième volet d'une échappée belle en Allemagne au mois de juillet dernier. Il fait suite à 

1. Le soleil de Constance.

2. La pluie des Alpes bavaroises.

   Il me semble que toujours j'ai été attirée par les murs peints, les fresques et les trompe l'oeil.  Je me rappelle avoir peint quand j'avais 16 ans un motif naïf sur les murs blancs du petit bureau de ma mère : une paysanne slave avec son fichu , sa grande jupe et ses bottes, des semis de fleurs et de grands oiseaux colorés. Des années plus tard, dans l'une des maisons que j'ai eue, j'ai peint de grandes jonquilles sur l'un des murs de l'entrée et j'ai transformé la porte d'un abri de jardin en cabine de plage avec des serviettes et un maillot de bains négligemment posés sur la porte.  Aujourd'hui encore, la vision d'un mur peint, à l'exception de tout ce qui ressemble de près ou de loin à un graff, m'arrache des " Oh !" de ravissement et ce, malgré un côté parfois kitch .

Nous sommes dans le sud de la Bavière, région où pour vous saluer, les gens font usage du traditionnel " Grüss Gott" ( littéralement " Que Dieu vous salue " ) et où la tradition d'orner les façades des maisons remonte au dix-huitième siècle. Le peintre s'affiche lui aussi dans un coin pour signer son oeuvre.

P1250667

P1250659

P1250698

 Et si je vous racontais une histoire ?

Il était une fois une petite fille qui avait de jolies boucles blondes et un bonnet rouge. On l'appellait " Rotkäppchen". Un jour, sa maman lui dit de s'en aller porter une galette et un petit pot de beurre à sa vieille grand-mère alitée de l'autre côté de la forêt.

20200715_125920

Elle lui recommanda de ne pas trainer en chemin et de ne pas s'éloigner du sentier sous peine de faire de mauvaises rencontres mais le loup étant malin, elle lui indiqua sans s'en rendre compte le chemin de la maison de sa grand-mère.

P1250707

"Tire la bobinette et la chevillette cherra".

20200715_125925

"Grand-mère que vous avez de grands yeux !"    "C'est pour mieux te voir mon enfant" .

"Grand - mère, que vous avez de grandes dents !"    "C'est pour mieux te manger !"

Sur ces entrefaits, le loup se jetta sur la petite fille et la dévora.

20200715_125951

Un chasseur qui suivait la piste du loup ouvrit le ventre du loup pour en sortir Rotkäppchen et sa grand-mère. ( Version des frères Grimm qui se termine bien mieux que celle de Charles Perrault )

P1250711

20200715_125057

La maison du petit chaperon rouge à Oberammergau ( Alpes bavaroises ) fait face à la maison de Hansel et Gretel.

 

20200715_125340 

Le conte se parcourt le long de la façade comme s'il s'agissait d'un livre ouvert ou d'une bande dessinée géante : Le père qui part dans la forêt pour y abandonner ses enfants car la famille est confrontée à la famine. Les enfants abandonnés, passant la nuit dehors. La maison en pain d'épices ornée de sucreries si attirante. La rencontre avec la sorcière au prime abord affable. Hansel emprisonné et engraissé par la sorcière pour lui servir de repas et Gretel employée aux tâches ménagères. La sorcière poussée dans le four par les deux enfants et finalement le retour à la maison. L'histoire se finit bien elle aussi : les enfants prennent les richesses de la sorcière dans leur fuite. La pauvreté de la famille est donc vaincue et la dernière image célèbre la joie des retrouvailles.

20200715_125551

20200715_125615

20200715_125547 

A Oberammergau, Garmich-Partenkirschen et dans les villages avoisinants, l'art pictural hésite sans cesse entre le profane et le sacré. Transmission de l'histoire Sainte et allégories chrétiennes ou  contes, scènes de la vie quotidienne, folklore local, petits métiers et célébrations de la joie d'être ensemble. Les murs se font décor de théâtre et transposent le spectateur dans un monde imaginaire. 

P1250654 (2)

P1250655

On pourrait rester des heures à regarder tous les petis détails de la peinture qui orne cette façade. Jour de liesse, jour de banquet.  Sur la gauche, un couple danse au rythme du chant joyeux entonné par les musiciens. Une servante surveille la volaille qui rôtit sur le feu. On a mis un tonnneau en perce pour boire à la santé d'un couple, des jeunes mariés peut-être ? Le petit chien de la maison s'est dressé sur ses pattes et a posé son museau sur la table , histoire de ne pas en perdre une miette !

P1250656 

Les artistes sont toujours mis à l'honneur dans un coin du cadre.

P1250661

P1250663=

A la croisée des chemins, les voyageurs se sont arrêtés pour faire une halte à l'auberge : le colporteur  avec son lourd paquetage qui va à pied de village en village proposer des objets de la vie quotidienne aux habitants des montagnes, le fringant cavalier sur sa belle monture, et le commerçant aisé avec son chariot bâché.P1250660

Une crucifixion grandeur nature. La religion fait partie de la vie de tous les jours dans cette région très pieuse de Bavière. Après avoir subi la guerre de trente ans et un épisode de peste en 1633, les habitants d'Oberammergau ont fait le serment de rejouer tous les dix ans la scène de la Passion pour les épargner de nouveaux fléaux.

P1250668

Ne dirait-on pas que quelqu'un cherche réellement à enjamber le balcon de la Pilatshaus ? Maison de Pilate

P1250731

Et que l'on va pouvoir descendre cet escalier monumental pour poser le pied dans le jardin ?

P1250674

P1250675

 On désigne par Lüftlmalerei cette technique picturale des façades typique de la Haute-Bavière et du Tyrol  du sud. C'est une peinture du vivant qui vit au rythme des quatre saisons et reflète l'âme des gens et leur époque.

P1250782

P1250783

P1250787

P1250788

Les tâches blanches sur les photos sont des gouttes de pluie. La piètre qualité des photos s'explique par les conditions météorologiques difficiles. Voir billet précédent .

P1250789

P1250791

P1250792

La région fait office de musée à ciel ouvert et on déambule le nez en l'air dans cet immense espace, les sommets  alentours perchés bien au dessus de nos têtes, traquant les détails d'une frise, s'abîmant dans la contemplation d'un trompe l'oeil, plongeant dans cet air populaire si vivace.

Il n'y a pas que dans ce coin de Bavière que l'on trouve des murs peints. A Lindau, au bord du lac de Constance, l'hôtel de ville est richement orné et il n'est pas rare de trouver des murs ornés de fresques au détour d'une ruelle de la vieille ville.    

P1250613

P1250589

P1250614

P1250606

P1250607

 Mais c'est à Stein am Rhein en Suisse,  petit bijour moyennâgeux tout près du lac de Constance, que cet art est poussé à son paroxysme.

P1260182

P1260171 (2)

 

P1260203

Chaque fresque est un véritable tableau qui transforme la petite ville en oeuvre d'art géante. 

P1260168 (2)

P1260169 (2)

Légende des deux amoureux : Deux amoureux appartenant à des familles ennemies ( ça rappelle Roméo et Juliette ! ) furent condamnés à mort puis graciés pour avoir demandé à mourir face à face et non dos à dos. 

P1260178 (2)

Mes connaissances en allemand ne me permettent pas de comprendre vraiment le lien qu'il y a eu entre le Sultan de Constantinople et le bourgmestre de la ville Rudolf Schmid Von Schwartzenhorn. (Voir texte sur la façade )

P1260183 (2)

P1260166 (2)

P1260174

P1260196 (2)

P1260201 (2)

P1260199 (2)

 Que fait donc Diogène dans son tonneau sur la façade de l'auberge du soleil ?

P1260162 (2) P1260194 (2)

Mais ma préférence va toujours aux motifs issus de la nature.

P1260204 (2) 

Les maisons n'ont pas de numéro et sont identifiées par un animal, par exemple ici un boeuf rouge.

P1260209 (2) 

Pour finir, quel joli symbole que celui véhiculé par la représentation d'une petite fille tendant la main à une vieille dame pour l'aider à pousuivre son chemin !

 

Ainsi se clôt cette échappée belle outre-Rhin effectuée au mois de juillet dernier sur trois pays : Allemagne, Autriche et Suisse, parfois sous un soleil éclatant parfois sous les averses mais dont je garde un très bon souvenir. Depuis le temps a filé vite. Les semaines qui ont suivi ont été bien chargées : séjour à Toulouse pour garder deux adorables bambins respectivement âgés de trois ans et de huit mois sous une canicule féroce, puis un passage éclair par la Provence avant de revenir ici en Normandie. Mais j'ai la bougeotte, et je repars demain pour quelques jours un peu plus à l'ouest d'où je tâcherai de vous rapporter quelques clichés.

Pour finir ce billet sur une note de fraîcheur,  je vous laisse aux impressionnantes chutes du Rhin non loin de Stein am Rhein.

20200720_130013(0)

 

PORTEZ-VOUS BIEN 

MARIE *

 

Posté par marie agapanthe à 10:33 - Commentaires [26] - Permalien [#]

08 août 2020

Echappée belle 2/3 : 2. La pluie des Alpes bavaroises.

   Il y a des plans qui marchent sur le papier mais qui ne fonctionnent toujours dans la réalité. L'idée paraissait bonne : profiter du séjour au bord du lac de Constance ( voir billet précédent ) pour pousser un peu plus à l'est et partir faire une parenthèse de trois jours dans les Alpes bavaroises histoire de respirer le bon air frais des montagnes, de se gorger de verdure et de faire de la randonnée dans une nature enchanteresse. 

Le début fut à la hauteur de mes espérances. Une arrivée en fin d'après-midi sous le soleil dans des paysages bucoliques. On se serait presque attendu à voir Heidi sortir de son chalet et faire sautiller ses tresses blondes dans les prairies d'alpage en allant rejoindre son troupeau de chèvres  vaches 😊.

P1250648

P1250733

P1250736 

Tous les ingrédients nécessaires étaient là : les sommets délicatement poudrés de neiges, les pentes verdoyantes, les forêts de sapins, les clochers à bulbe et les charmants villages aux maisons rassurantes ornées de fresques colorées.

20200714_191109

20200714_185706

20200714_185918 

Une " gasthaus " au nom pourtant prémonitoire " zur Sonne" ( au soleil ).

Sauf que.... dès le lendemain matin la pluie s'est annoncée. Pas n'importe quelle pluie. Pas celle régulière et courtoise des îles britanniques qui n'a jamais refroidi mes velléités de balade. Cette pluie là on s'en accommode, elle vous offre des accalmies régulières et fait partie du charme de ces pays. Non, une pluie agressive, tenace et décourageante qui se déverse à grands seaux sur vos têtes sans vous laisser le moindre répit. Des armées de nuages en ordre de bataille, toutes griffes dehors,  revenant à l'assaut par vagues successives, menaçantes et hostiles pour vous inonder. Sur les trois journées prévues, il y a eu trois jours de trombes d'eau quasiment ininterrompues. 😒 

A la question posée : "Est-ce qu'il fait souvent ce genre de temps par ici ?" il m'a été répondu avec une petite moue embarrassée" fifty-fifty". Il s'agissait visiblement du mauvais " fifty" !

J'aurais pu me consoler si l'hébergement avait été agréable. J'aurais fait contre mauvais fortune bon coeur, et j'aurais tranquillement lu dans mon logis en attendant le retour du beau temps. Sauf que...gros problème du côté de l'hébergement aussi ( que je ne vous recommanderais donc pas) . Je l'ai vite rebaptisé " ratskeller ", en gros " le trou à rats ". No comment.... Faux sur toute la ligne !  Il fallait trouver des plans B. Difficile dans un endroit où tout est axé sur des activités nature.

A Garmich Partenkirschen les touristes désoeuvrés arpentent les rues du centre-ville armés de leurs parapluies et chaudement vêtus. Il faut dire que la température avoisine les 14 degrés, gros changement après la douceur du lac de Constance. ( Le comble est que j'écris ce billet, trois semaines plus tard, dans le sud de la France, sous une chaleur caniculaire ). Les nuages descendent si bas qu'ils noient presque les habitations. Impossible ne serait-ce que de distinguer les sommets environnants. Je ne doute pas que la région soit belle, mais seules les cartes postales sur les présentoirs en sont la preuve. Adieu jolis lacs d'altitude étincelants, promenades bucoliques, vues imprenables sur les cîmes, panoramas époustouflants, le temps est à la petite laine et au bol de soupe chaude .

P1250802

20200716_111157

20200716_124302

Je suis vite devenue championne dans l'art de dégainer mon appareil photo lors des pauses de quelques minutes que la pluie voulait bien s' accorder pour saisir à la volée quelques clichés de cette jolie petite ville.

P1250808

P1250780

P1250811

A Garmisch j'ai poussé un gros soupir devant le joli hôtel Staudacherhof en pensant au "ratskeller" 😒. "Une autre fois "me suis-je dis,  si autre fois il y a. J'avoue qu' à ce moment précis,  la pluie avait passablement douché mon enthousiasme pour la région.

 

P1250777

P1250779

Plus loin  sur la route, inenvisageable de sortir de la voiture pour aller visiter l'abbaye d'Ettal que l'on devine belle derrière le rideau de pluie qui s'abat sur vous.

P1250776

Alors on reprend la voiture et l'on admire au passage encore des clochers à bulbes lustrés par les précipitations. Je dois reconnaître que, pluie ou pas, j'adore ce type d'architecture !

P1250836

P1250837 

  On pousse même,alors que ce n'était pas prévu, jusqu'à Innsbrück en Autriche histoire de voir si le temps y serait plus clément. La pluie s'y est arrêtée une toute petite heure, le temps d'aller faire un tour dans la vieille ville ( en gros travaux  de rénovation )

P1250745

P1250747

P1250771

P1250753 P1250743

P1250775

 Le sautoir à ski m'a rappelé les J.O. de 1976 dont j'avais regardé la cérémonie d'ouverture à la télévision. 

Le troisième jour, après avoir consulté pour la énième fois les prévisions météo en espérant vainement une amélioration, faire fi des intempéries et prendre le téléphérique pour se rendre au sommet du Laber au dessus d' Oberammergau. ( à découvrir dans le 3ème volet de cette échappée belle )

P1250883 

P1250848

Très vite la cabine flotte dans un nuage irréel et cotonneux dont émergent parfois de fantomatiques sapins.

P1250852

P1250853 

Au sommet, la pluie est dense et le silence solide. Sensation étrange d'être complètement coupé du monde. Et pourtant, ce sommet dans la brume devient le plus fabuleux studio photo qui soit pour immortaliser les fleurs qui poussent sur ses pentes ( et dont j'ignore le nom ). 

Je les ai mitraillées, les doigts gourds et dégoulinants, la vue brouillée par les gouttes. 

Mais quelle récompense ! Je ne me lasse pas de contempler émerveillée les clichés de ces fleurettes fièrement dressées dans la brume et de ces graciles ombellifères. Il est des trésors dans la nature offerts à qui veut bien les prendre et qui valent tous les trésors du monde.

P1250856

P1250857

P1250867

P1250868

P1250869

Plus bas sur le chemin qui redescend, on croise brusquement une vache qui vous regarde placidement.

P1250870

P1250876

P1250880

 

Je suis revenue de cette balade ( deux heures et demi de pluie diluvienne ) trempée de la tête aux pieds serrant contre moi mon appareil photo qui a bien failli rendre l'âme, l'eau ayant traversé l'étui soi -disant étanche.

J'ai changé de chaussettes, changé de chaussures, changé de pull et changé de veste puis je suis illico allée boire un bon chocolat chaud avec une touche de chantilly, fourbue, mais contente néanmoins d'avoir bravé les intempéries pour cette unique sortie nature qui me semble totalement surréaliste quand j'y repense.

***************************

Après trois jours, retour vers le lac de Constance avec un arrêt dans un lieu incontournable ( et plébiscité par les touristes vu la foule qui s'y presse ) : le majestueux château de Neuschwanstein de Louis II de Bavière. Un château d'opérette presque, fiché sur son éperon rocheux, avec ses tourelles, ses clochetons, ses arcades et ses ornements, niché dans un écrin de verdure, avec une vue imprenable sur la vallée. Un château des légendes allemandes qui " respire l'air du ciel" dixit Louis II lui-même. Impossible de le visiter cependant car, pandémie oblige, il ne tourne qu'à 10% de ses capacités et les visites sont  déjà réservées jusqu'à la fin de l'été. Pour en avoir lu la description je pense que l'intérieur doit être absolument remarquable ( Reviendrais-je un jour le visiter ? ). Aujourd'hui il faut se contenter de la visite du château qui lui fait face et dans lequel Louis II a passé son enfance, le château de ses parents : Hohenschwangau.

P1250923

P1250924

P1250930

P1250925

P1250951

Neuschwanstein ( le nouveau rocher du cygne ) fait face à Hohenschwangau. 

Puis, avant de quitter la Bavière, faire une pause dans ce lieu idyllique, au bord de l'eau, en contrebas des deux châteaux. On y passerait des heures à rêvasser et à laisser ses pensées vagabondes dériver sur l'onde turquoise, puis on le laisse à regrets car il est temps de reprendre la route.

P1250948

P1250965

P1250972

 Au moment de tourner le dos à la Bavière, passage par la jolie ville de Füssen. Après avoir boudé pendant trois longues journées , le soleil fait un grand pied de nez et décide de faire sa réapparition. Arrivée sous le soleil, départ sous le soleil, telle s'achève cette échappée belle dans les Alpes bavaroises.

P1250895

P1250892

P1250913

 En plus des centaines de photos engrangées lors de ces vacances ( je vous assure qu'il est difficile de faire le tri .  ), voici que j'ai rapporté :

P1250989

 

Du vin blanc et du miel du lac de Constance et.........une paire de chaussettes de Bavière. C'était plus que nécessaire, toutes les miennes étant trempées ! 😁

Suite et fin de cette échappée belle dans peu de temps avec le prochain billet : Passion murs peints

                                                                                A BIENTOT,                                                                                 

                                                                                              MARIE *

Posté par marie agapanthe à 15:15 - Commentaires [23] - Permalien [#]

30 juillet 2020

Echappée belle 1/3 : 1. Le soleil de Constance

Il est des décisions prises presque à la va-vite, au quasi-dernier moment. C'était un impératif indispensable, il me fallait sortir du bocal dans lequel je tournais en rond depuis des mois pour retrouver ailleurs un sentiment de liberté et de lâcher-prise.  Ce fut donc une échappée belle pour aller chercher le soleil sur les rives du lac de Constance également nommé Bodensee, niché à la confluence de trois pays : l'Allemagne, la Suisse et l'Autriche.

P1250428 

J'aurais sans doute pu rester là des heures à ne rien faire, à simplement regarder le ballet gracieux des voiliers qui effleurent à peine la surface de l'eau. Sur les rives du lac j'ai tout oublié, la morosité des derniers temps, les projets avortés, les renoncements et les jours sans fin. Le lac m'a libérée du poids que je portais depuis trois mois et soudain il m'a semblé que j'étais plus légère.

P1250557

P1250555

P1250560 

De la rive nord on aperçoit au loin les sommets des Alpes Suisses . Un zeppelin fait constamment le tour du lac pour rappeler que le zeppelin a été inventé ici, à Friedrichshafen. Un musée lui est même dédié.

P1260025

 Les journées n'appellent à rien d'autres qu'à une déambulation calme et tranquille sur les berges du lac juste bercées par le clapotis de l'eau que l'on ira tâter pour le plaisir. Elle est tiède et on peut s'y baigner. Les après-midi s'étirent avec nonchalance sur la terrasse sur laquelle on s'est installé. Comme il est bon de renouer avec l'art de ne rien faire si ce n'est de s'emplir de plénitude.

Le lac est un lieu de villégiature prisé mais les vacanciers sont discrets et courtois. Point de cette foule braillant haut et fort, de ces mères de famille énervées après leur progéniture, de ces adolescents trainant bruyamment leur ennui, de tous ces sans-gêne que l'on retrouve dans tous les endroits touristiques de la planète et que l'on a envie de fuir. A la place, un calme déconcertant qui donne presque des envies de chuchoter. Et pourtant il y a du monde, mais un monde respectueux qui n'élève pas la voix et vaque paisiblement aux occupations habituelles des vacances.

P1250494

Combien de fois ai-je donc imaginé toute une histoire, un roman devrais-je dire en regardant à la dérobée des personnes inconnues ! Que pourrait-t'on imaginer sur cette vacancière installée à la terrasse d'un restaurant ? Séjourne t'elle seule ici ? A-t'elle donné rendez-vous à quelqu'un qu'elle n'a pas vu depuis longtemps ? Quel souvenir l'anime ?

P1260126

P1250524

P1250522

Le lac de Constance c'est la riviera germanique. Des allures de Méditerranée, une luxuriance florale, une invitation à l'alanguissement. Sur l'île aux fleurs ( île de Mainau ), les palmiers et autres plantes tropicales rivalisent avec toutes les fleurs possibles et imaginables le long d'une promenade bucolique à souhait. J'y ai vu la plus belle collection d'hydrangea qui soit, de toutes formes, toutes tailles, toutes couleurs.

P1260057

P1260080 

P1260067

P1260047 

Coup de coeur pour ces baignoires remplies de plantes.

P1260066

P1260091

 

Et pour la baigneuse sur le bord du bassin.

P1260087

Mes pérégrinations dessinent la carte de la rive nord du lac : Uberlingen, la cité palafitte ( lacustre ) d'Unteruhldingen, la somptueuse église baroque du couvent de Birnau au milieu des vignes qui descendent en pente douce vers l'eau, les ruelles de la cité médiévale de Meersburg, le vignoble de Hagnau au milieu même du village, Friedrichshafen où les soirées sont si douces, la presque-île de Wasserbug avec son clocher à bulbe, la tour du vieux phare " Mangturm " de la jolie petite ville de Lindau nichée dans une île qui fait face au nouveau phare "Neuer Leuchtturm" à l'entrée de la rade du port, face au lion de Bavière.

map-of-the-bodensee 

Curieusement, presque toutes les cartes représentent le lac à l'envers. De ce fait la rive nord est en bas, et les sommets des Alpes Suisses au sud se retrouvent en haut. 

P1250535

P1250510

P1250455

P1250459

P1250496

P1250432

P1250449

P1250637

P1250629

P1250593

Plus au sud, non loin de l'île de Mainau, c'est Konstanz et sa statue "Imperia " qui tourne sur elle même à l'entrée de la rade.

P1260112 

*****************

Sur le lac, les bleus sont encore plus bleus qu'ailleurs mais rosissent à l'annonce du couchant.

P1250566 

Les teintes sont douces et se fondent les unes dans les autres comme pour composer une toile impressionniste juste illuminée par cette petite tache dorée, le soleil sur la coque du voilier.

P1250558

Très lentement le soir tombe, la surface de l'eau qui frissonne à peine se ride très légèrement et les toiles des parasols claquent mollement dans la brise vespérale.

20200712_202717

20200712_202729

20200712_203149 

Les silhouettes et les formes jouent aux ombres chinoises pendant que l'horizon commence à flamboyer pour offrir un spectacle sans cesse renouvelé.

20200712_204858

20200712_204924

20200712_214202

On aimerait prolonger encore un peu la soirée sur la péninsule de Mettnau, près de Radolfzell, et on se prend à rêver de séjourner dans l'une des belles demeures en bordure du parc au bord de l'eau où les couples d'amoureux improvisent un pique-nique jusqu'à la tombée de la nuit.

20200718_213218

20200718_214112 

20200718_214404

 

La nuit est tombée sur le lac, demain il sera temps de partir pour d'autre horizons.

        Je vous retrouve dans quelle jours pour l'épisode suivant : La pluie des Alpes bavaroises.

 

                                                           A bientôt

                                                                          MARIE *

Posté par marie agapanthe à 11:30 - - Commentaires [32] - Permalien [#]
Tags : ,

29 juin 2020

Après l'orage

 Après l'orage, il reste des perles de l'ondée, comme des petits bijoux précieux, nichés au creux des feuilles.

20200621_182605

20200611_083355 (1)

Les fleurs des champs ont poussé comme bon leur semblait dans un coin du jardin, parfaitement indociles, libres tout simplement. Je plisse mes paupières pour regarder dans la lumière crue du soleil du début d'après-midi les papillons voleter et la myriade de petits insectes qui y ont trouvé refuge dans un entêtant bourdonnement.

20200523_123432 

 20200523_124324 

Je fais rarement un tour au jardin sans ramener de grandes brassées de fleurs en bataille auxquelles j'essaierai vainement de donner un semblant d'ordre pour en faire des bouquets et je succombe sans hésitation au charme d'un nouveau panier.

Sèches, les fleurs continuent de me séduire par leur beauté gracieuse et exposeront encore longtemps leur port frêle et éthéré.

20200621_180447 (1)

20200621_180343 (1)

20200621_180140

Changer le monde grâce à des fleurs des champs ? Et si l'avenir appartenait aux rêveurs, aux idéalistes et aux poètes ? On a envie d'y croire bien sûr.

La chanson de Laurent Voulzy tourne dans ma tête depuis que j'ai lu le dernier billet d'Armèle. Utiles ? Futiles ? Plus j'avance et plus les fleurs ainsi que tout ce que la nature nous offre sont devenus mes indispensables.

" Je m'souviens on avait des projets pour la terre pour les hommes comme la nature, faire tomber les barrières , les murs......imagine le parfum, l'Eden, le jardin, c'était pour demain, mais demain c'est pareil, le même désir veille là tout au fond des coeurs, tout changer en douceur. Changer les âmes, changer les coeurs avec des bouquets de fleurs, la guerre au vent, l'amour devant grâce à des fleurs des champs..... changer le vieux monde pour faire un jardin, tu verras le pouvoir des fleurs..."

 **********************

Chaque année un peu plus généreux est le jardin de la chaumière bleue malgré mes piètres connaissances en botanique, mes balbutiements et mes erreurs dans l'art du jardinage. Les roses en tout cas ne m'en tiennent pas rigueur et sont chaque jour encore plus nombreuses à s'ouvrir. Elles sont rouges pour la majeure partie d'entre elles, ce qui est loin d'être ma couleur préférée pour une fleur mais elles étaient là bien avant moi et y seront encore sans doute longtemps après. Je rajoute peu à peu au jardin , au gré de mes coups de coeur, mes touches personnelles, des lupins blancs et des agapanthes bleues, des roses blanches et des anémones, des gauras et des asters.........tout cela dans un joyeux fouillis. Ressemblera-t'il un jour à ces jardins que je me plais tant à visiter et qui me font rêver ? Le doute est permis !

 

20200605_174109 

20200605_173911

20200605_173832

20200605_173727

20200601_200235

 

*************************** 

Après l'orage le soleil revient toujours et ses rayons un peu timides d'abord, s'immiscent et se glissent entre les fentes des persiennes. Tenter de les apprivoiser et de jouer avec les lignes géométriques qu'ils dessinent. Les coeurs mis à l'épreuve peuvent s'y réchauffer, reprendre des forces, y puiser un espoir, danser à s'étourdir et se réjouir des belles journées à venir.

 20200528_084905

IMG_20200529_163445_169

 

Après l'orage on a hésité un peu encore, pas tout à fait rassurés, mais on avait tant besoin de cette liberté retrouvée, de cette immensité, d'algues vertes et d'écume de mer, du vent qui claque au visage et de passer sa langue sur sa bouche tendrement salée. On avait besoin de ce ciel bleu sans nuage pour se sentir plus fort, pour se sentir vivant tout simplement.

20200531_110930

20200531_114340

 20200531_111939

Retrouver les falaises dont le regard est tourné vers leurs soeurs, de l'autre côté de l'eau, sur l'île dont l'accès est pour l'instant interdit et où j'éprouve une furieuse envie de me rendre.

J'ai des envies d'ailleurs, de vacances, d'espace et de liberté, d'horizons nouveaux. Comme une envie de secouer mes vêtements à l'air libre pour les débarrasser du poids des mois qui viennent de se dérouler, et regarder leurs lambeaux s'effilocher et disparaître dans le vent.

20200531_115012

20200521_161550

 

Après l'orage, retrouver le goût des choses douces, les goûters aux jardins,les chaises longues, les gourmandises et la rondeur des fruits rouges. Gâteau aux cerises très inspiré par le dernier billet de Dominique.

 20200624_163539(1)

 20200624_163847 (1)

Le soir, la guirlande lumineuse s'allume toute seule comme par enchantement et étire la journée avec indolence bien au delà de la nuit tombée. L'été est enfin là, jamais je ne l'avais attendu avec autant d'empressement.

20200620_222733

 

Après l'orage  ne signifie pas que l'orage est complètement passé. Il gronde encore, pas très loin, tapi comme un animal prêt à bondir et il ne nous est pas encore permis de relâcher totalement notre vigilance. Je suis éberluée voire choquée ou en colère de voir les agissements de certains. Ces foules qui se sont massées à Paris la nuit pour une fête démesurée convoquant le non-respect de toutes les règles de prudence mises en place.

Alors après l'orage , continuez à faire attention et à prendre de soin de vous.....

 

***********************

J'avais dit que je publierai un nouveau billet en juin, et j'ai bien eu du mal à tenir ma promesse. Les journées du mois écoulé ont ressemblé  à un sac plein à craquer dans lequel il serait impossible de glisser le moindre objet sous peine de voir ses coutures lâcher.

Je n'ai néanmoins pas oublié  ma promesse de fêter avec vous mon anniversaire de blog. Des 66 commentaires déposés sous mon dernier billet j'ai tiré au sort : (  drôle de coïncidence, tous les pseudos commencent par un M  ! ) 

              Mamica

             Mamyfrance

            Mariel 19

            Marie ( il y avait trois Marie mais il s'agit de celle dont l'adresse mail commence par emebar.... )

           Minne

Je vous contacte en privé pour avoir vos coordonnées.

                                                Passez un bel été !

                                                          M A R I E *

 

 

 

 

Posté par marie agapanthe à 10:00 - Commentaires [29] - Permalien [#]

09 mai 2020

Continuer 2

     Comment vous le dire ? Comment exprimer ma gratitude à la lecture de tous vos messages ? J'ai été touchée, émue, rassurée aussi de vous lire, d'apprendre que je n'étais pas la seule à vivre ces états d'âme pour le moins tourmentés. Ce qui est le plus beau c'est comme si tout à coup, je n'étais plus seule à l'écrire ce blog, mais que nous l'écrivions à 10, 20, 30, 40 mains et plus et qu'il sortait grandi et enrichi de ces échanges.  Un blog sans dialogue avec ses lecteurs n'a aucune raison d'être à mon sens. Alors MERCI d'être là tout simplement.  Je n'ai hélas pu répondre à Monique dont voici le commentaire :"Il faut absolument continuer.J'attendais avec impatience en ce moment de confinement un réconfort,c'est fait .J'adore votre prose et cela me permet de relativiser moi aussi. J'aime les belles photos et ......moi aussi,les fleurs blanches.
Merci d'être toujours au rendez-vous". car l'adresse mail et le lien n'étaient pas valides. Merci Monique !

20200502_170735

20200426_175604

20200426_175556 (1)

En général ignorées voire dénigrées, fleurs et plantes des talus, des boutons d'or aux euphorbes ont profité de l'absence d'entretien des bords de route pour pousser dans une luxuriante débauche et m'ont donné l'occasion de ramener des bouquets simples, comme je les aime. 

Bientôt deux mois que nous vivons cette injonction du confinement. Quand je vais faire mes courses, cela me fait bizarre de voir les affiches d'évènements qui n'ont pas eu lieu et que personne n'a pris le soin d'enlever: la foire à la puériculture du village voisin prévue les 14 et 15 mars, le salon du livre de mon village de la fin du mois de mars tout comme le salon dédié à la décoration d'une ville proche. Les tableaux noirs des salles de classe portent toujours la date du vendredi 13 mars. Un arrêt sur image qui me trouble, une vie qui s'est figée comme sur ces photos qui m'avaient tant frappées à l'époque : celles des manèges du parc d'attraction  abandonné de la ville désormais fantôme de  Pripiat en Ukraine après l'accident survenu à la centrale nucléaire de Tchernobyl. C'était en 1986, il y a tout juste 34 ans.

 20200423_183343

 20200423_170125

Alors que les affiches dans la rue jaunissent au fil des jours, le lilas blanc du jardin affiche une floraison miraculeuse pour la première fois depuis 5 ans.  Le viburnum a seulement été planté l'année dernière mais je peux déjà faire de volumineux bouquets de ses boules neigeuses. Les promesses de la nature sont mieux tenues que celles des hommes !

L'expérience collective que nous avons traversée nous a renvoyé face à nous mêmes, à nos fragilités, nos fêlures, nos doutes, nos questionnements, a été propice à la réflexion et même à  la remise en question.  Bien loin d'être un chemin linéaire, nous avons (re) découvert que la vie avait une dimension aléatoire et - comme l'exprime le philosophe Edgar Morin beaucoup mieux que moi- qu'elle n'est qu'un océan d'incertitude, avec parfois des oasis de certitude.  Pour ceux que cela intéresse voici un lien vers un interview d'Edgar Morin dans lequel il nous dit ces mots pleins de sagesse : " Attends-toi à l'inattendu " " L'incertitude reste un élément inexpugnable de la condition humaine."

20200502_160748

De l'ombre à la lumière, les chemins que nous empruntons se réinventeront entre la force de nos rêves et de nos désirs et une indispensable sagesse.

De la parenthèse dans laquelle nous sommes encore enfermés nous parviennent des bruits, des prémices, d'une vie qui reprend, un coin du voile qui se soulève timidement , un soupçon de liberté qui s'esquisse. J'ai des envies de briser les murs de cette prison, d'accrocher du vent à mes semelles et du soleil dans un coin de ma tête pour le nouveau défi qui nous attend . Oui, mais il nous faudra être plus vertueux, apprendre à nager dans les remous, oublier ce printemps différent pour arriver à renouer avec la légèreté et pouvoir CONTINUER .

20200423_172509

 Dans un coin du bureau, calme et sérénité.

A la question que je vous ai posée à la fin de mon dernier billet : Continuer ce blog ou pas ? , vous avez donné une réponse quasi- unanime et elle apparaît comme une évidence. J'ai toujours pensé que ce blog s'autodétruirait de lui même le jour où il n'intéresserait plus personne ou je n'aurais plus de lecteurs, ou le jour où il deviendrait trop " gnangnan" . Ce n'est pas facile de tenir bon quand on entend à différentes reprises l'expression :  " Au temps des blogs" qui vous relègue illico dans un placard rempli de toiles d'araignées avec le statut d'une espèce en voie de disparition, un dinosaure en quelque sorte.

A l'heure où Instagram règne en maître, choisir de poursuivre l'écriture d'un blog c'est choisir une vision plus lente de la vie. Quand je poste une photo sur instagram, ce qui ne prend que quelques secondes, des centaines vont la "liker ", des dizaines vont commenter et pourtant qu'ai -je montré de moi, qu'ai- je partagé ? Instagram est certes un outil formidable et nous donne un accès illimité sur le monde extérieur mais je demeure perplexe.  Des centaines de photos défilent sous mes yeux tous les jours, des " stories " qui vont tellement vite que je ne prends plus la peine de les regarder et au final qu'est -ce que j'en retiens vraiment si ce n'est un tourbillon plutôt superficiel très éphémère dans lequel je ne retrouve pas la saveur des vrais échanges.

Tenir un blog c'est à la fois ingrat et chronophage. Pour une dizaine d'heures passées à la rédaction d'un billet vous n'aurez pas de likes et probablement bien moins de commentaires mais le résultat sera plus gratifiant.  Ce sont ces interactions, ces partages qui vous pousseront vous donneront les ailes dont vous avez tant besoin pour  CONTINUER car sans les autres nous ne sommes rien.  

20200429_154540 

Le temps de la pause en cuisine, éloge à la gourmandise et à la " slow life ". Les sablés  à la compote de pommes ( recette  @enkgourmand ), encore et toujours les céramiques de Mo @reves d'argile et mes collections de moules anciens.

 ***********************************

J'ai ouvert ce blog, à la base consacré à la déco, il y a 9 ans déjà,  le 16 mars 2011. Il a donc largement atteint et dépassé son âge de raison et  a forcément évolué avec le temps. Certains me suivent depuis le début, d'autres sont arrivés en cours de route, certains sont partis, certains donnent régulièrement de leurs nouvelles, d'autres passent silencieusement sur la pointe des pieds quand d'autres encore viennent à peine de le découvrir. Il m'a apporté beaucoup et m'a permis de rencontrer des personnes formidables, devenues des amies importantes, que jamais je n'aurais rencontrées si je n'avais sauté le pas. 

Dans ce blog il y a de tout et beaucoup de moi, des ambiances déco, mon ancienne maison en ville et ma petite chaumière bleue à  la campagne, des jardins, des fleurs et des fruits, des créations et des recettes,  des objets de chine et de hasard, des livres et des assiettes, des fanions et des paniers, des miroirs et des tableaux,  des voyages, l'Angleterre et l'Ecosse,  de l'ombre et de la lumière, les brumes de l'hiver et le soleil de l'été,  des moments d'amitié, des rêves, des joies et des déceptions, des départs et des retours, des naissances et des décès, des promesses et des trahisons, du rose et du gris, la vie tout simplement.............

Des 5034 photos publiées en 158 billets  il serait difficile de n'en retenir que quelques unes mais cet aperçu vous donnera peut-être l'envie , en tout cas je l'espère, de retourner en arrière découvrir des billets passés comme un livre que l'on feuillèterait à l'envi.

pomme

apple bobbin

citrouille mo

citrouille un conte de noel nov 2014

automne courges

salle à manger

fanions

velo par hasard

mures

friands cerise amandes

bols

clafoutis

casserole

81525273_p

 muscaris 2012

fanions ombre

fanions aout 2012

rye aout 2012

fanions conte de printemps

104162720_o

assiette assiette 3

assiette 2 assiete 4

chuamière bleue juillet 2018

 fleurs juin 2013

panier juin 2013

septbe

septb

 septembre 2012

sept

photos noir et blanc avril 2014

seven sisters oct 2013

 mousehole harbor

neige mars 2013

chaise neige

chapeau provence juillet 2014

moi février 2013

scotland aout 2014

scotland a

 miroir chantal hello spring 21 mars 2014

 miroir hello spring mars 2014

xmas partu dec 2015

gypsophile janvier 2017

chandeleir janvier 2018

crocus mars 2018

craspedia ombre mai 2018

gypsohile ombre mari 2018

 lanhydrock

 

 Mon blog j'en ai fait plusieurs livres. Avec le site blookup, j'édite petit à petit un volume annuel. C'est assez onéreux mais le virtuel d'une page internet ne me suffit pas, j'ai besoin de concret et de tangible, du livre papier posé sur un rayonnage de ma bibliothèque, un livre souvenir à transmettre.

20200509_090857

 

*********************************

Et si nous fêtions tout ceci ?

Pour vous remercier d'être là, fidèles à ce rendez-vous que  je vous donne de temps à autre, je propose de faire un tirage au sort parmi les commentaires que vous déposerez sous ce billet ( si vous êtes abonnés à ce blog bien entendu ) pour  faire gagner à cinq d'entre vous des tirages de certaines de mes photos. Des photos à envoyer comme une carte, à mettre au mur, à glisser dans un livre, un petit quelque chose de Marie et les agapanthes. Et si la reprise des cours " en vrai " ( un nouveau défi à relever  ) me laisse un peu de temps, il n'y aura pas que ça dans ce que vous recevrez.... surprise ...

                                       MERCI de m'avoir lue jusqu'au bout, je vous donne rendez-vous en juin .

                                            En attendant  PORTEZ- VOUS  BIEN !

                                                                             M A R I E *

 

Posté par marie agapanthe à 21:46 - Commentaires [67] - Permalien [#]